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Vert - Férie 21 octobre 2014 - Sainte Céline

 

Sacramentum Caritatis

Partie 1 : Eucharistie, Mystère à croire

PREMIÈRE PARTIE
EUCHARISTIE, MYSTÈRE À CROIRE

« L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez
en Celui qu’il a envoyé » (Jn 6,29)

La foi eucharistique de l’Église

6. « Il est grand le mystère de la foi ! ». Par cette expression, prononcée immédiatement après les paroles de la consécration, le prêtre proclame le mystère qui est célébré et il manifeste son émerveillement devant la conversion substantielle du pain et du vin en corps et sang du Seigneur Jésus, réalité qui dépasse toute compréhension humaine. L’Eucharistie est en effet « le mystère de la foi » par excellence : « Elle est le résumé et la somme de notre foi ». (13) La foi de l’Église est essentiellement une foi eucharistique et elle se nourrit de manière particulière à la table de l’Eucharistie. La foi et les sacrements sont deux aspects complémentaires de la vie ecclésiale. Suscitée par l’annonce de la Parole de Dieu, la foi est nourrie et elle grandit par la rencontre de grâce avec le Seigneur ressuscité qui se réalise dans les sacrements : « La foi s’exprime dans le rite et le rite renforce et fortifie la foi ». (14) C’est pourquoi le Sacrement de l’autel est toujours au centre de la vie ecclésiale : « Grâce à l’Eucharistie, l’Église renaît sans cesse de nouveau ! ». (15) Plus vive est la foi eucharistique dans le peuple de Dieu, plus profonde est sa participation à la vie ecclésiale par l’adhésion convaincue à la mission que le Christ a confiée à ses disciples. L’histoire de l’Église elle- même en est témoin. Toute grande réforme est liée, d’une certaine manière, à la redécouverte de la foi en la présence eucharistique du Seigneur au milieu de son peuple.

Sainte Trinité et Eucharistie

Le pain descendu du ciel

7. La première réalité de la foi eucharistique est le mystère même de Dieu, amour trinitaire. Dans le dialogue entre Jésus et Nicodème, nous trouvons une expression lumineuse à ce propos : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3,16-17). Ces paroles montrent la racine première du don de Dieu. Jésus, dans l’Eucharistie, donne non pas « quelque chose » mais se donne lui-même ; il offre son corps et il verse son sang. De cette manière, il donne la totalité de son existence, révélant la source originaire de cet amour. Il est le Fils éternel donné pour nous par le Père. Dans l’Évangile, nous écoutons encore Jésus qui, après avoir rassasié la foule par la multiplication des pains et des poissons, dit à ses interlocuteurs qui l’avaient suivi jusqu’à la synagogue de Capharnaüm : « C’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde » (Jn 6,32-33), et il en vient à s’identifier lui- même, sa chair et son sang, avec ce pain : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie » (Jn 6,51). Jésus se manifeste ainsi comme le pain de la vie, que le Père éternel donne aux hommes.
Don gratuit de la Sainte Trinité

8. Dans l’Eucharistie se révèle le dessein d’amour qui guide toute l’histoire du salut (cf. Ep 1,10 ; 3, 8-11). En elle, le Deus Trinitas, qui en lui-même est amour (cf. 1 Jn 4,7-8), s’engage pleinement avec notre condition humaine. Dans le pain et le vin, sous les apparences desquelles le Christ se donne à nous à l’occasion du repas pascal (cf. Lc 22,14-20 ; 1 Co 11, 23-26), c’est la vie divine tout entière qui nous rejoint et qui participe à nous sous la forme du Sacrement. Dieu est communion parfaite d’amour entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Déjà dans la création l’homme est appelé à partager d’une certaine manière le souffle vital de Dieu (cf. Gn 2, 7). Mais c’est dans le Christ mort et ressuscité et dans l’effusion de l’Esprit Saint, donné sans compter (cf. Jn 3,34), que nous sommes rendus participants de l’intimité divine. (16) Par conséquent, Jésus Christ, qui, « poussé par l’Esprit éternel, (...) s’est offert lui- même à Dieu comme une victime sans tache » (He 9,14), nous communique dans le don eucharistique la vie divine elle-même. Il s’agit d’un don absolument gratuit, qui répond seulement aux promesses de Dieu, accomplies au-delà de toute mesure. L’Église accueille, célèbre, adore ce don dans une fidèle obéissance. Le « mystère de la foi » est mystère d’amour trinitaire, auquel nous sommes appelés à participer par grâce. Nous devons par conséquent nous aussi nous exclamer avec saint Augustin : « Si tu vois l’amour, tu vois la Trinité ». (17)

Eucharistie : Jésus véritable Agneau immolé

La nouvelle et éternelle alliance dans le sang de l’Agneau

9. La mission pour laquelle Jésus est venu parmi nous s’accomplit dans le Mystère pascal. Du haut de la croix, d’où il attire à lui tous les hommes (cf. Jn 12,32), il dit, avant de « remettre son Esprit » : « Tout est accompli » (Jn 19,30). Dans le mystère de son obéissance jusqu’à la mort, et à la mort de la croix (cf. Ph 2,8), s’est accomplie la nouvelle et éternelle alliance. La liberté de Dieu et la liberté de l’homme se sont définitivement rencontrées dans sa chair crucifiée en un pacte indissoluble, valable pour toujours. Même le péché de l’homme a été expié une fois pour toutes par le Fils de Dieu (cf. He 7,27 ; 1 Jn 2,2 ; 4, 10). Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’affirmer, « dans sa mort sur la croix s’accomplit le retournement de Dieu contre lui-même, dans lequel il se donne pour relever l’homme et le sauver - tel est l’amour dans sa forme la plus radicale ». (18) Dans le Mystère pascal s’est véritablement réalisée notre libération du mal et de la mort. Au cours de l’institution de l’Eucharistie, Jésus lui-même avait parlé de la « nouvelle et éternelle alliance » scellée dans son sang versé (cf. Mt 26,28 ; Mc 14,24 ; Lc 22,20). Cette fin ultime de sa mission était déjà bien évidente au début de sa vie publique. En effet, lorsque, sur les rives du Jourdain, Jean le Baptiste voit Jésus venir à lui, il s’exclame : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn 1,29). Il est significatif que la même expression revienne, chaque fois que nous célébrons la Messe, dans l’invitation faite par le prêtre à s’approcher de l’autel : « Heureux les invités au repas du Seigneur ! Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Jésus est le véritable agneau pascal qui s’est spontanément offert lui-même en sacrifice pour nous, réalisant ainsi la nouvelle et éternelle alliance. L’Eucharistie contient en elle cette nouveauté radicale, qui se propose de nouveau à nous dans chaque célébration. (19)

