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 - 4 avril 2020 - Saint Isidore
Date : dimanche 28 mars 2010
La m餩tation

 

Les méditations

Dimanche des Rameaux

Saint Luc 22, 14 – 23,56

Quand l’heure du repas pascal fut venue, Jésus se mit à table, et les apôtres avec lui. Il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! Car je vous le déclare : jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle soit pleinement réalisée dans le royaume de Dieu ». Il prit alors une coupe, il rendit grâce et dit : « Prenez et partagez entre vous. Car je vous le déclare : jamais plus désormais je ne boirai du fruit de la vigne jusqu’à ce que vienne le règne de Dieu ». Puis il prit du pain ; après avoir rendu grâce, il le rompit et le leur donna en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi ». Et pour la coupe, il fit de même à la fin du repas, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, répandu pour vous. Cependant la main de celui qui me livre est là, à côté de moi, sur la table. En effet, le Fils de l’homme s’en va selon ce qui a été fixé. Mais malheureux l’homme qui le livre ! » Les apôtres commencèrent à se demander les uns aux autres lequel d’entre eux allait faire cela.
Ils en arrivèrent à se quereller : lequel d’entre eux à leur avis, était le plus grand ? Mais il leur dit : « Les rois des nations païennes leur commandent en maîtres, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs. Pour vous, rien de tel ! Au contraire, le plus grand d’entre vous doit prendre la place du plus jeune, et celui qui commande, la place de celui qui sert. Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. Vous, vous avez tenu bon avec moi dans mes épreuves. Et moi, je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi. Ainsi vous mangerez et boirez à ma table dans mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël Simon, Simon, Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le froment. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne sombre pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. Pierre lui dit : Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller en prison et à la mort. Jésus reprit : Je te le déclare, Pierre ; le coq ne chantera pas aujourd’hui avant que, par trois fois, tu aies affirmé que tu ne me connais pas ».
Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans argent, ni sac, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? »Ils lui répondirent : « Mais non ». Jésus leur dit : « Eh bien, maintenant, celui qui a de l’argent, qu’il en prenne, de même celui qui a un sac ; et celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une. Car je vous le déclare : Il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture : “ Il a été compté avec les pécheurs ”. De fait, ce qui me concerne va se réaliser ». Ils lui dirent : « Seigneur, voici deux épées ». Il leur répondit : « Cela suffit ». Jésus sortit pour se rendre, comme d’habitude, au mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent. Arrivé là, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation ». Puis il s’écarta à la distance d’un jet de pierre environ. Se mettant à genoux, il priait : « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne ». Alors du ciel lui apparut un ange qui le réconfortait. Dans l’angoisse, Jésus priait avec plus d’insistance ; et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient jusqu’à terre. Après cette prière, Jésus se leva et rejoignit ses disciples qu’il trouva endormis à force de tristesse. Il leur dit : « Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation ».
Il parlait encore quand parut une foule de gens. Le nommé Judas, l’un des Douze, marchait à leur tête. Il s’approcha de Jésus pour l’embrasser. Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? » Voyant ce qui allait se passer, ceux qui entouraient Jésus lui dirent : « Seigneur, faut-il frapper avec l’épée ? »
L’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille droite. Jésus répondit : « Laissez donc faire ! » Et, touchant l’oreille de l’homme, il le guérit. Jésus dit alors à ceux qui étaient venus l’arrêter, chefs des prêtres, officiers de la garde du Temple et anciens : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, j’étais avec vous dans le Temple, et vous ne m’avez pas arrêté. Mais c’est maintenant votre heure, c’est la domination des ténèbres ».
Ils se saisirent de Jésus pour l’emmener et ils le firent entrer dans la maison du grand prêtre. Pierre suivait de loin. Ils avaient allumé un feu au milieu de la cour et ils s’étaient tous assis là. Pierre était parmi eux. Une servante le vit assis près du feu ; elle le dévisagea et dit : « Celui-là aussi était avec lui ». Mais il nia : « Femme, je ne te connais pas ». Peu après, un autre dit en le voyant : « Toi aussi, tu en fais partie ». Pierre répondit : « Non, je n’en suis pas ». Environ une heure plus tard, un autre insistait : « C’est sûr ; celui-là était avec lui, et d’ailleurs il est Galiléen ». Pierre répondit : « Je ne vois pas ce que tu veux dire ». Et à l’instant même, comme il parlait encore, un coq chant. Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre ; et Pierre se rappela la parole que le Seigneur lui avait dite : “ Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. ” Il sortit et pleura amèrement.
Les hommes qui gardaient Jésus se moquaient de lui et le maltraitaient. Ils lui avaient voilé le visage et ils l’interrogeaient : « Fais le prophète ! Qui est-ce qui t’a frappé ? » Et ils lançaient contre lui beaucoup d’autres insultes.
Lorsqu’il fit jour, les anciens du peuple, chefs des prêtres et scribes, se réunirent, et ils l’emmenèrent devant leur grand conseil. Ils lui dirent : « Si tu es le Messie, dis-le nous ». Il leur répondit : « Si je vous le dis, vous ne me croirez pas ; et si j’interroge, vous ne me répondrez pas. Mais désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite du Dieu puissant ». Tous lui dirent alors : « Tu es donc le Fils de Dieu ? » Il leur répondit : « C’est vous qui dites que je le suis ». Ils dirent alors : « Pourquoi nous faut-il encore un témoignage ? Nous-mêmes nous l’avons entendu de sa bouche ».
Ils se levèrent tous ensemble et l’emmenèrent chez Pilate. Ils se mirent alors à l’accuser : « Nous avons trouvé cet homme en train de semer le désordre dans notre nation : il empêche de payer l’impôt à l’empereur, et se dit le Roi Messie ». Pilate l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus répondit : « C’est toi qui le dis ». Pilate s’adressa aux chefs des prêtres et à la foule : « Je ne trouve chez cet homme aucun motif de condamnation ». Mais ils insistaient : « Il soulève le peuple en enseignant dans tout le pays des Juifs, à partir de la Galilée jusqu’ici ».
A ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen. Apprenant qu’il relevait de l’autorité d’Hérode, il le renvoya à ce dernier, qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là.
A la vue de Jésus, Hérode éprouva une grande joie : depuis longtemps il désirait le voir à cause de ce qu’il entendait dire de lui, et il espérait lui voir faire un miracle. Il lui posa beaucoup de questions, mais Jésus ne lui répondit rien. Les chefs des prêtres et les scribes étaient là et l’accusaient avec violence. Hérode, ainsi que ses gardes, le traita avec mépris et se moqua de lui : il le revêtit d’un manteau de couleur éclatante et le renvoya à Pilate. Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis, alors qu’auparavant ils étaient ennemis.
Alors Pilate convoqua les chefs des prêtres, les dirigeants et le peuple. Il leur dit : « Vous m’avez amené cet homme en l’accusant de mettre le désordre dans le peuple. Or, j’ai moi-même instruit l’affaire devant vous, et, parmi les faits dont vous l’accusez, je n’ai trouvé chez cet homme aucun motif de condamnation. D’ailleurs, Hérode non plus, puisqu’il nous l’a renvoyé. En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort. Je vais donc le faire châtier et le relâcher ». Ils se mirent à crier tous ensemble : Mort à cet homme ! Relâche-nous Barabbas. Ce dernier avait été emprisonné pour un meurtre et pour une émeute survenue dans la ville. Pilate, dans son désir de relâcher Jésus, leur adressa de nouveau la parole. Mais ils criaient : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pour la troisième fois, il leur dit : « Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort. Je vais donc le faire châtier, puis le relâcher ». Mais eux insistaient à grands cris, réclamant qu’il soit crucifié ; et leurs cris s’amplifiaient. Alors Pilate décida de satisfaire leur demande. Il relâcha le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre, celui qu’ils réclamaient, et il livra Jésus à leur bon plaisir.
Pendant qu’ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus. Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. Il se retourna et leur dit : « Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ! Voici venir des jours où l’on dira : “ Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas allaité ! ” Alors on dira aux montagnes : “ Tombez sur nous ”, et aux collines : “ Cachez-nous ”. Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? »

