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 - 8 février 2023 - Saint Jean de Matha
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Homélie

lundi, 27ème semaine du temps ordinaire

Nous nous trouvons au chapitre 10 de l’évangile de saint Luc, dans la section centrale du récit lucanien qui se présente sous la forme de la montée de Jésus vers Jérusalem : « Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem. » (Lc 9,51) Pour saint Luc, Jérusalem représente la cité où se réalise le salut et le voyage de Jésus vers cette cité est un thème central chez lui. Le fait que son évangile commence dans la cité sainte (Lc 1,5) et finisse dans la même cité (Lc 24,52) n’est pas fortuit. Et dans cette section centrale, saint Luc répète avec insistance que Jésus se dirige résolument vers Jérusalem. Le texte de ce jour, où nous est racontée la parabole du bon Samaritain dans le contexte d’une discussion avec un docteur de la Loi au sujet du « grand commandement », fait aussi partie de cette section. Il n’est donc pas étonnant d’y retrouver à nouveau la thématique du voyage vers Jérusalem.

Les Pères de l’Eglise, saint Ambroise, saint Augustin et bien d’autres, prenant en compte toute la symbolique de « Jérusalem » comme la cité sainte du salut, interprètent ainsi cette parabole : Dans l’homme qui descend de Jérusalem vers Jéricho, ils voient la figure d’Adam représentant toute l’humanité qui s’est exclut du paradis de l’Eden à cause du péché. Dans les brigands, ils voient le tentateur qui nous éloigne de l’amitié divine, nous poursuit de ses embûches et tient en esclavage notre humanité blessée par le péché. Dans la figure du prêtre et du lévite, ils lisent l’insuffisance de la Loi ancienne à accomplir notre salut que seul pourra réaliser notre Bon Samaritain qui, partant lui aussi de la Jérusalem céleste, vient à notre rencontre pour nous soigner de la morsure du péché avec l’huile de sa grâce et le vin de son Esprit. Dans la figure de l’auberge, ils voient l’image de l’Eglise et dans l’aubergiste celle des pasteurs à qui Jésus confiera la charge de prendre soin de son peuple. Ils interprètent le départ du Bon Samaritain de l’auberge comme la résurrection et l’ascension de Jésus à la droite du Père mais qui promet de revenir pour donner à chacun sa récompense. Enfin, ils voient dans les deux deniers la Sainte Ecriture et les sacrements que Jésus laisse à son Eglise pour nous aider à cheminer vers la sainteté.

Il nous faut revenir alors à la question initiale du docteur de la Loi : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? » La question était donc bien celle du salut. Jésus n’avait pas répondu. Il avait simplement posé une autre question : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit, que lis-tu ? » Que fit alors le docteur de la Loi ? Il répondit, certes. Mais seulement à la première interrogation de Jésus. Il répéta « ce qui est écrit » dans la Loi : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. » Mais, il ne dit pas « ce qu’il lisait » c’est-à-dire la manière dont il interprétait ce grand commandement…

C’est précisément pour entrer dans cet effort de lecture de la Loi que Jésus lui raconte la parabole du Bon Samaritain. Alors, le docteur de la Loi peut « lire » que la vie éternelle est le fruit d’une vie menée à l’imitation de celle du Christ, le Bon Samaritain. Il découvre que le salut s’obtient non pas en aimant celui qui serait reconnu comme son prochain mais en se faisant par amour, comme Jésus lui-même, le prochain de tout homme. En effet, Jésus fait basculer la question de « Et qui donc est mon prochain ? » à « Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme qui était tombé entre les mains des bandits ? »

Poser la question « qui est mon prochain ? » implique que certains de le soient pas. A sa suite, Jésus nous appelle à rejoindre nos frères qui cheminent loin de lui, à nous faire proches d’eux, pour les conduire jusque dans la demeure de l’Eglise où nourris de la Parole et des sacrements ils pourront renaître à la vie même de Dieu. Avec eux, nous pourrons alors partager le fruit du salut car nous vivrons ensemble de l’amour gratuit que Dieu a pour tout homme.

« Seigneur, que nous ne nous préoccupions pas tant de savoir qui est notre prochain mais de nous faire proche de tout homme que nous croisons sur notre route. Enseigne-nous à nous faire les canaux de cette miséricorde dont tu nous fais grâce et qui nous sauve chaque fois que nous l’implorons. »


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