L’institution de l’Eucharistie

10. De cette manière, nous sommes invités à réfléchir sur l’institution de l’Eucharistie au cours de la dernière Cène. Cela se produit dans le contexte d’un repas rituel qui constituait le mémorial de l’événement fondateur du peuple d’Israël : la libération de l’esclavage en Égypte. Ce repas rituel, lié à l’immolation des agneaux (cf. Ex 12, 1-28.43-51), était la mémoire du passé, mais en même temps cette mémoire était aussi prophétique, c’est-à-dire annonce d’une libération future. En effet, le peuple avait fait l’expérience du fait que cette libération n’avait pas été définitive, parce que son histoire était encore trop marquée par l’esclavage et par le péché. Le mémorial de l’antique libération s’ouvrait ainsi à la question et à l’attente d’une sagesse plus profonde, plus radicale, plus universelle et plus définitive. C’est dans ce contexte que Jésus introduit la nouveauté de son offrande. Dans la prière de louange, la Berakah, il ne remercie pas le Père uniquement pour les événements de l’histoire passée, mais aussi pour son « exaltation ». En instituant le sacrement de l’Eucharistie, Jésus anticipe et intègre le Sacrifice de la croix et la victoire de la résurrection. Dans le même temps, il se révèle comme le véritable agneau immolé, prévu dans le dessein du Père dès avant la création du monde, ainsi qu’il est écrit dans la première Lettre de Pierre (cf. 1, 18-20). En situant l’offrande de lui-même dans ce contexte, Jésus rend manifeste la signification salvifique de sa mort et de sa résurrection, mystère qui devient ainsi une réalité qui renouvelle l’histoire et le cosmos tout entier. L’institution de l’Eucharistie montre en effet que cette mort, en soi violente et absurde, est devenue en Jésus un acte suprême d’amour et pour l’humanité une libération définitive du mal.
Figura transit in veritatem
11. De cette façon, Jésus insère son novum radical au sein de l’antique repas sacrificiel juif. Pour nous chrétiens, il n’est plus nécessaire de répéter ce repas. Comme le disent justement les Pères, figura transit in veritatem : ce qui annonçait les réalités futures a désormais laissé place à la vérité elle-même. L’ancien rite s’est accompli et il est définitivement dépassé à travers l’offrande d’amour du Fils de Dieu incarné. La nourriture de la vérité, le Christ immolé pour nous, dat figuris terminum. (20) Par son commandement « Faites cela en mémoire de moi » (Lc 22,19 ; 1 Co 11, 25), il nous demande de correspondre à son offrande et de la représenter sacramentellement. Par ces paroles, le Seigneur exprime donc, pour ainsi dire, le désir que son Église, née de son sacrifice, accueille ce don, développant, sous la conduite de l’Esprit Saint, la forme liturgique du Sacrement. En effet, le mémorial de son offrande parfaite ne consiste pas dans la simple répétition de la dernière Cène, mais précisément dans l’Eucharistie, c’est-à-dire dans la nouveauté radicale du culte chrétien. Jésus nous a ainsi laissé la mission d’entrer dans son « heure ». « L’Eucharistie nous attire dans l’acte d’offrande de Jésus. Nous ne recevons pas seulement le Logos incarné de manière statique, mais nous sommes entraînés dans la dynamique de son offrande ». (21) Il « nous attire en lui ». (22) La conversion substantielle du pain et du vin en son corps et en son sang met dans la création le principe d’un changement radical, comme une sorte de « fission nucléaire », pour utiliser une image qui nous est bien connue, portée au plus intime de l’être, un changement destiné à susciter un processus de transformation de la réalité, dont le terme ultime sera la transfiguration du monde entier, jusqu’au moment où Dieu sera tout en tous (cf. 1 Co 15, 28).

L’Esprit Saint et l’Eucharistie

Jésus et l’Esprit Saint

12. Par sa parole et par le pain et le vin, le Seigneur lui-même nous a offert les éléments essentiels du culte nouveau. L’Église, son Épouse, est appelée à célébrer le banquet eucharistique jour après jour en mémoire de lui. Elle inscrit ainsi le sacrifice rédempteur de son Époux dans l’histoire des hommes et elle le rend présent sacramentellement dans toutes les cultures. Ce grand mystère est célébré dans les formes liturgiques que l’Église, sous la conduite de l’Esprit Saint, développe dans le temps et dans l’espace. (23) À ce propos, il est nécessaire de réveiller en nous la conscience du rôle décisif exercé par l’Esprit Saint dans le développement de la forme liturgique et dans l’approfondissement des mystères divins. Le Paraclet, premier don fait aux croyants, (24) agissant déjà dans la création (cf. Gn 1, 2), est pleinement présent dans toute l’existence du Verbe incarné : Jésus Christ, en effet, est conçu de la Vierge Marie par l’action de l’Esprit Saint (cf. Mt 1,18 ; Lc 1,35) ; au début de son ministère public, sur les rives du Jourdain, il le voit descendre sur lui sous la forme d’une colombe (cf. Mt 3,16 et par.) ; par ce même Esprit, il agit, il parle et il exulte (cf. Lc 10,21) ; et c’est en Lui qu’il peut s’offrir lui-même (cf. He 9,14). Dans ce qu’on appelle les « discours d’adieu », rapportés par Jean, Jésus met clairement en relation le don de sa vie dans le mystère pascal avec le don de l’Esprit aux siens (cf. Jn 16,7). Une fois ressuscité, portant dans sa chair les signes de sa passion, il peut répandre l’Esprit (cf. Jn 20,22), rendant les siens participants de sa mission elle- même (cf. Jn 20,21). Ce sera alors l’Esprit qui enseignera toutes choses aux disciples et qui leur rappellera tout ce que le Christ a dit (cf. Jn 14,26), parce qu’il lui revient, en tant qu’Esprit de vérité (cf. Jn 15,26), d’introduire les disciples dans la vérité tout entière (cf. Jn 16,13). Dans le récit des Actes, l’Esprit descend sur les Apôtres réunis en prière avec Marie, au jour de la Pentecôte (cf. 2, 1-4), et il les remplit de force en vue de leur mission d’annoncer la Bonne Nouvelle à tous les peuples. C’est donc en vertu de l’action de l’Esprit que le Christ lui-même demeure présent et agissant dans son Église, à partir du centre vital qu’est l’Eucharistie.

