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 - 28 janvier 2023 - Saint Thomas d’Aquin
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Homélie

Saint Boniface, évêque et martyr

Scribes, prêtres, sadducéens, pharisiens et même hérodiens se sont succédés auprès de Jésus pour le mettre à l’épreuve, épiant ses moindres paroles pour y trouver un motif d’accusation, mais en vain ; aussi « personne n’osait plus l’interroger » (12, 34). Profitant de ces instants de répit, Notre-Seigneur reprend son enseignement dans le Temple. La foule a été témoin des passes d’armes entre les chefs religieux et le Rabbi Yeshua et ne sait plus trop dans quel camp se situer. Elle pressent la nouveauté du message de Jésus, mais demeure attachée aux enseignements traditionnels. Devant la perplexité de son auditoire, Notre-Seigneur va essayer de leur faire pressentir que sans être faux, l’enseignement des scribes demeure cependant incomplet ; qu’il nécessite un complément ; qu’il doit s’ouvrir à un accomplissement, sous peine de tomber dans la contradiction interne.
« Comment les scribes peuvent-ils dire… ? » : la tournure de la phrase ne laisse aucun doute : la forme interrogative suggère non seulement de l’étonnement, mais aussi du scepticisme, voire une pointe de contestation. L’affirmation mise en cause concerne le Messie, que la Tradition situe dans la lignée de David en s’appuyant sur la prophétie de Nathan (2 Sam 7, 11-16). Jésus ne récuse pas cette interprétation : on imagine mal Notre-Seigneur contester la Parole de Dieu ! Nous en voulons pour preuve qu’il ne corrigera pas l’aveugle Bar Timée lorsque celui-ci l’appellera « Fils de David » (10, 48) ; pas plus qu’il ne fera taire la foule lorsqu’elle criera : « Béni soit le Règne qui vient, celui de notre père David ! » (11, 10). La pédagogie du Seigneur consiste à provoquer ses interlocuteurs à la réflexion, en opposant à cette conception traditionnelle - fondée dans les Écritures - un autre passage inspiré qui semble incompatible avec le premier. Jésus cite en effet le psaume 109 (110) - psaume messianique traditionnellement attribué à David – dans lequel celui-ci nomme le Messie « son Seigneur ». Comment le Messie peut-il être à la fois son fils et son Seigneur ?
En argumentant ainsi, Jésus pose les termes d’une aporie : ces deux affirmations - le Messie fils et Seigneur de David - jouissent toutes les deux de l’inerrance en raison de leur caractère inspiré ; pourtant elles semblent contradictoires. Nous sommes donc obligés de nous élever à un niveau supérieur, afin de trouver une synthèse plus englobante, dans laquelle les deux propositions soient vérifiées. Jésus ne fait pas le travail à notre place : il énonce clairement les termes de l’aporie, et se contente de poser une question pour orienter notre recherche : « D’où vient qu’il (le Messie-Seigneur) est également son fils (de David) ? » Le « comment » de l’étonnement initial qui a mis en route notre réflexion, est devenu « d’où », suggérant que la solution est à chercher du côté d’un lieu d’origine : « d’où vient ? » La réponse ne peut être que « de Dieu » puisque lui seul est Seigneur et peut donner part à sa seigneurie. Mais alors s’il vient de Dieu, comment le Messie peut-il s’inscrire dans la lignée de David ? La question reste pour le moment sans réponse, du moins pour la foule nombreuse qui écoute Jésus. Nous pressentons que nous nous acheminons vers le mystère de l’Incarnation, auquel saint Marc ne fait pas allusion au début de son Évangile. Il faudra attendre la pleine manifestation de la seigneurie du Christ au matin de Pâques, pour que nous puissions reconnaître que le Fils unique de Dieu s’était incarné non par la volonté d’un homme, mais par l’action de l’Esprit dans le sein de la Vierge Marie, donnée pour épouse à Joseph, de la maison de David (Mt 1,20).

« Seigneur, que de contestations s’élèvent de nos jours contre ton origine divine ! Chacun te réduit à un simple homme, incarnant ses propres idéaux : humaniste, libéral, révolutionnaire, poète, moraliste, homme politique de gauche ou de droite, hippie ou écologiste, mage ou chamane… Ne permets pas que ces voix discordantes nous troublent ; que l’Esprit Saint nous porte sur ses ailes et nous fasse accéder à l’intuition du Mystère de ton incarnation, par laquelle tu nous “rends participants de ta nature divine” (2 P 1,4) en partageant notre condition humaine. »


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