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 - 6 février 2023 - Sainte Dorothée
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Homélie

vendredi, 9ème semaine du temps ordinaire

L’enjeu du débat ouvert par Jésus est encore et toujours celui de son origine. En rapprochant différents passages de l’Ecriture à la manière rabbinique, il veut mettre ses auditeurs sur le chemin de la découverte de son identité. Il n’est pas question pour Jésus de mettre en doute l’ascendance davidique du Messie : les prophètes sont unanimes sur ce point. Mais Notre-Seigneur veut montrer que cette information ne suffit pas pour définir l’identité du Messie, puisque David lui-même en parle dans des termes qui suggèrent tout au contraire une origine divine. Le terme « Seigneur » traduit en effet le tétragramme sacré ; ce titre ne peut donc être attribué qu’à Dieu et à lui seul. Or le psaume 109 met en scène un dialogue dans lequel Dieu - « le Seigneur » - s’adresse au Messie, que David désigne par le vocable « Seigneur », suggérant ainsi qu’il participe à la seigneurie divine - ce que confirme l’invitation à « siéger à la droite » du Très-Haut, c’est-à-dire à participer à sa toute-puissance.
Jésus se contente de poser les termes de l’aporie ; il ne la résout pas. A chacun des auditeurs, comme à chacun de nous, de laisser les propositions apparemment contradictoires « travailler » notre cœur, jusqu’à ce que la lumière jaillisse et que nos yeux s’ouvrent au Mystère. Aussi longtemps que leur Maître marchait avec eux sur les routes de Galilée, les disciples ont laissé la question ouverte : ils pressentaient bien que la messianité de Jésus dépassait les attentes traditionnelles, mais comment affirmer sa seigneurie sans blasphémer ? Ce sera d’ailleurs le motif de sa condamnation. L’interrogeant sur son identité, le grand prêtre demande à Jésus durant son procès : « “Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ?” Jésus lui dit : “Je le suis, et vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant, et venir parmi les nuées du ciel” » (Mc 14,62-63). En citant la vision du prophète Daniel, Jésus s’attribue également les paroles de David auxquelles il fait allusion dans l’évangile de ce jour : « Le Seigneur dit à mon Seigneur : “Siège à ma droite” ».
Ce n’est qu’au matin de Pâques, et mieux encore : à la lumière de l’Esprit de Pentecôte, que les Apôtres comprendront que « Jésus-Christ est le Seigneur » (Ph 2,11), c’est-à-dire : que leur Maître est entré corporellement dans la plénitude de la divinité. Non pas qu’il soit devenu le Seigneur par sa résurrection, mais c’est en triomphant de la mort qu’il révèle sa divinité cachée dans son humanité. L’union hypostatique - l’union de la nature divine et de la nature humaine dans l’unique Personne du Fils de Dieu fait chair - est au cœur de notre foi et au fondement de notre espérance : c’est parce que Dieu a voulu s’unir à notre humanité que nous pouvons espérer avoir part à sa divinité. Ce Mystère nourrit tous les aspects de notre foi : en Jésus Christ, c’est Dieu lui-même qui nous parle sans intermédiaire dans un langage d’homme ; l’Eucharistie nous rend participants de sa divinité parce que nous pouvons nous unir à sa chair et à son sang glorieux. En s’unissant à notre humanité, c’est-à-dire en devenant « Fils de l’homme », le Fils de Dieu jette un pont (« Pontifex ») entre ciel et terre, nous réconcilie avec Dieu, et nous ouvre le chemin de la vie (divine) : « Vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l’homme » (Jn 1,51).
Il nous faut précieusement garder ce Mystère, qui a été, qui est et qui sera battu en brèche tout au long de l’histoire. Entre les propositions religieuses qui renvoient Dieu dans une transcendance inaccessible, et celles qui identifient le divin avec les énergies immanentes de ce monde, nous avons la mission et la responsabilité de proclamer la Bonne Nouvelle d’un Dieu créateur, transcendant et personnel, qui a voulu se faire proche de nous au point de partager notre condition humaine, afin que nous puissions « devenir participants de sa nature divine » (2 P 1,4).

« “Qu’est-ce que l’homme Seigneur, pour que tu penses à lui ? Le Fils de l’homme pour que tu en prennes souci ? Pourtant tu l’as fait un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur” (Ps 8). Comment pourrions-nous te dire notre reconnaissance pour tant de bienfaits ? Tu “nous as choisis dans le Christ, avant que le monde fut créé, pour être saints et immaculés en ta présence, dans l’amour” (Ep 2). Tu as voulu que nous soyons tes fils adoptifs en Jésus ton Fils unique que tu nous as envoyé pour qu’il soit notre Rédempteur et notre Sauveur. Nous te rendons grâce à jamais, toi le seul Dieu, le Dieu juste et saint qui nous justifie dans le Christ et nous sanctifie dans l’Esprit : à toi soit la gloire pour les siècles des siècles, amen. »


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