Esprit Saint et célébration eucharistique

13. Sur cet arrière-fond, on comprend le rôle décisif de l’Esprit Saint dans la célébration eucharistique et en particulier en référence à la transsubstantiation. Les Pères de l’Église en ont une très forte conscience. Dans ses Catéchèses, saint Cyrille de Jérusalem rappelle que nous « invoquons Dieu miséricordieux pour qu’il envoie son Esprit Saint sur les oblats qui sont exposés, afin qu’Il transforme le pain en corps du Christ et le vin en sang du Christ. Ce que l’Esprit Saint touche est sanctifié et transformé totalement ». (25) Saint Jean Chrysostome souligne aussi que le prêtre invoque l’Esprit Saint quand il célèbre le Sacrifice : (26) comme Élie, le ministre - dit-il - attire l’Esprit Saint afin que, « la grâce descendant sur la victime, les âmes de tous s’enflamment par elle ». (27) Une conscience plus claire de la richesse de l’anaphore est d’autant plus nécessaire pour la vie spirituelle des fidèles : avec les paroles prononcées par le Christ lors de la dernière Cène, elle contient l’épiclèse, en tant qu’invocation au Père pour qu’il fasse descendre le don de l’Esprit afin que le pain et le vin deviennent le corps et le sang de Jésus Christ et que « la communauté tout entière devienne toujours davantage Corps du Christ ». (28) L’Esprit, invoqué par le célébrant sur les offrandes du pain et du vin posés sur l’autel, est le même qui réunit les fidèles « en un seul corps », faisant d’eux une offrande spirituelle agréable au Père. (29)

Eucharistie et Église

Eucharistie, principe causal de l’Église
14. À travers le Sacrement de l’Eucharistie, Jésus fait entrer les fidèles dans son « heure » ; il nous montre ainsi le lien qu’il a voulu entre lui et nous, entre sa personne et l’Église. En effet, le Christ lui-même, dans le Sacrifice de la croix, a engendré l’Église comme son épouse et son corps. Les Pères de l’Église ont médité longuement sur la relation entre l’origine d’Ève, issue du côté d’Adam endormi (cf. Gn 2, 21-23), et celle de la nouvelle Ève, l’Église, née du côté du Christ, immergé dans le sommeil de la mort : de son côté transpercé, raconte Jean, il sortit du sang et de l’eau (cf. Jn 19,34), symbole des sacrements. (30) Un regard contemplatif vers « celui qu’ils ont transpercé » (Jn 19,37) nous conduit à considérer le lien causal qui existe entre le sacrifice du Christ, l’Eucharistie et l’Église. L’Église, en effet, « vit de l’Eucharistie ». (31) Puisqu’en elle se rend présent le sacrifice rédempteur du Christ, on doit avant tout reconnaître qu’« aux origines mêmes de l’Église, il y a une influence causale de l’Eucharistie ». (32) L’Eucharistie est le Christ qui se donne à nous, en nous édifiant continuellement comme son corps. Par conséquent, dans la relation circulaire suggestive entre l’Eucharistie qui édifie l’Église et l’Église elle-même qui fait l’Eucharistie, (33) la causalité première est celle qui est exprimée dans la première formule : l’Église peut célébrer et adorer le mystère du Christ présent dans l’Eucharistie justement parce que le Christ lui-même s’est donné en premier à elle dans le Sacrifice de la croix. La possibilité, pour l’Église, de « faire » l’Eucharistie est complètement enracinée dans l’offrande que le Christ lui a faite de lui-même. Nous découvrons ici aussi un aspect convaincant de la formule de saint Jean : « Il nous a aimés le premier » (1 Jn 4,19). Ainsi, dans chaque célébration, nous confessons nous aussi le primat du don du Christ. L’influence causale de l’Eucharistie à l’origine de l’Église révèle en définitive l’antériorité non seulement chronologique mais également ontologique du fait qu’il nous a aimés « le premier ». Il est pour l’éternité celui qui nous aime le premier.

Eucharistie et communion ecclésiale

15. L’Eucharistie est donc constitutive de l’être et de l’agir de l’Église. C’est pourquoi l’Antiquité chrétienne désignait par la même expression, Corpus Christi, le corps né de la Vierge Marie, le Corps eucharistique et le Corps ecclésial du Christ. (34) Cette donnée bien présente dans la tradition nous aide à faire grandir en nous la conscience du caractère inséparable du Christ et de l’Église. Le Seigneur Jésus, en s’offrant lui-même pour nous en sacrifice, a annoncé à l’avance dans ce don, de manière efficace, le mystère de l’Église. Il est significatif que la deuxième prière eucharistique, en invoquant le Paraclet, formule en ces termes la prière pour l’unité de l’Église : « Qu’en ayant part au corps et au sang du Christ, nous soyons rassemblés par l’Esprit Saint en un seul corps ». Ce passage fait bien comprendre comment la res du Sacrement de l’Eucharistie est l’unité des fidèles dans la communion ecclésiale. L’Eucharistie se montre ainsi à la racine de l’Église comme mystère de communion. (35)
Le Serviteur de Dieu Jean-Paul II, dans son Encyclique Ecclesia de Eucharistia, avait déjà attiré l’attention sur la relation entre Eucharistie et communio. Il a parlé du mémorial du Christ comme de « la plus haute manifestation sacramentelle de la communion dans l’Église ». (36) L’unité de la communion ecclésiale se révèle concrètement dans les communautés chrétiennes et elle se renouvelle dans l’action eucharistique qui les unit et qui les différencie en Églises particulières, « in quibus et ex quibus una et unica Ecclesia catholica exsistit ». (37) C’est justement la réalité de l’unique Eucharistie célébrée dans chaque diocèse autour de l’Évêque qui nous fait comprendre comment les Églises particulières elles- mêmes subsistent in et ex Ecclesia. En effet, « l’unicité et l’indivisibilité du Corps eucharistique du Seigneur impliquent l’unicité de son Corps mystique, qui est l’Église une et indivisible. C’est à partir de son centre eucharistique que se réalise l’ouverture nécessaire de toute communauté qui célèbre, de toute Église particulière : en se laissant attirer par les bras ouverts du Seigneur, on s’insère dans son Corps, unique et sans division ». (38) C’est pourquoi, dans la célébration de l’Eucharistie, tout fidèle se trouve dans son Église, c’est-à-dire dans l’Église du Christ. Dans cette perspective eucharistique, comprise de manière appropriée, la communion ecclésiale se révèle être, par nature, une réalité catholique. (39) Souligner cette racine eucharistique de la communion ecclésiale peut aussi contribuer efficacement au dialogue œcuménique avec les Églises et avec les Communautés ecclésiales qui ne sont pas en pleine communion avec le Siège de Pierre. En effet, l’Eucharistie établit de manière objective un lien d’unité fort entre l’Église catholique et les Églises orthodoxes, qui ont conservé la nature authentique et entière du mystère de l’Eucharistie. Dans le même temps, le relief donné au caractère ecclésial de l’Eucharistie peut aussi devenir un élément privilégié du dialogue avec les Communautés issues de la Réforme. (40)

Eucharistie et sacrements

Sacramentalité de l’Église
16. Le Concile Vatican II a rappelé que, « quant aux autres sacrements et à tous les ministères ecclésiaux et aux œuvres d’apostolat, ils sont étroitement liés à l’Eucharistie et ordonnés à elle. La très sainte Eucharistie contient en effet l’ensemble des biens spirituels de l’Église, à savoir le Christ lui-même, notre Pâque, le pain vivant, qui par sa Chair, vivifiée et vivifiante par l’Esprit Saint, procure la vie aux hommes, et les invite et les conduit à s’offrir eux-mêmes, à offrir leurs travaux et toutes les choses créées, en union avec lui ». (41) Cette relation intime de l’Eucharistie avec les autres sacrements et avec l’existence chrétienne est comprise à sa racine quand on contemple le mystère de l’Église elle-même comme sacrement. (42) À ce sujet, le Concile Vatican II a affirmé que « l’Église est, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire, le signe et l’instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain ». (43) Comme dit saint Cyprien, en tant que « peuple qui tire son unité de l’unité du Père et du Fils et de l’Esprit Saint », (44) elle est sacrement de la communion trinitaire.
Le fait que l’Église soit « sacrement universel du salut » (45) montre comment l’économie sacramentelle détermine en définitive la manière par laquelle le Christ, unique Sauveur, rejoint par l’Esprit notre existence dans ses spécificités propres. L’Église se reçoit et en même temps s’exprime dans les sept sacrements par lesquels la grâce de Dieu influence concrètement l’existence des fidèles, afin que toute leur vie, rachetée par le Christ, devienne un culte rendu à Dieu. Dans cette perspective, je désire ici souligner quelques éléments, mis en évidence par les Pères synodaux, qui peuvent aider à saisir la relation de tous les sacrements avec le Mystère eucharistique.

