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 - 8 février 2023 - Saint Jean de Matha
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Homélie

Férie du Temps Pascal

L’introduction de l’évangile commence comme une anecdote : « On célébrait à Jérusalem l’anniversaire de la dédicace du Temple. C’était l’hiver ». Il s’agit évidemment de repères temporels, historiques. La fête de dédicace fait partie des « petites fêtes », ainsi appelées parce qu’elles sont issues de l’histoire d’Israël et non des prescriptions de la Torah. La dédicace, ou hanoukkah, est aussi appelée fête des lumières ; elle se célèbre en décembre pendant huit jours. Il s’agit de commémorer la dédicace du temple lorsque Judas Maccabée le reprit des mains d’Antiochus Epiphane et le rendit au culte. Ce jour là, pour faire brûler le grand chandelier du temple, la Ménorah, il ne restait de l’huile que pour éclairer pendant une seule journée. Cependant le chandelier brûla de lui-même pendant huit jours consécutifs, le temps de consacrer l’huile nouvelle.

Mais, nous le savons également, la Bible ne s’encombre jamais de détails ni d’artifices ; chaque mot a son poids pour dire le salut. L’épisode se produit au cœur de l’hiver, c’est-à-dire que la froideur de nos cœurs et la nuit de nos incroyances s’opposent à la lumière et à la chaleur que Jésus apporte. Sa lumière brûlera pourtant d’elle-même au cœur du temple nouveau dans l’intensité de la résurrection. Jésus se déclare Fils de Dieu et nous oriente vers la joie du salut : il est, lui, la lumière du monde, celle que les ténèbres ne peuvent arrêter.

Sommé de dire clairement la vérité de son identité, Jésus ne se dérobe pas et se place nettement au centre de son discours : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main ». Les pronoms et les possessifs à la première personne se suivent et s’ajoutent pour contraindre nos regards à entrer dans le mystère de sa personne. Telle est la lumière dont Jésus veut éclairer nos vies.

En parlant ainsi de lui, Jésus dévoile en effet le Père. Ce que Jésus donne à ses brebis, c’est la vie éternelle, c’est-à-dire une vie telle qu’elle n’inclut en aucune manière la mort. « Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront ». Jésus donne la vie et il la donne au présent de l’indicatif, il donne maintenant à ses disciples de vivre de la vie éternelle. Y a-t-il un don plus grand et plus précieux ? Or, le Père, que Jésus présente comme celui qui donne, est aussi celui qui est plus grand que tout, c’est-à-dire le seul qui peut donner ce qui est plus grand que tout. Jésus et le Père ont ceci de commun d’être celui qui donne, celui qui donne ce qu’il y a de plus grand.

Jésus est encore celui qui ne peut être dépossédé : « personne ne les arrachera de ma main ». De même le Père : « personne ne peut rien arracher de la main du Père ». Ces deux versets sont parallèles, mais ils ne sont pas sans différence. Pour Jésus, le futur est de mise, pour le Père, le présent convient. C’est qu’à l’heure où parle Jésus, il y a encore l’hiver de la Passion à traverser. Mais aujourd’hui que nous lisons ce texte dans la lumière de la résurrection, nous savons que sa victoire est complète, que la citadelle imprenable de sa miséricorde protège à jamais les pécheurs qui se confient à lui.

Ainsi Jésus est le Messie, il est le Fils de Dieu. Il peut le dire en vérité : « le Père et moi nous sommes UN ». S’il consent à parler ainsi de lui-même, c’est pour nous donner à contempler l’unité entre le Père et le Fils. S’il emploie la première personne, c’est pour mieux dévoiler comment le Père est la source de tout don, de la vie éternelle. Au final, Jésus exalte simplement la seigneurie du Père, il dévoile son admiration pour celui pour qui rien n’est impossible, pour celui qui est « plus grand que tout ». Il est le Dieu véritable, le Seigneur du Ciel et de la Terre, il est notre Père.

Entrons dans l’émerveillement du Fils Unique pour son Père, rendons grâce au Dieu unique, Père et Fils unis par le lien de l’Esprit : c’est de lui que nous tenons la vie éternelle, c’est de lui que vient le pardon qui nous sauve, c’est lui notre avenir. Existe-t-il un don qui soit plus grand ?


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