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 - 28 janvier 2023 - Saint Thomas d’Aquin
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Homélie

vendredi, 34ème semaine du temps ordinaire

Les textes apocalyptiques que nous avons médités cette semaine, la dernière du temps ordinaire, sont de ceux qui pourraient nous faire redouter l’avènement définitif du royaume. Or la parole de ce jour, qui évoque dans une parabole la venue de l’été, leur fait immédiatement suite et ne doit pas en être séparée. L’événement que nous attendons est donc aussi doux qu’un matin de printemps.

Il y a bien entendu une relation de simple analogie : de même que les bourgeons annoncent la venue de l’été, de même les signes que nous avons évoqués annoncent la proximité du royaume de Dieu. Mais s’il n’y avait pas, entre ces deux termes, d’autre point commun que l’annonce d’une venue, Jésus aurait tout aussi bien pu parler d’une cité assiégée qui voit venir l’armée ennemie ou d’une épidémie que l’on voit progresser de ville en ville. Or, il choisit de comparer la venue du royaume à celle de l’été, la saison de la fécondité, le temps de l’épanouissement. Le terme vers lequel nous marchons n’est donc pas la mise en péril d’un bonheur mais l’accès au plein épanouissement de la vie. Voir venir le royaume procure autant de joie que la douceur d’un matin de printemps.

Dès lors, il n’y a plus à rentrer la tête dans les épaules, en espérant courageusement que les catastrophes annoncées concernent les chrétiens d’un temps à venir et de préférence lointain. Ce que nous attendons bouleversera effectivement l’univers, mais sera une joie enfin parfaite, une espérance enfin comblée, ce sera le jour du Seigneur.

De plus, Jésus nous implique très clairement dans cette attente : « de même, vous aussi », précise-t-il, pour éviter que nous pensions à nous échapper ! Et il insiste : « Amen, je vous le dis, cette génération ne passera pas sans que tout arrive ». Nous sommes concernés parce qu’il en va du royaume comme de la résurrection. Nous sommes en effet ressuscités avec le Christ, cependant le Christ nous ressuscitera « au dernier jour ». Cette tension entre ce qui est là, ce qui est déjà donné, et ce qui vient, la promesse de la plénitude du don, est celle où nous vivons. Il ne s’agit pas d’un casse-tête mais d’une grâce merveilleuse de pouvoir déjà vivre des biens du monde à venir. Or, cela n’est possible que dans l’Esprit-Saint. La génération dont parle Jésus, celle qui verra le jour du retour définitif du Seigneur, est donc celle qui est née au jour de la Pentecôte, elle est l’Église.

Nous sommes donc bien cette génération, gratifiée de l’Esprit de Dieu, liée au Christ par le baptême, la génération pour qui « tout » doit arriver. La vie, le cœur, le monde de chaque croyant est effectivement ébranlé depuis le jour où il a reçu l’évangile de vérité, depuis l’instant où il a choisi le Christ.

La liturgie nous donne de prendre conscience du temps où nous vivons. Nous quittons une année liturgique, un peu comme nous devons chaque jour quitter le monde où nous vivons, et nous nous apprêtons à entrer dans une année nouvelle, nous nous apprêtons à célébrer la venue du Seigneur dans notre monde, car il est l’Emmanuel, Dieu parmi nous. Entre ces deux mystères, se tient le mystère de la vie filiale vécue au quotidien, l’exigence où nous sommes de ne pas nous installer et d’accueillir dans nos vies le Seigneur qui se présente en vainqueur.

Donne-nous Seigneur Jésus de découvrir la richesse et la douceur de ces temps qui sont les derniers. Ravive en nous la joie de faire partie de cette génération qui attend ton retour. Permets-nous de nous montrer dignes de la grâce que tu nous fais, en évaluant notre vie et notre monde à la mesure de ta Parole. Car nous le croyons fermement : « le ciel et la terre passeront, tes paroles ne passeront pas ».


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