I. Eucharistie et initiation chrétienne

Eucharistie, plénitude de l’initiation chrétienne
17. Si l’Eucharistie est véritablement source et sommet de la vie et de la mission de l’Église, il s’ensuit avant tout que le chemin de l’initiation chrétienne a pour point de référence la possibilité d’accéder à ce sacrement. À ce sujet, comme l’ont dit les Pères synodaux, nous devons nous demander si, dans nos communautés chrétiennes, le lien étroit entre le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie est suffisamment perçu. (46) Il ne faut jamais oublier, en effet, que nous sommes baptisés et confirmés en vue de l’Eucharistie. Une telle donnée implique un engagement dans le but de favoriser, dans la pratique pastorale, une compréhension plus unifiée du parcours de l’initiation chrétienne. Le sacrement du Baptême, par lequel nous avons été conformés au Christ, (47) incorporés à l’Église et établis fils de Dieu, constitue la porte d’entrée à tous les sacrements. Par lui, nous sommes insérés dans l’unique Corps du Christ (cf. 1 Co 12, 13), peuple sacerdotal. Cependant, c’est la participation au Sacrifice eucharistique qui perfectionne en nous ce qui est donné dans le Baptême. Les dons de l’Esprit sont aussi donnés pour l’édification du Corps du Christ (1 Co 12) et pour un plus grand témoignage évangélique dans le monde. (48) Par conséquent, la sainte Eucharistie porte l’initiation chrétienne à sa plénitude et elle se situe comme le centre et la fin de toute la vie sacramentelle. (49)

L’ordre des sacrements de l’initiation

18. À cet égard, il est nécessaire de porter attention à la question de l’ordre des sacrements de l’initiation. Dans l’Église, il existe des traditions différentes. Une telle diversité se manifeste avec évidence dans les traditions ecclésiales de l’Orient, (50) et dans la pratique occidentale elle- même en ce qui concerne l’initiation des adultes, (51) par rapport à celle des enfants. (52) Néanmoins, de telles différences ne sont pas proprement d’ordre dogmatique, mais de nature pastorale. Concrètement, il est nécessaire de vérifier quelle pratique peut en réalité aider au mieux les fidèles à mettre au centre le sacrement de l’Eucharistie, comme réalité vers laquelle tend toute l’initiation. En étroite collaboration avec les Dicastères compétents de la Curie romaine, les Conférences épiscopales vérifieront l’efficacité des parcours actuels d’initiation, afin que, par l’action éducative de nos communautés, le chrétien soit aidé à mûrir toujours davantage, en parvenant à donner à sa vie une authentique assise eucharistique, de sorte qu’il soit en mesure de rendre raison de son espérance d’une manière adaptée à notre temps (cf. 1 P 3,15).
Initiation, communauté ecclésiale et famille
19. Il faut toujours se rappeler que toute l’initiation chrétienne est un chemin de conversion à parcourir avec l’aide de Dieu et en relation constante avec la communauté ecclésiale, soit quand un adulte demande à entrer dans l’Église, comme cela arrive dans les milieux de première évangélisation ou dans de nombreux milieux sécularisés, soit quand les parents demandent les sacrements pour leurs enfants. À ce sujet, je désire surtout attirer l’attention sur la relation entre initiation chrétienne et famille. Dans l’action pastorale, on doit toujours associer la famille chrétienne au parcours d’initiation. Recevoir le Baptême, la Confirmation et s’approcher pour la première fois de l’Eucharistie sont des moments décisifs non seulement pour la personne qui les reçoit mais aussi pour toute sa famille, qui doit être soutenue dans sa tâche éducative par la communauté ecclésiale dans ses diverses composantes. (53) Je voudrais ici souligner l’importance de la première communion. Pour de très nombreux fidèles, ce jour reste justement gravé dans la mémoire comme le premier moment où, même si c’est encore de manière élémentaire, ils ont perçu l’importance de la rencontre personnelle avec Jésus. La pastorale paroissiale doit mettre en valeur de manière appropriée une occasion aussi significative.

II. Eucharistie et Sacrement de la Réconciliation

Leur lien intrinsèque

20. Les Pères synodaux ont justement affirmé que l’amour de l’Eucharistie conduit aussi à apprécier toujours plus le sacrement de la Réconciliation. (54) À cause du lien entre ces sacrements, une authentique catéchèse à l’égard du sens de l’Eucharistie ne peut être séparée de la proposition d’un chemin pénitentiel (cf. 1 Co 11, 27-29). Nous constatons assurément que, à notre époque, les fidèles se trouvent immergés dans une culture qui tend à effacer le sens du péché, (55) favorisant un comportement superficiel qui porte à oublier la nécessité d’être dans la grâce de Dieu pour s’approcher dignement de la communion sacramentelle. (56) En réalité, perdre la conscience du péché entraîne toujours aussi une certaine superficialité dans la compréhension de l’amour de Dieu lui-même. Il est très utile de rappeler aux fidèles ces éléments qui, dans le rite de la Messe, explicitent la conscience de leur péché et, simultanément, de la miséricorde de Dieu. (57) En outre, la relation entre Eucharistie et Réconciliation nous rappelle que le péché n’est jamais une réalité exclusivement individuelle ; il comporte toujours également une blessure au sein de la communion ecclésiale, dans laquelle nous sommes insérés par le Baptême. C’est pourquoi la Réconciliation, comme le disaient les Pères de l’Église, est laboriosus quidam baptismus, (58) soulignant de cette façon que l’issue du chemin de conversion est aussi le rétablissement de la pleine communion ecclésiale, qui se manifeste par le fait de s’approcher à nouveau de l’Eucharistie. (59)

