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 - 8 février 2023 - Saint Jean de Matha
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Homélie

2e dimanche de l’Avent

Dans la première lecture, Isaïe annonce un Roi-Messie issu de la souche de Jessé sur qui reposera l’Esprit du Seigneur. Cette prophétie fut confirmée lors de l’épisode du baptême de Jésus dans le Jourdain. En effet, Matthieu nous dit qu’après l’avoir baptisé, Jean Baptiste vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui en même temps qu’il entendait une voix venue des cieux qui disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur » (Cf. Mt 3,16-17). Jésus est donc bien ce Roi-Messie annoncé par Isaïe dont Jean-Baptiste a préparé la venue et qui alors que Jean baptisait dans l’eau baptisera, lui, dans l’Esprit Saint et dans le feu.

Jean-Baptiste nous rappelle ici cette réalité merveilleuse : Nous avons été baptisés dans l’Esprit-Saint et dans le feu. Le jour de notre baptême, nous sommes devenus temples de l’Esprit-Saint et nous avons été brûlés du feu de ce même Esprit en vue de la mission. L’image du feu est une de celles que préfère la Bible pour nous parler de la présence mystérieuse de l’Esprit de Dieu. Certes, elle a de quoi inquiéter car le feu consume, détruit. Mais les espaces ravagés par le feu ne se révèlent-ils pas ensuite particulièrement fertiles en raison de l’enrichissement des terres par les résidus calcinés ? Nous pouvons établir ici un parallèle avec les effets du baptême où la flamme de l’amour de Dieu a commencé à consumer en nous le vieil homme pour que sur ses débris, l’homme nouveau puisse porter tout son fruit. Ce vieil homme, c’est tout ce qui en nous, n’appartient pas au Christ. C’est ce paradoxe d’un feu purificateur allié à une nouvelle fécondité, qui est suggéré dans les paroles du Baptiste lorsqu’il associe l’eau baptismale à une flamme, source d’une moisson abondante : « Moi, je vous baptise dans l’eau, pour vous amener à la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu ; il tient la pelle à vanner dans sa main, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier. Quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s’éteint pas » (Cf. Evangile)

Dieu, qui n’est qu’amour veut nous purifier par le feu de son amour jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à détruire en nous et qu’il soit notre béatitude. Les bienheureux « sont comme un feu qui court dans un chaume » nous dit le livre de la Sagesse. Purifiés par le Feu divin, ils sont devenus eux-mêmes feu, et celui-ci ne peut plus leur nuire, bien au contraire : il est leur propre vie. C’est nous qui déterminons, par notre attitude intérieure d’accueil ou de refus de la grâce, comment nous allons vivre sous ce regard d’amour qui est un feu incandescent. Il s’agit donc de consentir à la destruction en nous du vieil homme pour que puissent germer et grandir les valeurs du Royaume.

Quelles sont ces valeurs du Royaume apportées par le Seigneur et qu’il veut faire grandir en nous pour porter un fruit de vie ? Tout d’abord, l’authentique justice fondée non pas sur les apparences et l’ouï-dire mais sur la vérité : « Il ne jugera pas d’après les apparences, il ne tranchera pas d’après ce qu’il entend dire. Il jugera les petits avec justice, il tranchera avec droiture en faveur des pauvres du pays » (Cf. 1ère lecture). Ensuite, la paix véritable, œuvre du Messie, qui transforme la nature et agit sur le cœur des hommes : « Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâturage, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra, sur le trou de la vipère l’enfant étendra la main » (Cf. 1ère lecture). Cette paix rassemblera juifs et païens, et plus largement tous les hommes de toutes langues, peuples et nations, dans la louange d’un même Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ : « Ainsi, d’un même cœur, d’une même voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ » (Cf. 2ème lecture). A la paix, ajoutons l’espérance dans la persévérance et la consolation que donnent les Ecritures, où l’homme trouve tout ce que Dieu a voulu révéler pour son salut : « Tout ce que les livres saints ont dit avant nous est écrit pour nous instruire, afin que nous possédions l’espérance grâce à la persévérance et au courage que donne l’Écriture » (Cf. 2ème lecture). Enfin, une existence vécue en portant un fruit de charité, à l’image de celle de Jean-Baptiste.

C’est dans la mesure où le feu divin de l’Esprit, le feu de la passion d’amour de Dieu, viendra contrecarrer en nous le feu des passions charnelles et psychiques pour que croissent ces valeurs du Royaume que nous changerons l’atmosphère de nos familles, de nos communautés et plus largement de notre société. Nous convertir c’est consentir à cette épreuve du feu en nous. Et Jean-Baptiste nous rappelle qu’il y a urgence : « Convertissez-vous car le Royaume des cieux est tout proche ».

« Durant ce temps de l’Avent, puissions-nous nous laisser embraser par le Feu de l’Esprit pour devenir nous-mêmes dans le Christ des torches vivantes de charité, des témoins vivants de l’amour de Dieu pour tous les hommes. Ce sera la manière la plus belle et la plus efficace de préparer les chemins du Seigneur dans le cœur de ses enfants. »


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