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 - 19 novembre 2018 - Saint Tanguy
Date : lundi 22 janvier 2018
La m餩tation

 

Les méditations

Le dernier appel de la Miséricorde

Evangile selon St Marc, chapitre 3, 22-30

En ce temps-là, les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : « Ce Jésus est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Les appelant près de lui, Jésus leur dit en parabole : « Comment Satan peut-il expulser Satan ? Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir. Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir. Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé, il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui. Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, s’il ne l’a d’abord ligoté. Alors seulement il pillera sa maison. Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés. Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. » Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit : « Il est possédé par un esprit impur. »

Prière d'introduction
Viens, Esprit Saint, remplir le cœur de tes fidèles et allumer en eux le feu de ton amour !

Demande
La crainte de Dieu ! « La sagesse commence avec la crainte du Seigneur ; qui accomplit sa volonté en est éclairé. » (Ps 110, 10)

Points de réflexion

1. « Ce Jésus est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. »
Cette affirmation des scribes constitue un jugement moral et spirituel très grave sur la personne de Jésus de Nazareth. Un tel jugement n’est pas sans idéologie, sans l’idolâtrie qui voudra justifier la volonté qui veut émettre un tel jugement face à l’innocence du Fils de Dieu. Concrètement, les scribes veulent soumettre « l’esprit libre » de Jésus, – l’Esprit-Saint, selon notre foi chrétienne –, à leur propre domination. Il faut observer que, dans chaque jugement de ce genre, la « vérité » et le « bien » sont en jeu. L’enjeu pour les scribes est leur suprématie personnelle sur tout enseignement religieux et tout agir pastoral, dont la conduite du Christ ne provient ni de leur initiative, ni demande leur permission : il obéit au Père. Malgré son éducation, Jésus n’adopte pas les scribes comme son centre, critère ou modèle : il sait parfaitement communiquer son bien, spontanément, librement, sans être possédé par eux : il agit comme un « dieu » ! « Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ? Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur. » (Ps 8, 6) En outre, Jésus s’adresse à tout le monde : en se conduisant ainsi, il commence à conduire les autres par son exemple authentique, ceux qui sont habituellement l’auditoire de ces scribes.
Néanmoins, leur accusation envers Jésus n’est pas désintéressée. S’ils ont voulu émettre leur jugement, c’est aussi pour « corriger » le jugement des foules sur Jésus, pour qu’ils puissent « corriger » leur estimation des scribes eux-mêmes, désormais « mésestimés » par rapport à lui : c’est-à-dire qu’ils veulent être le centre, critère et modèle des foules, et que ce ne soit pas Jésus, ni, hélas, Celui qui l’a envoyé. Dès le premier chapitre de son Évangile, saint Marc identifie en quoi consiste le « scandale » du Christ aux autorités : « On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. » (Mc 1,22) Qui a « autorisé » Jésus à partager sa sagesse ? À faire preuve de sa puissance sur les esprits, humains et angéliques ?
Si ce que Jésus dit est la « vérité », si ce que Jésus accomplit est le « bien » – ces « autorités » seront donc obligées de lui concéder la raison, reconnaissant ainsi que la vérité et le bien qu’il communique ne provient pas d’eux comme son origine : mais de Satan non plus... Jésus, pour sa part, obéit à celui qu’il l’a envoyé (cf. Jn 5,26-32). Voilà ce qu’ils n’aiment pas, ce qu’ils ne veulent pas reconnaître, ne veulent pas admettre. En voulant posséder la « Vérité » et le « Bien » au lieu de les servir, ils ne sont pas, eux, des « penseurs libres » comme Jésus : ils sont esclaves de leur propre idéologie, furieusement jaloux de sa filiation divine, idolâtres de leurs intérêts égocentriques. Selon eux, Jésus n’est donc pas inspiré par le Saint-Esprit de Dieu, voici leur discours : « Ce Jésus est possédé par Béelzéboul ! » Il ne fait donc pas le bien, il fait le mal ! Il faut donc douter de son autorité ! La preuve qu’il fait du mal, c’est évident dans son fruit : il vous a séduits, il vous a convaincus ! S’il faut être convaincus par quelqu’un, soyez convaincus par notre autorité, scribes de notre religion devant Dieu ! Détournez-vous donc de cet homme, notre ennemi : « Ce Jésus, c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons ! »

2. « Comment Satan peut-il expulser Satan ? »
Cette question de Jésus, dans cette parabole, cible l’incohérence diabolique de l’argumentation morale des scribes. Le « Béélzéboul » dont ils parlent, ce Satan, est-ce qu’il fait du bien ou du mal ? Leur ton accusateur implique que Jésus soit coupable de ce mal démoniaque, à cause d’avoir supposément collaboré avec lui. La conséquence logique de ce raisonnement insinue que l’expulsion d’un démon soit un mal, ce que Jésus a fait. Cela veut dire que laisser quelqu’un dans un état de possession par Satan serait un meilleur bien ! L’accusation est donc menteuse ! Jésus veut chasser les démons et ils l’accusent d’avoir commis le mal, comme si c’était l’obéissance aux démons – tandis que leur interdiction de ses exorcismes veut faire valoir la domination des démons sur les hommes possédés ! Comment Jésus peut-il expulser Satan ? « Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir. » Jésus découvre que ces scribes sont alliés avec les démons, le mensonge qu’il veut expulser ! Veulent-ils être exposés dans leur indivisibilité avec le royaume des démons ou se trouver en communion avec le royaume du Christ ?! Son enseignement, sa correction fraternelle, appelle à la conversion : « Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir.  » Les scribes sont, en fait, ses confrères, tous comme lui du peuple juif, de la descendance d’Abraham selon la chair : resteront-ils irréconciliés avec Jésus à faveur des démons ? « Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, s’il ne l’a d’abord ligoté.  » Mais Jésus s’est déjà montré plus fort que les démons. Les scribes, voudront-ils vraiment être expulsés eux aussi par la force de son autorité qui sert la « Vérité » et le « Bien », étant leur substance incarnée ?

3. « Si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. » Les scribes ont critiqué Jésus sans parler avec lui, sans connaître l’origine de son autorité ; en revanche, « Les appelant près de lui, Jésus leur dit en parabole » : Jésus ne critique pas les autorités devant les foules, mais il les conduit à une analyse de leur doctrine et conduite, ce qui démontre leur erreur, ce qui constitue une correction fraternelle en vérité et charité. Mais qui aura l’humilité de servir la Vérité et le Bien avec lui, de confesser leurs péchés contre le Fils de l’homme pour entrer dans la Miséricorde, le pardon, la grâce ? Il n’y a qu’un seul péché qu’on ne peut pas pardonner...

Dialogue avec notre Père
Ô Dieu Notre Père, qui as voulu illuminer le cœur de tes fidèles par la lumière de l’Esprit Saint, donne-nous, par ce même Esprit, de comprendre et d’aimer ce qui est bien et de jouir toujours de ses consolations. Par le Christ, notre Seigneur.

Résolution
Examiner ma conscience pour ma prochaine confession sacramentelle : sais-je dire la vérité et faire le bien de ma propre initiative, « Que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » ? Ma correction fraternelle sait-elle « faire face » aux gens à corriger en charité, au lieu de les critiquer inutilement en leur absence ? « Ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal ».



Cette méditation a été écrite par Père Shane Lambert, LC

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