Quelques points d’attention pastorale

21. Le Synode a rappelé qu’il est du devoir pastoral de l’Évêque de promouvoir dans son diocèse la détermination de revenir à une pédagogie de la conversion qui naît de l’Eucharistie et d’encourager les fidèles à la confession fréquente. Tous les prêtres se consacreront avec générosité, application et compétence à l’administration du sacrement de la Réconciliation. (60) À ce sujet, on doit prêter attention à ce que les confessionnaux, dans nos églises, soient bien visibles et expressifs du sens de ce Sacrement. Je demande aux Pasteurs de veiller attentivement à la célébration du sacrement de la Réconciliation, en réservant la pratique de l’absolution générale exclusivement aux cas prévus, (61) la forme personnelle étant la seule forme ordinaire. (62) Face à la nécessité de redécouvrir le pardon sacramentel, qu’il y ait toujours dans tous les diocèses un Pénitencier. (63) Enfin, dans la nouvelle prise de conscience de la relation entre Eucharistie et Réconciliation, une pratique sage et équilibrée de l’indulgence, gagnée pour soi-même ou pour les défunts, peut être d’une aide utile. Par elle, on obtient « la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée ». (64) L’usage des indulgences nous aide à comprendre que, par nos seules forces, nous serions incapables de réparer le mal commis et que les péchés de chacun portent tort à toute la communauté ; par ailleurs, la pratique de l’indulgence, impliquant non seulement la doctrine des mérites infinis du Christ, mais aussi celle de la communion des saints, nous dit « combien intime est le lien qui nous unit entre nous dans le Christ, et combien la vie surnaturelle de chacun peut servir aux autres ». (65) Puisque sa forme elle-même prévoit, parmi les conditions, le recours à la confession et à la communion sacramentelle, sa pratique peut soutenir efficacement les fidèles sur le chemin de la conversion et dans la découverte du caractère central de l’Eucharistie dans la vie chrétienne.
III. Eucharistie et Onction des malades
22. Jésus n’a pas seulement envoyé ses disciples pour guérir les malades (cf. Mt 10,8 ; Lc 9,2 ; 10, 9), mais il a aussi institué pour eux un Sacrement spécifique : l’Onction des malades. (66) La Lettre de Jacques atteste déjà la présence de ce geste sacramentel dans la première communauté chrétienne (cf. 5, 14-16). Si l’Eucharistie montre que les souffrances et la mort du Christ ont été transformées en amour, l’Onction des malades, de son côté, associe la personne qui souffre à l’offrande que le Christ a faite de lui-même pour le salut de tous, de sorte qu’elle aussi puisse, dans le mystère de la communion des saints, participer à la rédemption du monde. La relation entre ces sacrements se manifeste également face à l’aggravation de la maladie : « À ceux qui vont quitter cette vie, l’Église offre, en plus de l’Onction des malades, l’Eucharistie comme viatique ». (67) Dans le passage vers le Père, la communion au Corps et au Sang du Christ se manifeste comme semence de vie éternelle et puissance de résurrection : « Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (Jn 6,54). Puisque le Saint Viatique ouvre au malade la plénitude du mystère pascal, il est nécessaire d’en assurer la pratique. (68) L’attention et le soin pastoral envers ceux qui sont malades rejaillissent sûrement en bénéfice spirituel pour toute la communauté, sachant que ce que nous aurons fait au plus petit, nous l’aurons fait à Jésus lui-même (cf. Mt 25,40).

III. Eucharistie et Onction des malades

22. Jésus n’a pas seulement envoyé ses disciples pour guérir les malades (cf. Mt 10,8 ; Lc 9,2 ; 10, 9), mais il a aussi institué pour eux un Sacrement spécifique : l’Onction des malades. (66) La Lettre de Jacques atteste déjà la présence de ce geste sacramentel dans la première communauté chrétienne (cf. 5, 14-16). Si l’Eucharistie montre que les souffrances et la mort du Christ ont été transformées en amour, l’Onction des malades, de son côté, associe la personne qui souffre à l’offrande que le Christ a faite de lui-même pour le salut de tous, de sorte qu’elle aussi puisse, dans le mystère de la communion des saints, participer à la rédemption du monde. La relation entre ces sacrements se manifeste également face à l’aggravation de la maladie : « À ceux qui vont quitter cette vie, l’Église offre, en plus de l’Onction des malades, l’Eucharistie comme viatique ». (67) Dans le passage vers le Père, la communion au Corps et au Sang du Christ se manifeste comme semence de vie éternelle et puissance de résurrection : « Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (Jn 6,54). Puisque le Saint Viatique ouvre au malade la plénitude du mystère pascal, il est nécessaire d’en assurer la pratique. (68) L’attention et le soin pastoral envers ceux qui sont malades rejaillissent sûrement en bénéfice spirituel pour toute la communauté, sachant que ce que nous aurons fait au plus petit, nous l’aurons fait à Jésus lui-même (cf. Mt 25,40).

IV. Eucharistie et Sacrement de l’Ordre

In persona Christi capitis

23. Le lien intrinsèque entre Eucharistie et Sacrement de l’Ordre découle des paroles mêmes de Jésus au Cénacle : « Faites ceci en mémoire de moi » (Lc 22,19). En effet, Jésus, à la veille de sa mort, a institué l’Eucharistie et fondé en même temps le sacerdoce de la Nouvelle Alliance. Il est prêtre, victime et autel : médiateur entre Dieu le Père et le peuple (cf. He 5,5-10), victime d’expiation (cf. 1 Jn 2,2 ; 4, 10) qui s’offre elle-même sur l’autel de la croix. Personne ne peut dire « ceci est mon corps » et « ceci est la coupe de mon sang » si ce n’est au nom et en la personne du Christ, unique souverain prêtre de la nouvelle et éternelle Alliance (cf. He 8-9). Au cours d’autres assemblées, le Synode des Évêques avait déjà abordé le sujet du ministère ordonné, soit pour ce qui regarde l’identité du ministère, (69) soit pour la formation des candidats. (70) En cette circonstance, à la lumière du dialogue intervenu au sein de l’assemblée synodale, je tiens à rappeler quelques points relatifs au rapport entre Sacrement de l’Eucharistie et Sacrement de l’Ordre. Il est avant tout nécessaire de rappeler que le lien entre l’Ordre sacré et l’Eucharistie est visible précisément dans la Messe présidée par l’Évêque ou par le prêtre au nom du Christ-Tête.
La doctrine de l’Église fait de l’ordination sacerdotale la condition indispensable pour la célébration valide de l’Eucharistie. (71) En effet, « dans le service ecclésial du ministre ordonné, c’est le Christ lui-même qui est présent à son Église en tant que Tête de son Corps, Pasteur de son troupeau, grand prêtre du sacrifice rédempteur ». (72) De façon certaine, le ministre ordonné « agit aussi au nom de toute l’Église lorsqu’il présente à Dieu la prière de l’Église et surtout lorsqu’il offre le sacrifice eucharistique ». (73) Il est donc nécessaire que les prêtres aient conscience que, dans tout leur ministère, ils ne doivent jamais se mettre au premier plan, eux-mêmes ou leurs opinions, mais Jésus Christ. Toute tentative de se poser soi-même comme protagoniste de l’action liturgique contredit l’identité sacerdotale. Le prêtre est plus que jamais serviteur et il doit s’engager continuellement à être le signe qui, en tant qu’instrument docile entre les mains du Christ, renvoie à Lui. Cela se traduit particulièrement dans l’humilité avec laquelle le prêtre guide l’action liturgique, dans l’obéissance au rite, en y adhérant de cœur et d’esprit, en évitant tout ce qui pourrait donner l’impression d’une initiative propre inopportune. Je recommande donc au clergé d’approfondir toujours la conscience de son ministère eucharistique comme humble service rendu au Christ et à son Église. Le sacerdoce, comme le disait saint Augustin, est amoris officium, (74) est l’office du bon pasteur, qui offre sa vie pour ses brebis (cf. Jn 10,14-15).
Eucharistie et célibat sacerdotal
24. Les Pères synodaux ont voulu souligner que le sacerdoce ministériel requiert, à travers l’ordination, l’entière configuration au Christ. Tout en respectant les pratiques différentes et la tradition orientale, il convient de rappeler le sens profond du célibat sacerdotal, justement considéré comme une richesse inestimable et confirmé aussi dans la pratique orientale pour les candidats à l’épiscopat. Dans un tel choix, en effet, le dévouement qui conforme le prêtre au Christ et l’offrande exclusive de lui-même pour le Règne de Dieu trouvent une expression particulière. (75) Le fait que le Christ lui-même, prêtre pour l’éternité, ait vécu sa mission jusqu’au Sacrifice de la croix dans l’état de virginité constitue le point de référence sûr pour recueillir le sens de la tradition de l’Église latine sur cette question. Il n’est donc pas suffisant de comprendre le célibat sacerdotal en termes purement fonctionnels. En réalité, il est une conformation particulière au style de vie du Christ lui-même. Ce choix est avant tout sponsal ; il est identification au cœur du Christ Époux, qui donne sa vie pour son Épouse. Unie à la grande tradition ecclésiale, au Concile Vatican II (76) et aux Souverains Pontifes mes prédécesseurs, (77) je redis la beauté et l’importance d’une vie sacerdotale vécue dans le célibat comme signe exprimant le don de soi total et exclusif au Christ, à l’Église et au Règne de Dieu, et j’en confirme donc le caractère obligatoire pour la tradition latine. Le célibat sacerdotal vécu avec maturité, joie et dévouement est une très grande bénédiction pour l’Église et pour la société elle-même.

