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 - 28 janvier 2023 - Saint Thomas d’Aquin
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Homélie

lundi, 30ème semaine du temps ordinaire

Pour la dernière fois dans son évangile, saint Luc nous présente Jésus enseignant dans une synagogue. Devant lui, une femme. Elle souffre d’une infirmité attribuée à un esprit de maladie qui lui interdit de se tenir droite. Elle demeure courbée, incapable de relever la tête, « liée par Satan » ainsi que l’explicitera Jésus.

Jésus, voyant cette femme, lui déclare qu’elle est délivrée de son infirmité. Il ne prononce aucune parole d’autorité du type : « Relève-toi » mais il accomplit un simple geste que l’on trouve ailleurs dans les évangiles liés aux rites d’exorcisme. Il lui impose les mains et saint Luc nous dit qu’aussitôt la femme « fut libérée ». La tournure passive du verbe atteste bien que c’est Dieu qui agit ici. Et la femme ne s’y trompe pas. A peine guérie, « elle rend gloire à Dieu. »

Indigné par cette guérison qu’il considère comme un travail et n’osant pas attaquer Jésus directement, le chef de la synagogue s’adresse à la foule : « Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là et non pas le jour du sabbat ». Jésus va alors lui opposer le comportement de ceux qui le jour du sabbat délient un animal pour qu’il puisse avoir accès à de l’eau, c’est-à-dire à ce qui est nécessaire à la vie. Si cette disposition est prévue par la législation rabbinique au bénéfice d’un animal, a fortiori s’applique-t-elle à cette femme ligotée par les liens de la mort spirituelle et que Jésus a le pouvoir d’abreuver de la vraie vie.

De plus, n’est-il pas écrit dans le Deutéronome que le sabbat, « ni toi…, ni ta servante, ni ton bœuf, ni ton âne, ne ferez aucun travail » (Dt 5, 14) pour que « tu te souviennes que tu as été esclave au pays d’Egypte, et que le Seigneur ton Dieu t’en a fait sortir » (Dt 5, 15) ?
Ainsi, en opérant la guérison de cette femme, Jésus révèle le véritable sens du sabbat : libérer l’être humain. Une fois encore, il se manifeste comme le « Maître du Sabbat » (Cf. Lc 6,5).
En prenant l’initiative de libérer cette femme, Dieu poursuit son œuvre de libération entreprise lors de l’Exode. Par Jésus, son envoyé, le Père libère cette femme non seulement de sa maladie mais du poids du péché qui l’accable. Il redonne à cette fille d’Abraham son identité de femme libre que l’esclavage du Démon lui avait fait perdre.

Cette femme est aussi une image de notre humanité malade et accablée sous le poids du péché et retenue prisonnière dans les filets de Satan. A travers sa libération, c’est celle de l’humanité tout entière que nous pouvons déjà contempler avant son accomplissement total et plénier dans la mort et la résurrection de Notre-Seigneur. Elle était courbée et ne pouvait regarder vers le haut. Tournée vers les choses de la terre, elle était prisonnière des passions de sa nature blessée par le péché. Mais Notre-Seigneur l’appelle et la redresse, la rétablissant dans sa dignité. Il la délivre de sa fragilité et la sauve du péché. Libérée des liens de ses inclinations vers le mal, libre, elle peut venir boire à la Source d’eau vive jaillie du cœur ouvert de Jésus.

« Seigneur, merci d’être de t’être abaissé jusqu’à nous en prenant chair de notre chair et de ne pas avoir craint de descendre jusque dans nos morts pour nous relever avec toi au matin de Pâques. Puissions-nous en ce jour être renouvelés dans cette grâce de résurrection dont tu nous as comblés le jour de notre baptême. »


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