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 - 11 décembre 2018 - Saint Damase
Date : lundi 29 janvier 2018
La m餩tation

 

Les méditations

Témoin de la Miséricorde

Evangile selon St Marc, chapitre 5, 1-20

En ce temps-là, Jésus et ses disciples arrivèrent sur l’autre rive, de l’autre côté de la mer de Galilée, dans le pays des Géraséniens. Comme Jésus sortait de la barque, aussitôt un homme possédé d’un esprit impur s’avança depuis les tombes à sa rencontre ; il habitait dans les tombeaux et personne ne pouvait plus l’attacher, même avec une chaîne ; en effet on l’avait souvent attaché avec des fers aux pieds et des chaînes, mais il avait rompu les chaînes, brisé les fers, et personne ne pouvait le maîtriser. Sans arrêt, nuit et jour, il était parmi les tombeaux et sur les collines, à crier, et à se blesser avec des pierres. Voyant Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui et cria d’une voix forte : « Que me veux-tu, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut ? Je t’adjure par Dieu, ne me tourmente pas ! » Jésus lui disait en effet : « Esprit impur, sors de cet homme ! » Et il lui demandait : « Quel est ton nom ? » L’homme lui dit : « Mon nom est Légion, car nous sommes beaucoup. » Et ils suppliaient Jésus avec insistance de ne pas les chasser en dehors du pays. Or, il y avait là, du côté de la colline, un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Alors, les esprits impurs supplièrent Jésus : « Envoie-nous vers ces porcs, et nous entrerons en eux. » Il le leur permit. Ils sortirent alors de l’homme et entrèrent dans les porcs. Du haut de la falaise, le troupeau se précipita dans la mer : il y avait environ deux mille porcs, et ils se noyaient dans la mer. Ceux qui les gardaient prirent la fuite, ils annoncèrent la nouvelle dans la ville et dans la campagne, et les gens vinrent voir ce qui s’était passé. Ils arrivent auprès de Jésus, ils voient le possédé assis, habillé, et revenu à la raison, lui qui avait eu la légion de démons, et ils furent saisis de crainte. Ceux qui avaient vu tout cela leur racontèrent l’histoire du possédé et ce qui était arrivé aux porcs. Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire. Comme Jésus remontait dans la barque, le possédé le suppliait de pouvoir être avec lui. Il n’y consentit pas, mais il lui dit : « Rentre à la maison, auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. » Alors l’homme s’en alla, il se mit à proclamer dans la région de la Décapole ce que Jésus avait fait pour lui, et tout le monde était dans l’admiration.

Prière d'introduction
Notre Père, ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.

Demande
Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.

Points de réflexion

1. Histoire, métaphore, science, imagination – futilités face à la puissance divine.
Dans ces versets de l’Évangile de saint Marc, – passage de Jésus dans le pays des Géraséniens –, nous sommes face à une histoire hors norme : un homme possédé par « une légion de démons ». Considérant le sens littéral de l’événement historique qui est l’exorcisme réalisé par le Sauveur sur cet homme, la métaphore linguistique de « légion », pour sa part, nous fournit une idée suffisamment claire du chiffre et de la qualité de démons à chasser : une légion de l’armée de l’Empire romain comptait entre trois et six mille soldats, les plus durement entraînés. En outre, pour les juifs de l’époque, l’évocation du nom « légion » rappelait un fait très gênant : l’occupation militaire de la Terre Sainte par les païens romains, « le mal » par connotation. Cela dit, il faut préciser que saint Marc n’est pas le seul à employer ce terme comme métaphore : il n’écrit que l’histoire. C’est en fait la réponse des démons à la question, « Quel est ton nom ? »
Notre esprit rationaliste contemporain peut être tenté de dépersonnaliser et de déspiritualiser de tels « exorcismes » où Jésus chasse des infirmités telles que la fièvre (cf. Lc 4,39) ; enlève certaines formes de mutisme, de surdité, et des infirmités variées (cf. Lc 11,14 ; Mc 9,25 ; Mc 1,34) ; effectue une sorte de kinésithérapie sur des corps courbés (cf. Lc 13,12), etc. En effet, il nous est possible d’imaginer que la médecine moderne aurait des moyens pour « guérir » de telles conditions de santé physiologique et psychique, parce que devenue « scientifique » : on n’a plus besoin d’y invoquer « Dieu ». En revanche, à partir des tendances néo-superstitieuses de notre époque, nous pouvons imaginer que le toucher de Jésus sur la peau, les yeux, les oreilles exerce un magnétisme mystique sur les corps des gens, ou que sa personnalité imposante transforme la personnalité des gens comme l’hypnotisme du gourou qui manipule le désespoir des personnes en leur promettant un bonheur illusoire. Néanmoins, de tels « raisonnements » et de telles « imaginations » ne savent pas saisir l’essence de l’expérience en question aujourd’hui : « D’une parole, il expulsa les esprits et, tous ceux qui étaient atteints d’un mal, il les guérit. » (Mt 8,16)

