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 - 28 janvier 2023 - Saint Thomas d’Aquin
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Homélie

mardi, 21ème semaine du temps ordinaire

Dans notre passage d’évangile, ce n’est pas l’observance de la loi que Jésus remet en cause chez les pharisiens auxquels il s’adresse. C’est le fait d’oublier que l’application des prescriptions juridiques et rituelles de loi n’est pas une fin en soi mais un moyen pour rencontrer Dieu et entrer dans la dynamique de son amour et de sa vie.

« Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous payez la dîme sur la menthe, le fenouil et le cumin, mais vous avez négligé ce qu’il y a de plus grave dans la Loi : la justice, la miséricorde et la fidélité. Voilà ce qu’il fallait pratiquer sans négliger le reste. » Cette apostrophe de Jésus met en évidence le contraste chez les scribes et les pharisiens entre leur mise en pratique scrupuleuse de la loi jusque dans les moindres détails et leur négligence à établir des relations fructueuses avec leurs semblables. Leur souci de l’observance du détail se manifeste pleinement dans leur paiement de la dîme pour des récoltes minuscules telles que celles de la menthe, du fenouil, ou du cumin. Mais ils sont négligents sur les points les plus graves de la loi : la justice, la miséricorde, la foi.

Jésus ne s’arrête pas à ce qui a peu ou beaucoup de poids au regard de la loi. Il formule à l’adresse de ces interlocuteurs une deuxième comparaison : « Guides aveugles ! Vous enlevez le moucheron avec un filtre, et vous avalez le chameau ! » Par ces propos, Jésus réaffirme le rôle de la loi. En disant les choses positives à faire, la loi sert de filtre et par là-même dit ce qu’il ne faut pas faire. Par contre, lorsque les enjeux sont plus importants, la loi ne dit pas ce qu’il faut faire mais ce qu’il ne faut pas faire (Cf. Le Décalogue). Elle libère ainsi devant l’homme un espace qu’il est appelé à remplir par la charité (concrètement par la justice, la miséricorde et la foi).

Mais chez les scribes et les pharisiens à qui s’adresse Jésus, ce qui devrait dégager l’espace pour aimer, à savoir l’observance de la loi, est devenu un trop plein d’autosatisfaction nourri de pratiques rituelles étalées au regard des autres. Ce « trop plein » dans leur cœur n’est rien d’autre que ce chameau dont parle Jésus, qu’ils gobent sans s’en rendre compte, étouffant en eux le dynamisme de la vie et du don.

Ces hommes sont véritablement aveugles sur ce qu’ils nourrissent intérieurement. L’attention excessive qu’ils accordent à la purification des coupes, qui est le reflet de la priorité qu’ils donnent à l’extérieur sur l’intérieur, en témoigne encore.
« Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous purifiez l’extérieur de la coupe et de l’assiette, mais l’intérieur est rempli de cupidité et d’intempérance ! » La cupidité c’est l’emprise exercée sur un objet, l’intempérance c’est l’avidité à jouir d’un objet dont je dispose jusqu’à m’identifier à lui. Là encore, Jésus dénonce chez ses interlocuteurs une pratique de la loi qui ne fait que les centrer sur eux-mêmes et en aucune manière ne les tourne vers Dieu, ne les convertit. Et pourtant n’est-ce pas ce à quoi devrait conduire l’observance de la loi !

« Seigneur, apprends-nous à vivre de l’intérieur ce que nos lèvres proclament et ce que nos gestes manifestent. Purifie l’intérieur de notre coupe pour que progressivement son extérieur se purifie à son tour. Convertis-nous, Seigneur. Que nous puissions t’aimer ainsi que nos frères en humanité toujours plus librement ! »


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