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 - 28 janvier 2023 - Saint Thomas d’Aquin
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Homélie

Férie de Carême

La structure de cette péricope est complexe ; nous proposons comme angle d’approche, une interprétation symbolique des déplacements effectués par les divers acteurs. La première partie traite en effet d’un voyage géographique - de Galilée à Jérusalem - entrepris pas de nombreux personnages ; dans la seconde, il n’est question que de Jésus, et d’un mouvement à partir de ses origines, connues ou inconnues.
Si nous remontons aux premiers versets du chapitre dont est extrait notre passage, nous découvrons que les membres du clan familial exhortent Jésus à se « manifester au monde » à l’occasion de la fête qui rassemblera des foules de pèlerins à Jérusalem. Cependant l’évangéliste précise que leur intention n’est pas droite car « ils ne croyaient pas en lui ». On peut dès lors supposer qu’ils incitent leur cousin à accomplir quelques prodiges, dans l’espoir que sa renommée rejaillisse sur eux. Jésus se dissocie de leur projet et ne les accompagne pas « à cette fête ». Ce n’est que plus tard qu’il se rendra, seul, dans la ville sainte, « sans se faire voir, presque secrètement ».
Tout en parcourant le même trajet géographique et en se rendant dans le même lieu que ses cousins, Jésus n’effectue pourtant pas le même parcours. Il semblerait que deux mondes se superposent, avec leur logique et leur finalité propres. L’un visible, dominé par la vaine gloire humaine, et dont l’évangéliste traduit l’agitation et la confusion par des va et vient et des questions contradictoires qui s’entremêlent ; l’autre, invisible, silencieux, orienté vers la gloire de Dieu seul, et que Jésus tente – en vain – de révéler à ceux qui cheminent dans le trouble.
Cette opposition nous achemine vers la seconde partie, centrée sur la question des origines de Jésus. Les habitants de Jérusalem sont perplexes : vu les prétentions qu’il affiche, Jésus est soit un blasphémateur, soit le Messie. Les chefs religieux avaient opté pour la première solution puisqu’ils avaient décidé sa mort. Le fait que Jésus enseigne librement dans le Temple, semble indiquer qu’ils aient changé d’avis. Mais comment peuvent-ils reconnaître Jésus comme Messie, alors qu’il ne remplit pas une des conditions requises, à savoir une origine mystérieuse ?
Essayons d’expliciter le déplacement auquel Jésus invite son auditoire. Le Messie est nécessairement un fils d’Israël habitant la Terre Sainte : on sait donc fort bien « d’où il sera ». Cependant, l’appartenance au peuple élu est condition nécessaire mais non suffisante : le Messie est avant tout l’Elu de Dieu. La messianité relève d’une libre initiative divine et consiste en une relation particulière, unique avec le Très-Haut. C’est en ce sens que « personne ne saura d’où il est » ; lui seul pourra révéler son origine, et celle-ci ne sera accessible que dans la foi.
L’appartenance de Jésus à l’Israël de Dieu est vérifiable par chacun ; mais son origine divine demeure mystérieuse : elle relève du « croire », de la foi en sa Parole et en ses œuvres. De même que le pèlerinage au Temple de Jérusalem est vain s’il n’exprime pas un mouvement intérieur vers Dieu ; de même la rencontre avec le Christ est vaine si elle n’achemine pas vers une célébration de la présence de Dieu en lui, reconnue dans la foi.
Tout au long de ces quinze jours qui nous séparent de Pâque, l’Evangile de Jean va nous provoquer quotidiennement à nous situer dans le grand procès intenté à Notre Seigneur - et qui perdure toujours. Que l’Esprit Saint nous donne de discerner le Verbe, la Parole de vérité, et de lui emboîter résolument le pas, nous mettant en route à sa suite pour le grand pèlerinage qui nous ramène dans la Maison du Père.


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