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 - 28 janvier 2023 - Saint Thomas d’Aquin
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Homélie

13ème dimanche du temps Ordinaire.

Choisir le Christ change tout dans une vie. Qui veut mettre ses pas dans les siens s’engage à se laisser totalement renouveler. Choisir le Christ implique des ruptures, des morts, pour posséder la vie véritable, la vie éternelle. Pourquoi une telle radicalité ? Parce que Jésus est lui-même, en personne, la radicale nouveauté qu’il est venu nous apporter : « Je suis la résurrection. Qui croit en moi, même s’il meurt vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais » (Cf. Jn 11,25-26) ; « Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera plus dans les ténèbres mais aura la lumière de la vie » (Cf. Jn 8,12).

Choisir le Christ c’est ne plus faire qu’un avec lui. C’est donc entrer délibérément dans le dynamisme de toute sa personne manifesté pleinement dans sa mort et sa résurrection. Mais pour ressusciter avec lui, il faut d’abord mourir à ce qui en nous nous détourne de lui à savoir notre égoïsme, notre péché qui en nous tournant vers nous-mêmes nous empêche d’entrer dans la dynamique divine du don : « Qui veut garder sa vie pour soi la perdra ; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera » (Cf. Evangile). Pour accéder à la résurrection, il s’agit de passer avec le Christ à travers la mort : « Perdre sa vie pour la trouver ». Il n’y a pas d’autre chemin.

Mais il ne s’agit pas de mourir pour mourir. Jésus ne nous invite pas à un dolorisme mortifère. Il s’agit de perdre sa vie à cause de lui, autrement dit, il s’agit de risquer sa vie sur la personne même de Jésus-Christ, non pas dans un volontarisme orgueilleux ou dans un acte de désespoir fataliste mais dans une humilité profonde qui consent à recevoir sa vie d’un Autre. Voilà ce que signifie « perdre sa vie » : non pas récuser ce que Dieu nous donne d’être mais accepter de le recevoir chaque jour comme un don de sa part.

Accepter de recevoir toute chose du Christ, c’est le mettre à la première place en chacune de nos vies. C’est bien ce que Jésus veut signifier dans l’évangile lorsqu’il dit : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ». Jésus ne nous demande pas de renoncer à nos affections naturelles mais il nous invite à les laisser habiter par sa présence que l’on aura en chacune d’elles portée au devant, que l’on aura (littéralement) pré-férer. C’est à cette seule condition qu’elles pourront recevoir une véritable fécondité. En effet, la grâce ne supprime pas la nature mais elle l’accomplit c’est-à-dire qu’elle lui donne de pouvoir déployer toutes ses potentialités de façon transfigurée en vue de Dieu.

Certes, cela est crucifiant pour notre moi toujours en quête de reconnaissance, de satisfaction, et Jésus est clair là-dessus : « Celui qui ne prend pas sa croix n’est pas digne de moi » (Cf. Evangile). Mais, ce chemin de croix qui traverse ce qu’il y a de plus stérile en nous contient une promesse de vie et de fécondité… L’enjeu est ici de reconnaître que tout germe de vie nous vient du Christ, en particulier celui de l’amour. C’est bien ce que nous rappelle la première lecture au travers de la femme sunamite, stérile et mariée à un homme âgé, à qui Dieu donne de porter la vie en son sein.
Cette femme a accueilli au cœur de sa stérilité le prophète Elysée, l’« envoyé de Dieu », autrement dit Dieu lui-même. Elle lui a ainsi accordé la première place. Dans son incapacité à donner la vie, elle a sans doute vécu la plus forte expérience de dépossession qui soit pour une femme… Mais en permettant à Dieu de la rejoindre au cœur de son impuissance, elle reçoit de lui le don de la vie. D’une certaine manière, elle est passée de la mort à la vie, annonçant déjà ce que le Christ, le véritable « Envoyé du Père » accomplirait dans sa mort et sa résurrection.

Mourir pour ressusciter en Christ à une vie nouvelle est le propre de ce qui s’opère dans le baptême qui nous constitue comme chrétien. Saint Paul, dans la deuxième lecture de ce dimanche nous le rappelle : « Si, par le baptême dans sa mort ; nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts ». Depuis le jour de notre baptême, nous avons en nous cette fabuleuse faculté de choisir la vie véritable en vivant sous la conduite de l’Esprit Saint : « Vivez sous la conduite de l’Esprit de Dieu et vous n’obéirez pas aux tendances égoïstes de la chair. » (Ga 5,16)

« Seigneur, que ton Esprit Saint reçu au jour de notre baptême nous aide à entrer dans la dynamique du don qui, par le service de la charité, nous fera mourir à tout ce qui est pesanteur en nous pour mieux nous laisser élever par ta grâce. Apprends-nous à recevoir de toi la vie véritable qui donnera à notre existence la couleur de l’éternité et la fécondera pour qu’elle puisse porter un fruit qui demeure. »


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