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 - 28 janvier 2023 - Saint Thomas d’Aquin
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Homélie

10ème dimanche du temps Ordinaire.

Le thème de la miséricorde divine est au cœur de la liturgie de ce dixième dimanche du temps ordinaire. Belle coïncidence dans le prolongement de la solennité du Sacré-Cœur que nous fêtions ce vendredi !

Dans le récit évangélique de l’appel de Matthieu et du banquet au milieu des pécheurs et des publicains, cette miséricorde est exprimée de façon éminente. Matthieu, assis derrière son bureau de douane, lié à ses préoccupations financières et matérielles, a été rejoint par le regard du Seigneur qui ce jour-là est passé dans sa vie. Ce regard pénétrant l’a saisi au plus profond de son humanité. Certes, par sa profession, Matthieu ne figurait pas parmi les gens les plus recommandables. Mais, aucune ténèbre ne saurait être assez épaisse pour arrêter la lumière du Christ et faire obstacle à sa miséricorde : « Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs ».
La vocation de ce publicain, considéré par tous comme un pécheur, nous met devant l’amour incommensurable du Père qui a envoyé son Fils pour sauver le monde. En appelant Matthieu à sa suite, Jésus manifeste que la miséricorde de Dieu est infinie parce qu’avec le Père son désir que tout homme se convertisse et soit sauvé est lui aussi infini.

Toutefois, la conversion de l’homme au Père des miséricordes ne saurait être superficielle. Elle doit, en effet, s’opérer à partir des racines les plus profondes de son être. Le prophète Osée, dans la première lecture, nous le rappelle lorsqu’il exhorte le peuple à ne pas se limiter à une conversion extérieure et provisoire comme « la brume du matin, comme la rosée qui s’évapore à la première heure ».
La démarche de conversion authentique doit se révéler en fait comme l’expression d’un retournement intérieur (metanoia en grec) opéré par la grâce divine. Dieu a l’initiative de rejoindre notre humanité par delà la distance que notre péché a établie entre lui et nous.
Notre part à nous, c’est de reconnaître la gratuité du salut que Dieu nous offre en sa miséricorde. Ensuite, de croire que notre péché, aussi grave soit-il, ne saurait faire obstacle à la grâce divine, de croire que notre misère humaine ne saurait nous empêcher de porter à son terme la mission que le Seigneur nous a confiée gratuitement : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C’est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs » (Cf. Evangile). L’exemple de Matthieu est encore une fois saisissant.

La réaction des Pharisiens, lorsqu’ils voient Jésus manger avec les publicains et les pécheurs, montre qu’ils n’ont pas intégré ce mystère de la gratuité de la miséricorde divine : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Ils restent paralysés dans une conception où c’est l’homme qui doit offrir à Dieu de justes sacrifices autrement dit où c’est l’homme qui se sauve... Jésus les invite au contraire à accueillir la gratuité du don de Dieu. Ce n’est pas par des offrandes présentées à Dieu que l’homme est sauvé mais par le don gratuit de la miséricorde divine. Alors oui, nous pourrons lui offrir quelque chose, notre action de grâce et notre amour en réponse à son Amour premier : « Offre à Dieu le sacrifice d’action de grâce ! » (Cf. Psaume).

Dieu nous invite ce dimanche à un acte de foi en la puissance de sa miséricorde au cœur de notre vie aussi indigne de lui qu’elle puisse nous apparaître. La seconde lecture qui nous présente le personnage d’Abraham comme l’homme de l’obéissance dans la foi est ici riche d’enseignement. Abraham, nous rappelle saint Paul, était « pleinement convaincu que Dieu a la puissance d’accomplir ce qu’il a promis » et en raison de cette foi il a été justifié.
Nous, ce n’est pas devant une promesse que nous avons à nous situer mais devant un fait bien réel : celui de la mort et de la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ par lesquels nous avons été sauvés. Saint Paul nous fait bien noter que c’est dans la mesure de notre adhésion de foi en cette réalisation de notre salut que nous obtiendrons miséricorde.

Au cœur de la mission que le Seigneur lui a confiée, la force du chrétien se fonde sur la reconnaissance de sa faiblesse parce que lorsqu’il est faible c’est alors qu’il est fort. C’est lorsqu’il accepte sa fragilité qu’il est sûr de ne pas mettre d’obstacle à l’œuvre en lui de la grâce divine. Et cela commence par accepter d’être imparfait, pécheur… Car comment la puissance de la miséricorde divine pourrait-elle opérer dans un cœur qui refuse de voir sa médiocrité ! Comment Dieu pourrait-il faire miséricorde à celui qui estime ne pas en avoir besoin !

« Seigneur, celui qui prétend être juste devant toi ne tarde pas à se faire le juge et l’accusateur de ses frères. Donne-nous, en ce jour, de reconnaître notre péché et donc notre besoin d’être sauvés et « miséricordiés ». Que notre péché ne soit pas non plus le prétexte pour refuser la mission que tu nous confies. Mais que nous sachions nous convertir pour accepter de répondre, dans le dessaisissement le plus total de nous-mêmes, à l’appel que tu nous adresses. Seigneur, merci pour la gratuité de ta miséricorde et de ton Amour. »


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