Manque de prêtres et pastorale des vocations

25. À propos du lien entre Sacrement de l’Ordre et Eucharistie, le Synode s’est arrêté sur la situation difficile qui apparaît dans divers diocèses lorsqu’on doit faire face à la pénurie de prêtres. Cela se produit non seulement dans certaines zones de première évangélisation, mais également dans de nombreux pays de longue tradition chrétienne. Une plus juste répartition des prêtres contribuera certainement à la solution du problème. Un travail de large sensibilisation est donc nécessaire. Les Évêques impliqueront dans les nécessités pastorales les Instituts de Vie consacrée et les nouvelles réalités ecclésiales, dans le respect de leur charisme propre, et ils solliciteront tous les membres du clergé à une plus grande disponibilité pour servir l’Église là où il en est besoin, même au prix de sacrifices. (78) En outre, au cours du Synode, on a aussi discuté des attentions pastorales à mettre en œuvre pour favoriser, surtout chez les jeunes, l’ouverture intérieure à la vocation sacerdotale. Une telle situation ne peut trouver de solution par de simples moyens pragmatiques. Il faut éviter que les Évêques, poussés par des préoccupations fonctionnelles bien compréhensibles à cause du manque de prêtres, n’effectuent pas le discernement vocationnel qui convient et qu’ils admettent à la formation spécifique et à l’ordination des candidats qui ne possèdent pas les caractéristiques nécessaires pour le service sacerdotal. (79) Un clerc qui n’est pas suffisamment formé, admis à l’ordination sans le discernement requis, pourra difficilement offrir un témoignage capable de susciter chez les autres le désir de répondre avec générosité à l’appel du Christ. En réalité, la pastorale vocationnelle doit impliquer toute la communauté chrétienne dans toutes ses composantes. (80) Évidemment, ce large travail pastoral comprend également la sensibilisation des familles, souvent indifférentes si ce n’est ouvertement opposées à l’hypothèse de la vocation sacerdotale. Qu’elles s’ouvrent avec générosité au don de la vie et qu’elles éduquent leurs enfants à être disponibles à la volonté de Dieu. En résumé, il faut surtout avoir le courage de proposer aux jeunes la radicalité de la vie à la suite du Christ, en en montrant l’attrait.

Gratitude et espérance

26. Enfin, il est nécessaire d’avoir plus de foi et d’espérance en l’initiative divine. Même si, dans certaines régions, on enregistre une pénurie de prêtres, on ne doit jamais douter du fait que le Christ continue d’appeler des hommes qui, abandonnant toute autre activité, se consacrent totalement à la célébration des saints Mystères, à la prédication de l’Évangile et au ministère pastoral. En cette circonstance, je souhaite me faire l’écho de la gratitude de toute l’Église pour les Évêques et les prêtres, qui remplissent leur mission avec un dévouement et un zèle fidèles. Naturellement, ce remerciement de l’Église s’adresse aussi aux diacres, à qui sont imposées les mains « non pour le sacerdoce mais pour le service ». (81) Comme l’a recommandé l’Assemblée du Synode, j’adresse un remerciement spécial aux prêtres fidei donum, qui, avec compétence et généreux dévouement, construisent la communauté en lui annonçant la Parole de Dieu et en lui partageant le Pain de la vie, sans épargner leurs forces dans le service de la mission de l’Église. (82) Il faut remercier Dieu pour les nombreux prêtres qui ont souffert jusqu’au sacrifice de leur vie pour servir le Christ. En eux, par l’éloquence des faits, se révèle ce que signifie être prêtre jusqu’au bout. Il s’agit de témoignages émouvants qui peuvent inspirer beaucoup de jeunes à suivre le Christ à leur tour et à donner leur vie pour les autres, trouvant ainsi la vie véritable.

V. Eucharistie et Mariage

Eucharistie, sacrement sponsal

27. L’Eucharistie, sacrement de la charité, fait apparaître un rapport particulier avec l’amour entre l’homme et la femme, unis par le mariage. Approfondir ce lien est une nécessité propre à notre temps. (83) Le Pape Jean-Paul II a eu plusieurs fois l’occasion d’affirmer le caractère sponsal de l’Eucharistie et son rapport particulier avec le Sacrement du Mariage : « L’Eucharistie est le sacrement de notre rédemption. C’est le sacrement de l’Époux, de l’Épouse ». (84) Du reste, « toute la vie chrétienne porte le signe de l’amour sponsal du Christ et de l’Église. Déjà le Baptême, qui fait entrer dans le peuple de Dieu, est un mystère nuptial : c’est pour ainsi dire le bain de noces qui précède le banquet des noces, l’Eucharistie ». (85) L’Eucharistie fortifie d’une manière inépuisable l’unité et l’amour indissoluble de tout mariage chrétien. En lui, en vertu du sacrement, le lien conjugal est intrinsèquement relié à l’unité eucharistique entre le Christ époux et l’Église épouse (cf. Ep 5,31-32). Le consentement mutuel que mari et femme échangent dans le Christ, et qui fait d’eux une communauté de vie et d’amour, a lui aussi une dimension eucharistique. En effet, dans la théologie paulinienne, l’amour sponsal est le signe sacramentel de l’amour du Christ pour son Église, un amour qui a son point culminant dans la croix, expression de ses « noces » avec l’humanité et, en même temps, origine et centre de l’Eucharistie. Voilà pourquoi l’Église manifeste une proximité spirituelle particulière à tous ceux qui ont fondé leur famille sur le sacrement de Mariage. (86) La famille - Église domestique (87) - est une cellule primordiale de la vie de l’Église, en particulier pour son rôle décisif concernant l’éducation chrétienne des enfants. (88) Dans ce contexte, le Synode a recommandé aussi de reconnaître la mission particulière de la femme dans la famille et dans la société, une mission qui doit être défendue, sauvegardée et promue. (89) Son identité d’épouse et de mère constitue une réalité imprescriptible qui ne doit jamais être dévaluée.