On emmenait encore avec Jésus deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter. Lorsqu’on fut arrivé au lieu-dit “ le Crâne ” ou Calvaire, on mit Jésus en croix, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche.
Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font ». Ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort. Le peuple restait là à regarder. Les chefs ricanaient en disant : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! » Les soldats aussi se moquaient de lui. S’approchant pour lui donner de la boisson vinaigrée, ils lui disaient : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Une inscription était placée au-dessus de sa tête : “ Celui-ci est le roi des Juifs ”.
L’un des malfaiteurs suspendus à la croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! » Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu n’as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal ». Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton règne ». Jésus lui répondit : « Amen, je te le déclare : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis ».
Il était déjà presque midi ; l’obscurité se fit dans tout le pays jusqu’à trois heures, car le soleil s’était caché. Le rideau du Temple se déchira par le milieu. Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit ». Et après avoir dit cela, il expira.
A la vue de ce qui s’était passé, le centurion rendait gloire à Dieu : « Sûrement, cet homme, c’était un juste ». Et tous les gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle, voyant ce qui était arrivé, s’en retournaient en se frappant la poitrine. Tous ses amis se tenaient à distance, ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée, et qui regardaient.
Alors, arriva un membre du conseil, nommé Joseph ; c’était un homme bon et juste. Il n’avait donné son accord ni à leur délibération, ni à leurs actes. Il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait le royaume de Dieu. Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un linceul et le mit dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne encore n’avait été déposé. C’était le vendredi, et déjà brillaient les lumières du sabbat.
Les femmes qui accompagnaient Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé. Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.

