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 - 8 février 2023 - Saint Jean de Matha
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Homélie

Saint Athanase, évêque et docteur de l’Église

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Auteur :

Père Joseph-Marie, fsj

La bible:

Jésus, nous dit l’évangéliste, « affirmait avec force ». Rien à voir avec la violence verbale d’un rhéteur haranguant une foule. La force dont il est question qualifie une parole prononcée dans l’Esprit. Plus encore que l’ « assurance » que le Paraclet communique aux témoins de la Bonne Nouvelle (Ac 4,29), la force caractérise un enseignement donné avec autorité et capable de tenir tête à ses opposants et détracteurs - ce qui est bien le contexte de ce passage : quelques versets plus haut, l’évangéliste constatait en effet : « Malgré tous les signes qu’il avait accomplis devant eux, les Juifs ne croyaient pas en lui » (Jn 12,37). L’enjeu du débat - qui sera aussi le motif de sa condamnation - est l’identité de Jésus : « Tu blasphèmes : tu n’es qu’un homme, et tu prétends être Dieu » (Jn 10,33). D’où la revendication : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ? » (Jn 6,30).
La question peut paraître étonnante : Notre-Seigneur n’a-t-il pas multiplié les œuvres de puissance : miracles, guérisons, exorcismes ? Certes, mais comment discerner avec certitude que le sujet agissant en toutes ces œuvres est divin, qu’il ne s’agit pas de prouesses magiques ? Aussi la foule et les responsables religieux se divisent-ils entre eux dans le travail d’interprétation : pour les uns, « c’est de la part de Dieu que Jésus est venu instruire les hommes, car aucun homme ne peut accomplir les signes qu’il accomplit si Dieu n’est pas avec lui » (Jn 3,2) ; pour les autres, « il n’expulse les démons que par Béelzéboul, le chef des démons » (Mt 12,24).
Devant une telle confusion, Notre-Seigneur hausse la voix et affirme avec autorité son origine divine. Mais pour ne pas effrayer ceux qui seraient choqués par l’inouï du mystère de l’Incarnation, il s’efface totalement derrière Celui qui l’envoie, le Père avec qui il ne fait qu’un : « Si j’accomplis les œuvres de Dieu, comme certains parmi vous le reconnaissent, quand bien même vous refuseriez de me croire, croyez (celui qui en moi accomplit) les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père » (Jn 10,38).
Jésus invite ses interlocuteurs à aller jusqu’au bout du discernement, aussi déconcertant soit-il par rapport à leur catéchisme : ils reconnaissent en Jésus l’Envoyé de Dieu accomplissant ses œuvres ; s’ils refusent de croire en Notre-Seigneur, c’est-à-dire de lui reconnaître le statut filial qu’il revendique, qu’au moins leur foi en Dieu soit affermie eu égard aux signes qui leur sont donnés. Jésus se présente comme le porte-parole du Père : « Ce que j’ai dit ne vient pas de moi : ce que je déclare, je le déclare comme le Père me l’a dit ». De plus, il prononce cette Parole avec pleine autorité et efficacité : « Quelle est cette parole ? s’interrogent les habitants de Capharnaüm ; elle commande avec autorité et puissance aux esprits mauvais, et ils sortent ! » (Lc 4,36). Autrement dit la puissance de l’Esprit agit à travers le Fils, s’unissant à lui pour accomplir le ministère que le Père lui a confié. Il est donc bien davantage qu’un simple messager de Dieu : la Parole qu’il prononce de la part du Père, il la fait sienne, il l’incarne dans toute sa vie, de sorte qu’il est par toute sa personne, la visibilité du Père : « Celui qui me voit, voit celui qui m’a envoyé », car « le Père et moi nous sommes Un » (Jn 10,30).
Pour celui qui s’ouvre au message de grâce proposé par le Fils, et qui accepte de contempler avec un regard bienveillant les faits et gestes de ce Rabbi hors du commun, celui-là s’acheminera, sous la conduite de l’Esprit, vers la découverte de ce qui demeure invisible aux yeux de chair, mais qui constitue pourtant le cœur de l’identité de Jésus : il est la lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré non pas créé, de même nature que le Père. Partageant sa condition divine, il est son Fils unique éternellement uni à lui dans l’Esprit d’amour. « En lui est la vie, et la vie est la lumière des hommes. Le Verbe est la vraie lumière, qui éclaire tout homme en venant en ce monde. Il est venu dans le monde, lui par qui le monde a été fait, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais toux ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son nom » (Jn 1,4-11) « ne demeurent pas dans les ténèbres » : « il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu » (Jn 1,12).
Ce n’est donc pas en juge, mais en Sauveur universel que le Verbe est venu jusqu’à nous, qu’il a pris chair de notre chair et a partagé en toutes choses notre condition humaine - sauf le péché.
Mais nous sommes à nous-mêmes notre propre juge lorsque nous posons un discernement négatif sur « l’événement Jésus-Christ » et refusons de croire en sa filiation divine et en sa mission rédemptrice.
Nul n’est exclu du salut : la volonté du Père est que tous les hommes soient sauvés et accèdent à la vie éternelle. Tel est son « commandement », c’est-à-dire son dessein d’amour sur l’humanité et sur chacun d’entre nous. Mais il nous appartient de consentir librement à cette destinée de gloire qui nous est proposée - et non imposée - en Jésus-Christ.

« Seigneur, Père Saint, que le visage de ton Christ “s’illumine pour nous” (Ps 66) ; que nous puissions te reconnaître en lui, entendre ta voix et te suivre. Non pas comme des esclaves contraints à une obéissance servile, mais comme des fils, libérés du péché, qui reviennent à la maison du Père, exultant de joie dans l’Esprit. »


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