Eucharistie et unicité du mariage

28. C’est précisément à la lumière de cette relation intrinsèque entre mariage, famille et Eucharistie qu’il est possible de considérer certains problèmes pastoraux. Le lien fidèle, indissoluble et exclusif qui unit le Christ et l’Église, et qui trouve son expression sacramentelle dans l’Eucharistie, est en relation avec le donné anthropologique originel par lequel l’homme doit être uni de manière définitive à une seule femme et réciproquement (cf. Gn 2, 24 ; Mt 19,5). Sur cet arrière-fond de pensées, le Synode des Évêques a étudié le thème des pratiques pastorales concernant ceux qui entendent l’annonce de l’Évangile, provenant de cultures où se pratique la polygamie. Ceux qui se trouvent dans une telle situation et qui s’ouvrent à la foi chrétienne doivent être aidés pour intégrer leur projet humain dans la nouveauté radicale du Christ. Au cours du catéchuménat, le Christ les rejoint dans leur condition spécifique et il les appelle à la pleine vérité de l’amour, passant à travers les renoncements nécessaires, en vue de la communion ecclésiale parfaite. L’Église les accompagne par une pastorale pleine de douceur et en même temps de fermeté, (90) en leur montrant surtout la lumière qui, venant des mystères chrétiens, se reflète sur la nature et sur les désirs humains.
Eucharistie et indissolubilité du mariage
29. Si l’Eucharistie exprime le caractère irréversible de l’amour de Dieu pour son Église dans le Christ, on comprend pourquoi elle implique, en relation au sacrement de Mariage, l’indissolubilité à laquelle tout véritable amour ne peut qu’aspirer. (91) L’attention pastorale que le Synode a réservée aux situations douloureuses dans lesquelles se trouvent de nombreux fidèles qui, après avoir célébré le sacrement de Mariage, ont divorcé et contracté une nouvelle union, est donc plus que justifiée. Il s’agit d’un problème pastoral épineux et complexe, une vraie plaie du contexte social actuel, qui touche de manière croissante les milieux catholiques eux-mêmes. Par amour de la vérité, les Pasteurs sont obligés de bien discerner les diverses situations, pour aider spirituellement de la façon la plus appropriée les fidèles concernés.

(92) Le Synode des Évêques a confirmé la pratique de l’Église, fondée
sur la Sainte Écriture (cf. Mc 10,2-12), de ne pas admettre aux sacrements les divorcés remariés, parce que leur état et leur condition de vie contredisent objectivement l’union d’amour entre le Christ et l’Église, qui est signifiée et mise en œuvre dans l’Eucharistie. Toutefois, les divorcés remariés, malgré leur situation, continuent d’appartenir à l’Église, qui les suit avec une attention spéciale, désirant qu’ils développent, autant que possible, un style de vie chrétien, par la participation à la Messe, mais sans recevoir la Communion, par l’écoute de la Parole de Dieu, par l’adoration eucharistique et la prière, par la participation à la vie de la communauté, par le dialogue confiant avec un prêtre ou un guide spirituel, par le dévouement à la charité vécue et les œuvres de pénitence, par l’engagement dans l’éducation de leurs enfants.
Là où surgissent des doutes légitimes sur la validité du Mariage sacramentel qui a été contracté, il convient d’entreprendre ce qui est nécessaire pour en vérifier le bien-fondé. Il faut aussi s’assurer, dans le plein respect du droit canonique, (93) de la présence sur le territoire de tribunaux ecclésiastiques, de leur caractère pastoral, de leur fonctionnement correct et rapide. (94) Il importe qu’il y ait, dans chaque diocèse, un nombre suffisant de personnes préparées pour le bon fonctionnement des tribunaux ecclésiastiques. Je rappelle que « c’est une obligation grave que le travail institutionnel de l’Église réalisé dans les tribunaux soit rendu toujours plus proche des fidèles ». (95) Il est cependant nécessaire d’éviter de comprendre la préoccupation pastorale comme si elle était en opposition avec le droit. On doit plutôt partir du présupposé que le point fondamental de rencontre entre le droit et la pastorale est l’amour de la vérité : cette dernière en effet n’est jamais abstraite, mais « elle s’intègre dans l’itinéraire humain et chrétien de tout fidèle ». (96) Enfin, là où la nullité du lien matrimonial n’est pas reconnue et où des conditions objectives rendent de fait la vie commune irréversible, l’Église encourage ces fidèles à s’engager à vivre leur relation selon les exigences de la Loi de Dieu, comme amis, comme frère et sœur ; ils pourront ainsi s’approcher de la table eucharistique, avec les attentions prévues par la pratique éprouvée de l’Église. Un tel chemin, pour qu’il soit possible et qu’il porte du fruit, doit être soutenu par l’aide des pasteurs et par des initiatives ecclésiales appropriées, en évitant, dans tous les cas, de bénir ces relations, pour que ne surgissent pas chez les fidèles des confusions autour de la valeur du Mariage. (97)
Vu la complexité du contexte culturel dans lequel vit l’Église dans beaucoup de pays, le Synode a aussi recommandé d’avoir le plus grand soin pastoral pour la formation des fiancés et pour la vérification attentive de leurs convictions concernant les engagements prescrits pour la validité du sacrement de Mariage. Un sérieux discernement à ce sujet pourra éviter que des élans émotifs ou des raisons superficielles conduisent les deux jeunes à assumer des responsabilités qu’ils ne sauront ensuite honorer. (98) Le bien que l’Église et la société tout entière attendent du mariage et de la famille fondée sur lui est trop grand pour qu’on ne s’engage pas totalement dans ce domaine pastoral spécifique. Mariage et famille sont des institutions qui doivent être promues et garanties de toute équivoque possible quant à leur vérité, parce que tout dommage qui leur est causé constitue de fait une blessure pour la convivialité humaine comme telle.

