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 - 8 février 2023 - Saint Jean de Matha
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Homélie

Ascension

Il se dégage de cette liturgie de l’ascension une grande paix et une force paisible : « c’est la force même, le pouvoir, la vigueur, que le Père a mis en œuvre dans le Christ quand il l’a ressuscité d’entre les morts et qu’il l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux » (2nd lect.). L’Eglise perçoit clairement que si son Seigneur est monté au ciel, il ne l’a pas pour autant laissée orpheline (cf. Jn 14,18) : l’onction de sa Pâques repose sur elle tout au long de son pèlerinage, comme la nuée couvrait le peuple au désert. Jésus n’est-il pas « la tête de l’Eglise qui est son corps » ? Comment la bénédiction qui repose sur la tête ne descendrait-elle pas sur le corps tout entier ? C’est cette relation intime entre le Christ et l’Eglise qu’entrevoyait le Psalmiste lorsqu’il méditait : « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ! On dirait un baume précieux, un parfum sur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe d’Aaron, qui descend sur le bord de son vêtement. On dirait la rosée de l’Hermon qui descend sur les collines de Sion. C’est là que le Seigneur envoie la bénédiction, la vie pour toujours » (Ps 132[133]).
Jésus a pleinement accompli sa promesse : « Vous allez recevoir une force, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous ». Il ne s’agit pas d’une autre force que celle par laquelle il a lui-même triomphé de la mort : c’est bien le même « Esprit de vérité, qui procède du Père » (cf. Jn 15,26) qui nous est donné. Il a rendu témoignage en faveur de Jésus en le ressuscitant d’entre les morts, et nous aussi nous rendrons témoignage dans ce même Esprit qui nous guidera vers la vérité toute entière (cf. Jn 16,13).
En entendant ces paroles sur la montagne de nos rassemblements eucharistiques ou Jésus nous a ordonné de nous rendre, certes nous nous prosternons devant sa présence que nous discernons dans la foi ; mais reconnaissons humblement que « certains d’entre nous ont des doutes » quant à l’avenir de l’Eglise dans le monde de notre temps. Combien de nos contemporains se soucient du Christ et de son message ? Avec le Psalmiste nous gémissons : « Chaque jour nous entendons dire : “Où est-il ton Dieu ? » (Ps 41, 4.11). Et nous avons du mal à cacher notre scepticisme quant aux chances de succès d’une nouvelle évangélisation, dans une société qui s’est façonné ses propres idoles.
C’est pourquoi la liturgie de ce jour nous invite à lire plus loin le psaume cité, et à nous revêtir des sentiments de l’hagiographe qui se ressaisit vigoureusement : « Pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi ? Espère en Dieu ! De nouveau je rendrai grâce : il est mon sauveur et mon Dieu ! » (Ps 41, 12). Certes à vue humaine nos efforts sont vains ; mais fortifions-nous dans la foi : Dieu « a établi le Christ au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom, aussi bien dans le monde présent que dans le monde à venir. Il lui a tout soumis et il l’a placé plus haut que tout » (2nd lect.). Et puisque « l’Eglise est l’accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude » (Ibid.), nous n’avons pas le droit de garder pour nous les trésors de grâce que Dieu destine à ses enfants. Nous le croyons en effet, dès à présent, même si cela ne paraît pas encore, « Dieu est le roi de la terre : il règne sur les païens, il est assis sur son trône sacré » (Ps 46), d’où il viendra juger les vivants et les morts. Car ce « Jésus, qui a été élevé du milieu de nous, reviendra de la même manière que les apôtres l’ont vu s’en aller vers le ciel » (1ère lect.). Ce jour là nous goûterons dans une jubilation sans fin, « la puissance infinie que le Seigneur déploiera pour nous les croyants », et nous entrerons dans « la gloire sans prix de l’héritage que nous partagerons avec tous les saints » (2nd lect.).
Prenons donc courage, ouvrons nos cœurs à la lumière de l’Esprit de sagesse : qu’il nous renouvelle dans la vertu d’espérance afin que nous puissions découvrir et connaître vraiment celui qui demeure au milieu de nous. Que la Parole toute puissante qu’il nous adresse en ce jour, chasse les ombres du doute et nous redonne une sainte assurance, dans la certitude que nous partageons dès à présent - dans la mesure de notre foi - le pouvoir qu’il détient au ciel et sur la terre. Nous pourrons alors répondre joyeusement à son appel, dans la certitude qu’« il est avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ».

« Seigneur Jésus, ne permet pas que je me dérobe aux exigences de cette Parole ; que je l’entende comme une douce utopie, un discours religieux me parlant d’un autre monde ; une interpellation qui vaut seulement le temps de la célébration liturgique, et que je me hâte d’oublier en quittant l’assemblée. “Car le Seigneur est réellement le Très-Haut, le redoutable, le grand roi sur toute la terre” (Ps 46), celui à qui nous aurons à rendre compte de la manière dont nous aurons fait fructifier ses dons. Ne soyons pas de ceux qui “fixent le ciel où Jésus s’en est allé”, et que les Anges doivent ramener à la réalité en leur rappelant la mission que le Seigneur leur a confiée. Mais fort de l’espérance que nous donne son appel, et revêtu de l’onction de l’Esprit, puissions-nous ne pas faire mentir la prophétie prononcée par notre Maître bien-aimé : “Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre”. »


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