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 - 15 août 2018 - Assomption de la très Sainte Vierge
Date : mercredi 17 janvier 2018
La m餩tation

 

Les méditations

Jésus, la main atrophiée et le cœur endurci

Evangile selon St Marc, chapitre 3, 1-6

En ce temps-là, Jésus entra dans une synagogue ; il y avait là un homme dont la main était atrophiée. On observait Jésus pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat. C’était afin de pouvoir l’accuser. Il dit à l’homme qui avait la main atrophiée : « Lève-toi, viens au milieu. » Et s’adressant aux autres : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? » Mais eux se taisaient. Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leurs cœurs, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il l’étendit, et sa main redevint normale. Une fois sortis, les pharisiens se réunirent en conseil avec les partisans d’Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr.

Prière d'introduction
Esprit Saint, viens en moi, brise ce qui m’empêche de vivre en plénitude, lave ce qui est souillé, remplis-moi de ton amour.

Demande
Convertis mon cœur, Seigneur !

Points de réflexion

1. Ce miracle de Jésus est centré non sur l’homme qui bénéficie de la guérison tant attendue, mais sur le regard, noir, observateur, d’une partie du public. Saint Marc nous indique ainsi que ceci est encore plus frappant que le miracle ! Cette tension est présente tout au long de son Évangile. Par ses miracles, le Seigneur nous montre ce qu’il désire pour nous : notre bien dans notre corps et dans notre âme. Il est venu non pour les bien-portants mais pour les malades (Cf. Mc 2,17), pour servir plus que pour être servi (Cf. Mc 10,45). Pour Dieu « faire le bien » et « sauver une vie » vont ensemble. Voici ce pour quoi il est venu : pour sauver une vie : la mienne, c’est-à-dire celle de chacun de nous. Il veut tellement que je vive en plénitude qu’il est prêt à donner sa vie, à mourir pour que je vive.
Et au contraire, le maître du sabbat (Cf. Mt 12,8) y oppose « faire le mal » qui revient à « tuer ». C’est bien ce que cherchent à faire les pharisiens. À tel point que peu leur importe le bien que fait Jésus. Ils guettent chacun de ses gestes, qui sont tous bons, pour servir pour leur mauvaise intention : le faire périr. Le regard qu’ils portent sur le Seigneur depuis le début est lourd, lourd de reproches, lourd de frustrations, de rancœur, de haine et de jalousie. Ce sont les fruits du mauvais esprit (Cf. Ga 5,19-21), du péché, qu’ils ont laissé envahir leur intérieur. C’est un regard qui observe pour faire tomber, parce qu’il a déjà jugé et condamné.

2. Nous contemplons Jésus face au mal.
En ce sens, nous nous rapprochons de la contemplation de Jésus crucifié, sous l’emprise du mal. Et qu’entendons-nous qui sort de sa bouche ? « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Lc 23,34) Jésus est loin d’être naïf et de croire à une innocence universelle. Qui mieux que lui connaît le cœur de l’homme ? (Cf. Jn 2,25) C’est justement pour cela. Il sait bien que ces hommes ne se rendent pas compte du mal qu’ils sont en train de commettre, à quel point c’est horrible et inhumain, à quel point ils se font du mal à eux-mêmes. Ils sont inconscients ! Ils sont esclaves de leur méchanceté, esclaves d’eux-mêmes. C’est le péché. Ainsi autant au calvaire qu’ici, dans la synagogue, nous voyons le regard de Dieu sur le mal, sa souffrance face à des cœurs durs. Face au mal, il ne peut rester indifférent. Il le rejette totalement, il est impossible qu’il accepte une molle passivité, d’où sa colère. Face à nous, plâtrés dans notre endurcissement, il est navré. Plus que la colère, c’est la tristesse qui alourdit son cœur parce que la personne qu’il aime et à qui il se donne rejette son amour. Nous pouvons imaginer combien le Christ a envie d’aider l’homme à la main atrophiée. Combien plus il désire aider les pharisiens à vivre, au lieu d’être comme des morts-vivants au cœur atrophié, lui qui est venu pour nous donner la vie en abondance (Cf. Jn 10,10 et Ez 16).

3. Pour terminer, voici un texte de Maurice Zundel (1897-1975), extrait de Silence, Parole de vie, p. 61 : « Le péché n’est pas d’abord telle ou telle action contraire à une loi, mais c’est essentiellement ce refus de nous-mêmes, cette possession de nous-mêmes par nous-mêmes. C’est se tourner vers soi. Le mal essentiel, c’est justement de s’être détourné de Dieu et de s’être tourné vers soi. C’est pourquoi la conversion consiste d’abord à se tourner vers Dieu en se détournant de soi. Il importe essentiellement de revenir constamment à ce fondement, d’atteindre en nous cette racine du mal qui est d’être tourné vers nous. Il importe aussi de voir toujours dans la vertu, essentiellement cet attachement à Dieu qui nous délivre de nous-mêmes et qui fait de nous un espace transparent où il puisse répandre sa lumière.
C’est pourquoi l’essence de notre contrition doit porter avant tout sur ce fait : Dieu a été absent de notre vie. Il est parfois difficile de regretter un acte particulier dans lequel on a pu trouver une jouissance. Il vaut mieux, justement, ne pas regarder cet acte particulier, mais uniquement ce fait que l’on n’a pas aimé Dieu : ‘’Je pleure, disait un grand disciple de saint François d’Assise, Jacopone da Todi, je pleure parce que l’Amour n’est pas aimé’’.
C’est pourquoi, lorsque nous nous apercevons d’une infidélité quelconque, il faut qu’après en avoir pris conscience, nous nous jetions immédiatement aux pieds du Christ, comme Marie-Madeleine, que nous nous cachions dans sa lumière, que nous nous perdions dans son regard. Et ainsi nous pourrions toujours recouvrer l’état de grâce, même si nous l’avions perdu.
 »

Dialogue avec le Christ
Seigneur, guéris-moi non de ma main atrophiée, mais de mon cœur endurci et de mon regard accusateur. Donne-moi un cœur nouveau, mets en moi un esprit nouveau. Ôte de ma chair le cœur de pierre, donne-moi un cœur de chair comme le tien. (Cf. Ez 36, 26) Et que j’apprenne à me laisser aimer par toi. « Guéris-moi, Seigneur, et je serai guéri, sauve-moi, et je serai sauvé, car tu es ma louange. » (Jr 17, 14)

Résolution
Je rejette les idoles qui t’ont remplacé dans ma vie, Seigneur. Je veux que tu sois mon seul Dieu, le seul Seigneur de ma vie et de tout ce qui m’appartient, et je me donne à toi. En signe de ma conversion d’aujourd’hui, je choisis de chercher et de faire non ce que je veux mais ce que tu veux.



Cette méditation a été écrite par Anne-Marie Terrenoir, consacrée de Regnum Christi

Dans ce chapitre d'Evangile nous vous proposons de lire



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