Eucharistie et eschatologie

Eucharistie : don à l’homme en chemin

30. S’il est vrai que les sacrements sont une réalité qui appartient à l’Église qui chemine dans l’histoire (99) vers la pleine manifestation de la victoire du Christ ressuscité, il est cependant tout aussi vrai que, spécialement dans la liturgie eucharistique, il nous est donné de goûter l’accomplissement eschatologique vers lequel tout homme et toute la création sont en chemin (cf. Rm 8,19 s.). L’homme est créé pour le bonheur véritable et éternel, que seul l’amour de Dieu peut donner. Mais notre liberté blessée s’égarerait s’il n’était pas possible d’expérimenter dès maintenant quelque chose de l’accomplissement à venir. Du reste, tout homme a besoin, pour pouvoir cheminer dans la bonne direction, d’être orienté vers le but final. En réalité, cette fin ultime est le Christ Seigneur lui-même, vainqueur du péché et de la mort, qui se rend présent à nous de manière spéciale dans la célébration eucharistique. Ainsi, tout en étant encore, nous aussi, « des gens de passage et des voyageurs » (1 P 2,11) dans ce monde, nous participons déjà dans la foi à la plénitude de la vie ressuscitée. Le banquet eucharistique, révélant sa dimension fortement eschatologique, vient en aide à notre liberté en chemin.
Le banquet eschatologique

31. Réfléchissant à ce mystère, nous pouvons dire que, par sa venue, Jésus s’est mis en rapport avec l’attente présente dans le peuple d’Israël, dans l’humanité tout entière et en définitive dans la création elle-même. Par le don de lui-même, il a objectivement inauguré le temps eschatologique. Le Christ est venu pour rassembler le peuple de Dieu dispersé (cf. Jn 11,52), manifestant clairement l’intention de rassembler la communauté de l’alliance, pour porter à leur achèvement les promesses de Dieu faites à nos pères (cf. Jr 23, 3 ; 31, 10 ; Lc 1,55.70). Dans l’appel des Douze, qu’il faut mettre en relation avec les douze tribus d’Israël, et dans le mandat qui leur est confié lors de la dernière Cène, avant sa Passion rédemptrice, de célébrer son mémorial, Jésus a montré qu’il voulait transférer à toute la communauté qu’il avait fondée le devoir d’être, dans l’histoire, le signe et l’instrument du rassemblement eschatologique, inauguré en lui. En toute célébration eucharistique se réalise donc sacramentellement le rassemblement eschatologique du peuple de Dieu. Le banquet eucharistique est pour nous une réelle anticipation du banquet final, annoncé par les prophètes (cf. Is 25, 6-9) et décrit par le Nouveau Testament comme « les noces de l’Agneau » (Ap 19,7-9), qui doivent se célébrer dans la joie de la communion des saints. (100)
Prière pour les défunts
32. La célébration eucharistique, où nous annonçons la mort du Seigneur et où nous proclamons sa résurrection dans l’attente de sa venue, est le gage de la gloire future dans laquelle même nos corps seront glorifiés. Quand nous célébrons le Mémorial de notre salut, se renforce en nous l’espérance de la résurrection de la chair et de la possibilité de rencontrer de nouveau, face à face, ceux qui nous ont précédés, marqués du signe de la foi. Sur cet arrière-fond, je voudrais rappeler à tous les fidèles, avec les Pères synodaux, l’importance de la prière de suffrage pour les défunts, en particulier de la célébration de Messes à leur intention, (101) afin que, purifiés, ils puissent parvenir à la vision béatifique de Dieu. Redécouvrant la dimension eschatologique inscrite dans l’Eucharistie, célébrée et adorée, nous sommes ainsi soutenus dans notre chemin et confortés dans l’espérance de la gloire (cf. Rm 5,2 ; Tt 2,13).
L’Eucharistie et la Vierge Marie

33. Le contour de l’existence chrétienne, appelée à être à chaque instant un culte spirituel et une offrande de soi agréable à Dieu, émerge dans son ensemble du rapport entre l’Eucharistie et les autres sacrements, et de la signification eschatologique des saints Mystères. Et s’il est vrai que nous sommes tous encore en chemin vers le plein accomplissement de notre espérance, cela n’enlève pas qu’on puisse reconnaître dès maintenant avec gratitude que ce que Dieu nous a donné trouve sa parfaite réalisation dans la Vierge Marie, Mère de Dieu et notre Mère : son Assomption au ciel, corps et âme, est pour nous signe d’espérance certaine, en tant qu’elle nous montre à nous, pèlerins dans le temps, le but eschatologique que le sacrement de l’Eucharistie nous fait goûter dès maintenant.
En Marie très sainte nous voyons aussi parfaitement actualisée la modalité sacramentelle par laquelle Dieu rejoint et engage la créature humaine dans son initiative salvifique. De l’Annonciation à la Pentecôte, Marie de Nazareth apparaît comme la personne dont la liberté est totalement disponible à la volonté de Dieu. Son Immaculée Conception se révèle précisément dans sa docilité inconditionnelle à la Parole divine. La foi obéissante est la forme que sa vie assume en chaque instant devant l’action de Dieu. Vierge à l’écoute, elle vit en pleine syntonie avec la volonté divine ; elle garde dans son cœur les paroles qui lui viennent de Dieu et, les ordonnant comme dans une mosaïque, elle se prépare à les comprendre plus profondément (cf. Lc 2,19.51) ; Marie est la grande Croyante qui, pleine de confiance, se met entre les mains de Dieu, s’abandonnant à sa volonté. (102) Ce mystère s’intensifie jusqu’à parvenir à son plein achèvement dans la mission rédemptrice de Jésus. Comme l’a affirmé le Concile Vatican II, « la bienheureuse Vierge, elle aussi, avança dans son pèlerinage de foi, et elle a gardé fidèlement son union avec son Fils jusqu’à la croix, au pied de laquelle, non sans un dessein divin, elle se tint debout (cf. Jn 19,25), compatissant vivement avec son Fils unique, s’associant d’un cœur maternel à son sacrifice et donnant le consentement de son amour à l’immolation de la victime née d’elle ; et finalement, elle a été donnée par le Christ Jésus lui-même, mourant sur la croix, comme mère au disciple, par ces paroles : “Femme, voici ton fils” ». (103) De l’Annonciation à la Croix, Marie est celle qui accueille la Parole faite chair en elle et qui va jusqu’à se taire dans le silence de la mort. C’est elle, enfin, qui reçoit dans ses bras le corps livré, désormais inanimé, de Celui qui vraiment a aimé les siens « jusqu’au bout » (Jn 13,1).

C’est pourquoi, chaque fois que dans la liturgie eucharistique nous nous approchons du Corps et du Sang du Christ, nous nous tournons également vers elle qui a accueilli pour toute l’Église le sacrifice du Christ, en y adhérant pleinement. Les Pères synodaux ont justement affirmé que « Marie inaugure la participation de l’Église au sacrifice du Rédempteur ». (104) Elle est l’Immaculée qui accueille inconditionnellement le don de Dieu et, de cette façon, elle est associée à l’œuvre du salut. Marie de Nazareth, icône de l’Église naissante, nous montre que chacun de nous est appelé à accueillir le don que Jésus fait de lui-même dans l’Eucharistie.


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