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 - 30 janvier 2023 - Sainte Martine
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Homélie

jeudi, 4ème semaine du temps ordinaire

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Auteur :

Frère Elie, fsj

La bible:

Ceux qu’il a formés à son contact, Jésus les appelle maintenant et les envoie en mission, deux par deux, investis des pouvoirs qui leur seront nécessaires. On ne s’érige pas missionnaire. La mission est toujours à recevoir et à discerner comme un appel du Christ qui nous donne en même temps les moyens de l’accomplir.

Dans les Douze, nous pouvons aussi voir l’Eglise, le nouveau peuple de Dieu que la Parole vivante, le Verbe, convoque et envoie après l’avoir instruit longuement.
« Deux par deux » : c’est collégialement, communautairement, que les apôtres sont envoyés en mission. La mission doit toujours se vivre en communion les uns avec les autres, autrement dit en Eglise. Elle n’est pas une affaire personnelle mais celle de toute l’Eglise. Et l’impératif de communion à vivre entre ceux qui sont envoyés est la garantie de la présence agissante du Christ au milieu d’eux : « Là où vous serez deux ou trois réunis en mon nom, je serai au milieu de vous ».

Les Douze ont à manifester que le Royaume de Dieu est advenu. Plus encore que les œuvres de puissance, la proclamation faite avec autorité témoigne de la présence du règne de Dieu : « Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir ». En invitant à une conversion radicale, leurs voix résonnent comme la voix du Père qui en appelant ses enfants à la responsabilité, les réenfante à la vie filiale. Cette voix c’est aussi celle du Bon Berger, celle du Fils, qui rassemble le troupeau égaré, le guide sur des routes sûres, et le conduit au chemin de la paix.

Jésus commande aussi aux Douze de ne rien emporter pour la route car Dieu veille sur eux, il chemine avec eux et sait ce dont ils ont besoin. Si le messager de l’Evangile s’encombre de sécurités terrestres, comment pourra-t-il témoigner des Béatitudes, du bonheur de tout quitter pour suivre l’unique nécessaire ? De plus, son attachement aux biens de ce monde ne le conduira-t-il pas à thésauriser l’œuvre de la grâce ? Sera-t-il encore capable de donner gratuitement ce qu’il a reçu gratuitement ? Ce n’est que rendu libre par son détachement et sa pauvreté que le missionnaire pourra se faire tout à tous et apporter à chacun le Christ sauveur.

« Quand vous aurez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y ». Le Règne de Dieu se voit lorsque les relations entre les hommes sont renouvelées. Il est communion filiale avec Dieu et communion fraternelle entre nous. Voilà pourquoi il n’y a pas de travail d’évangélisation plus urgent que celui de nous « appliquer à conserver l’unité de l’Esprit par ce lien qu’est la paix » (Eph 4,3) afin que « tout soit réuni sous un seul chef, le Christ » (EPh 1,10). « Restez-y jusqu’à votre départ » : pour que l’annonce puisse porter du fruit, il faut demeurer et repartir de cette unité reconstituée par la grâce de la croix, cette grâce que le Fils Bien-aimé nous a obtenu par son sang. « Que tous soient un afin que le monde croit que tu m’as envoyé » : voici le désir le plus profond du Christ, voici le principe et à la fin de toute évangélisation.

« Si dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage » : L’annonce et le témoignage du Christ doivent être faits dans le respect des consciences et ne pas violer la liberté. La Bonne Nouvelle est toujours proposée, jamais imposée. Mais respecter cette liberté ne veut pas dire qu’il faille se taire ou bien relativiser le contenu de l’Evangile.
Parfois même, nous aurons peut-être à marquer clairement notre opposition avec les valeurs de notre monde ou à manifester un certain retrait. Un tel retrait interpellera toujours et invitera à prendre conscience de la nécessité d’un discernement parmi les sollicitations qui nous assaillent, si nous voulons préserver notre liberté.

Marc commence le dernier verset de notre péricope évangélique par ces mots : « Ils partirent… ». Nous comprenons alors qu’annoncer l’Evangile, c’est avant tout se mettre en route, quitter ses peurs pour oser aller à la rencontre de l’autre, y compris et peut-être surtout de celui avec qui nous avons le moins d’affinité. Si l’annonce de l’Evangile est parvenue jusqu’à nous, c’est parce que les Apôtres ont osé, un jour, partir sur les routes pour l’annoncer.

« Seigneur, fais-nous la grâce de ne pas nous replier sur le peu de foi que nous avons pour la cacher au fond de nous afin que le monde ne vienne pas nous la ravir. Non, Seigneur. Nous voulons nous engager résolument à ta suite et proclamer que tu es la réponse aux angoisses et aux attentes des hommes de notre temps. Si douze hommes ont pu répandre la foi dans tout l’empire romain et même au-delà, que ne ferons-nous pas si nous nous laissons animer et transformer par le même feu de ton Esprit ! »


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