Prière d’introduction Père céleste, nous entrons dans la semaine la plus sainte de l’année ; augmente ta grâce en nous. Donne-nous la force de parcourir le chemin du Calvaire, le chemin du rachat, avec ton Fils bien-aimé. Donne-nous une vision surnaturelle afin de voir nos difficultés et nos épreuves comme des moyens de mieux conformer notre vie à celle de ton Fils.

Demande Seigneur Jésus, accorde-moi la grâce de mieux comprendre ta Passion.

Points de réflexion

1. La recherche du bonheur. Tout homme est passionnément épris de liberté, mais il y a une chose qu’il désire encore plus, et sans laquelle l’existence et même la liberté lui sont douloureuses : le bonheur. Un des plus grands paradoxes de la vie est que si l’homme cherche à être libre, il aspire en même temps à quelque chose qu’il peut adorer, quelque chose qui va solliciter sa volonté, tirer sur sa corde sensible, consommer toutes ses énergies, et commander ses affections. Il veut être libre de choisir entre différents types de bonheur, mais il ne veut pas être libéré du bonheur. Il est prêt même à se faire esclave du bonheur.

2. Deux manières. Il y a deux manières de répondre à ce désir ardent de l’âme et à cette soif du cœur : l’une est la voie du monde, l’autre est la voie du Christ. Avant que nous nous adonnions aux plaisirs du monde, ils nous paraissent désirables et semblent être la garantie du bonheur. Mais dès qu’on les détient, ils sont décevants et parfois même dégoûtants. Le contraire est vrai pour les joies offertes par le Christ. Avant de les avoir, elles nous paraissent dures, peu attrayantes, voire repoussantes. Mais une fois que nous les possédons, elles nous comblent et répondent à tout ce que notre cœur ne pourrait jamais désirer.

3. Jésus Christ est la réponse. Ce que le monde juge comme un succès est souvent, aux yeux de Dieu, échec et malheur. Ce que le monde juge comme un échec est en réalité la victoire. Rappelons-nous les paroles de saint Paul : ‘Car le langage de la croix est folie pour ceux qui vont vers leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu.’ (1Co - 1 : 18) Cette réalité se joue cette semaine pendant la Passion de Notre Seigneur. Jésus est le bonheur que nous recherchons et la réponse à tous nos désirs. Son chemin est le chemin de la croix, et donc, comme ses disciples, nous devons suivre ce même chemin. Jésus nous assure que les pauvres ne sont pas toujours des pauvres, le crucifié ne sera pas toujours sur une croix. Le Seigneur promet que les pauvres seront riches ; les humbles seront élevés, ceux qui sèment dans les larmes moissonneront dans la joie, ceux qui pleurent seront consolés, et ceux qui souffrent avec le Christ, régneront avec lui.

Dialogue avec le Christ Jésus, viens et sois le roi de mon cœur. Pendant cette semaine où nous célébrons ta Passion, je veux grandir dans mon amour et ma gratitude pour toi et tout ce que tu fais pour moi. Aide-moi par ta grâce à être un disciple fidèle et donne-moi la force de prendre ma croix chaque jour avec amour et générosité.

Résolution Je trouverai un moment pour rendre visite à Notre-Seigneur dans l’Eucharistie pour renouveler mon désir d’être totalement lui et pour prier que Jésus soit totalement à moi.



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Dans ce chapitre d'Evangile nous vous proposons de lire



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