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 - 30 janvier 2023 - Sainte Martine
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Homélie

Férie de Noël

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Auteur :

Père Joseph-Marie, fsj

La bible:

Le prophète n’est pas d’abord chargé d’annoncer des événements à venir ; mais de dévoiler l’action de Dieu au cœur des situations contemporaines. Son charisme propre lui permet de « voir » à la lumière de l’Esprit, ce qui n’est pas sensible et demeure dès lors invisible aux yeux de chair.
Jean « voit Jésus venir vers lui ». Selon les apparences sensibles, il reconnaît son cousin ; mais l’illumination spirituelle dont il jouit intérieurement, lui révèle la véritable identité de celui qui s’approche. Par deux fois, le Précurseur insiste : « Je ne le connaissais pas » ; sous-entendu : « Je croyais le connaître, mais j’ignorais sa véritable identité. Je le prenais pour le fils de la cousine de ma mère, et je découvre en cet instant, à la lumière de l’Esprit, qu’il est en réalité le Christ, le Messie. Aussi je le déclare : “Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde” ».
La formulation demeure énigmatique : que veut dire l’expression « Agneau de Dieu » ? L’agneau désigne sans aucun doute l’animal offert en sacrifice au jour de Pâque. Mais l’agneau pascal dont le sang devait éloigner l’Ange exterminateur (Ex 12, 23) était offert à Dieu. Or Jean désigne Jésus comme l’« Agneau de Dieu », c’est-à-dire offert par Dieu lui-même. De plus, l’agneau pascal n’enlevait pas le péché : il s’agissait d’un sacrifice de substitution par lequel Dieu acceptait de ne pas imputer à son peuple les péchés dont il s’était rendu coupable. Alors que Jésus est désigné comme celui « qui enlève le péché du monde » : non seulement la faute est effacée, mais la réconciliation offerte est universelle. « Jésus est apparu pour enlever les péchés - confirme Saint Jean dans la première lecture : tout homme - sans restriction ni exception - qui fonde sur lui une telle espérance, se rend pur comme lui-même est pur » (1ère lect.). Pour pouvoir intercéder en faveur des pécheurs, il faut en effet que notre « défenseur devant le Père soit Juste » (1 Jn 2,1).
C’est donc au cœur du mystère de la Rédemption, que le Précurseur nous conduit en quelques mots. Le Père lui-même nous donne le véritable Agneau pascal, le seul qui puisse enlever le péché du monde : son propre Fils, « Jésus-Christ le Juste. Il est la victime offerte pour nos péchés ; et non seulement pour les nôtres, mais encore pour ceux du monde entier » (1 Jn 2,1-2).
Certes, Jean avait été averti de l’objet de son ministère : il savait qu’il était chargé d’offrir un baptême de conversion, préfiguration du baptême dans l’Esprit Saint que ne pouvait délivrer que celui qui devait venir. Il avait été averti également qu’il le reconnaîtrait et qu’il aurait à rendre témoignage devant le peuple d’Israël de l’accomplissement de son espérance. Cependant, les termes même par lesquels Jean désigne le Christ laissent pressentir sa propre stupéfaction, ainsi que les difficultés à venir : Israël attendait un Messie pris parmi le peuple et oint d’une onction particulière lui conférant une autorité spirituelle et temporelle uniques. Or le Précurseur est averti qu’il doit désigner « un homme » - la précision est énoncée à deux reprises - mais un « homme sur qui l’Esprit descend et demeure ». Il ne s’agit pas d’une onction prophétique, sacerdotale ou royale analogue à celle que reçurent les grands « charismatiques » de l’histoire du salut. L’Esprit « demeure » sur Jésus ; c’est-à-dire : il descend sur lui comme sur son semblable ; il lui est uni au point d’agir par lui, avec lui et en lui : « c’est celui-là qui baptise dans l’Esprit Saint ». Tous deux ne font qu’un dans la distinction des Personnes. Etant donné que l’Esprit dont il est question est l’Esprit de Dieu, Jean est nécessairement conduit à témoigner que « l’homme sur qui il descend et demeure » est « le Fils de Dieu ».
Nous savons que c’est cette désignation, pleinement appropriée par Jésus devant le grand-prêtre, qui lui vaudra la condamnation à mort (Mt 26,63-66) par laquelle « l’Agneau de Dieu enlèvera le péché du monde ».

« Père, “comme il est grand l’amour dont tu nous as comblés : tu as voulu que par le sacrifice de ton Fils unique, nous soyons appelés enfants de Dieu - et nous le sommes” (1ère lect.). Ne permet pas que nous “luttions contre toi” en commettant à nouveau le péché dont Jésus nous a purifiés à si haut prix ; mais garde nous dans ta grâce, afin que “lorsque ton Fils paraîtra, nous soyons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est” (Ibid.). Telle est l’espérance que nous fondons en lui, Père, afin d’être rendus saints comme lui-même est saint dans l’unique Esprit. »


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