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 - 30 janvier 2023 - Sainte Martine
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Homélie

Saint Paul Miki et ses compagnons, martyrs

Comme nous avons déjà eu plusieurs fois l’occasion de commenter ce passage, nous allons plutôt le situer dans son contexte, qui est riche d’enseignements.
Le second Évangile est le plus court des quatre ; il est aussi le plus sobre. Or voilà que Saint Marc consacre pas moins de 16 versets à un récit où n’interviennent ni Jésus, ni ses disciples ! Ces derniers viennent d’être envoyés en mission ; quant à Jésus, il n’en est question qu’au début de la péricope, pour introduire le flash-back sur l’exécution du Baptiste. A moins qu’il ne soit question indirectement aussi bien de Notre-Seigneur que des disciples à travers le sort qui est réservé au Précurseur ?
Au cœur de l’intrigue se situe le personnage d’Hérodiade : c’est elle qui suscite le débat autour de Jean ; on peut supposer que connaissant la faiblesse de son mari en la matière, c’est elle encore qui a pris l’initiative de faire danser sa fille - une princesse ne dansait pas devant des convives - pour tendre un piège à Hérode ; c’est elle enfin qui suggère à la jeune fille de réclamer en récompense de sa prestation, la tête du Baptiste.
Le soi-disant « Roi » - qui n’est en fait que Tétrarque - n’est qu’un sous-fifre, une marionnette entre les mains de son épouse illégitime ; la fille n’est qu’un objet de convoitise pour Hérode et un moyen pour assouvir sa vengeance aux yeux de sa mère ; le Baptiste n’est qu’un gêneur dont il faut définitivement fermer la bouche. Rien d’humain dans tout cela : tout au long du récit, les acteurs sont esclaves de leurs passions : de la jalousie à la haine meurtrière en passant par la concupiscence. Si au début du récit Hérode garde une certaine ouverture à la lumière - il « aimait entendre Jean » et « le protégeait » - sa conscience succomba au vin et à la passion luxurieuse : ce roitelet ridicule perd le sens en contemplant la fille de son épouse, au point de s’engager à la légère devant ses courtisans.
Le comportement d’Hérode annonce en fait l’attitude d’un autre représentant du pouvoir, Pilate, engagé malgré lui dans un procès qui s’ouvrira bientôt. De part et d’autre, l’inculpé est traîné devant le tribunal en raison de jalousies. Pilate en est conscient et tente de défendre Jésus ; mais devant la pression du Grand Prêtre et de son entourage, il ne veut pas prendre parti en faveur de l’Innocent. Il tente alors de sauver l’inculpé en se référant à la tradition qui voulait que l’on relâche un prisonnier pour la Pâque, mais la faveur accordée à l’occasion d’une fête se retourne contre lui : la foule préfère Barabbas à Jésus. Pour ne pas perdre la face et ne pas être discrédité auprès de l’Empereur, il préfère livrer le Prisonnier entre les mains de ses accusateurs, et laver les siennes en signe de désapprobation.
Poursuivant le parallélisme, comment ne pas remarquer que dans les deux cas, la trahison a lieu au cours d’un repas : celle de Judas au cours de la dernière Cène, celle de Jean Baptiste au cours d’un banquet royal ? Dans le premier, Notre-Seigneur se donne lui-même en nourriture ; dans le second, la tête du Précurseur est apportée sur un plat…
L’évangéliste voudrait-il donc nous dire que le pouvoir de ce monde est corrompu parce qu’il est dominé par les passions ? Que les Rois - Marc est le seul évangéliste à donner ce titre à Hérode -, alors même qu’ils croient disposer du droit de vie et de mort sur leurs sujets, sont en fait livrés au pouvoir du Prince de ce monde qui les dirige invisiblement, les conduisant à leur perte ?
Il est significatif que l’Évangile se poursuive par le récit d’un autre repas, au cours duquel Notre-Seigneur va préfigurer l’Eucharistie en multipliant les pains. Ce repas sera suivi de l’épisode de la marche de Jésus sur la mer, symbolisant sa victoire sur la mort. Le rapprochement des deux péricopes nous permet d’étendre aux disciples venus enterrer le corps du Baptiste, l’exhortation adressée par Jésus aux apôtres : « “Confiance ! C’est moi ; n’ayez pas peur !” “J’ai vaincu le monde” (Jn 16,33) ; je suis le seul véritable Roi : le “Roi des rois et le Seigneur des Seigneurs” (Ap 19,16).

« Seigneur donne-nous de lire les événements de notre vie à la lumière de ta présence à nos côtés, afin que nous ne cédions ni à la tentation du découragement, ni à celle de devenir complice des forces du mal ; mais que nous puissions poursuivre paisiblement notre route sur le chemin de l’Évangile, sûrs que tu es “avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde” (Mt 28,20). »


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