2. La science des natures
Les deux mille porcs n’avaient jamais eu peur de l’homme possédé comme les hommes qui voulaient l’attacher avec des fers aux pieds et des chaînes ; néanmoins, soudain, dès que l’homme est guéri, ce troupeau se précipite dans la mer. L’homme n’est pas guéri par Jésus, ni parce que Jésus a réussi à l’« attacher », le « délier », le « toucher », le « soumettre à un dialogue psychiatrique ». En fait, quand Jésus commande « Esprit impur, sors de cet homme ! » il n’interpelle point l’homme possédé comme si c’était sa personne elle-même la source du mal : sa Personne divine conjure une multitude d’autres personnes hostiles à Lui et à leur « hôte » forcé, ladite « Légion ». Si nous sommes tentés de faire des conjectures que Jésus fût ignorant, – d’être face, non pas à un seul esprit impur, mais une armée entière de démons –, il suffit de nous rappeler ce que Jésus lui-même avait déjà enseigné : « Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir. Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir. Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé, il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui. » (Mc 3,24-26) En parlant ainsi, malgré le « pandémonium » qui sera révélé comme le fruit de cette confrontation, Jésus démontre la conscience de son Ennemi et de leur « unité », grâce au danger singulier que sa Personne divine représente pour lui. La science de Jésus n’a pas peur, ni de l’homme que personne ne peut plus attacher, ni de la légion de démons qui sera capable de mettre à mort deux mille porcs en l’espace de quelques secondes, parce qu’il est le Messie, le Sauveur, le « Christ-Roi » : « Et quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander les conditions de paix. » (Lc 14,31-32) Satan et ses cohortes sont désormais en échec devant lui. Ils ont été créés pour être des anges du Bien, leur péché originel et éternel fut le plus mauvais des calculs, le choix le moins scientifique de l’univers, la bêtise qui les ont faits, – malgré leur nature angélique –, plus bêtes que les porcs qui vont se perdre à cause d’eux dans la mer, symbole de « la mort ».

3. « Rentre à la maison, auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. »
Est-ce que cet homme, malgré le fait d’être définitivement libéré de cette légion de démons, reste donc trop « blessé » dans l’équilibre de sa psychologie pour pouvoir devenir un « disciple modèle » chez le Christ, ou envoyé ailleurs en mission par lui ? Ce genre de passé n’a pas empêché sainte Marie de Magdala, par exemple, « de laquelle étaient sortis sept démons » (Lc 8,2) de l’accompagner ou de devenir une « apôtre » envoyée pour évangéliser les Apôtres eux-mêmes (cf. Jn 20,17). Mais quelle fut la « prière » des Géraséniens envers Jésus, fruit de son acte de miséricorde ? « Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire. » Alors cet homme, – toujours dépossédé de la miséricorde de ses confrères où un troupeau de porcs valait plus que lui –, est désormais configuré au Christ, devenu souvenir vivant parmi eux de Jésus-Miséricorde : « Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu. » (2 Cor 5, 21) Voilà l’homme appelé à être témoin mystique de la grâce salvatrice destinée à son peuple entier ! Possédé uniquement un certain temps pour expier la légion de péchés de son peuple, y compris le péché d’avoir « exorcisé » Jésus de leur pays ! Jésus secoue la poussière de ses sandales, néanmoins il leur laisse ce témoin de sa Miséricorde.

Dialogue avec le Christ
Quand je suis angoissé par la pensée de mes propre péchés, – devenu étranger à moi-même –, ou bien, quand je suis exaspéré par les péchés des autres qui tombent sur moi, ô Christ-Crucifié prie en moi : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font ! » (Lc 23,34)

Résolution
Faire un acte de miséricorde corporel ou spirituel dans un esprit d’abandon. Le pape François nous rappelle : « Les œuvres de miséricorde corporelles : donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts. Et n’oublions pas les œuvres de miséricorde spirituelles : conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et pour les morts. » (MV 15)



Cette méditation a été écrite par Père Shane Lambert, LC

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