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 - 31 janvier 2023 - Saint Jean Bosco
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Homélie

mardi, 11ème semaine du temps ordinaire

La logique du Royaume est décidément implacable. Hier nous étions invités à déposer les armes et à renoncer à nous faire justice nous-mêmes. Approfondissant son propos, Jésus précise aujourd’hui que cette non-violence n’est que l’aspect négatif ou passif d’une vertu éminemment positive et active : l’amour.
Ne pas se venger de son ennemi est déjà une preuve de force ; lui pardonner peut parfois relever de l’héroïsme ; mais l’aimer… n’est-ce pas trop nous en demander ? Et n’est-ce pas trop en donner à celui qui n’est pas digne de notre estime ?
Hier nous suggérions que la seule manière d’entrer dans les exigences du Sermon sur la Montagne, était de nous placer résolument dans le dynamisme de la vertu (théologale) d’espérance, c’est-à-dire d’épouser le regard de Dieu sur les personnes et les événements. C’est parce que notre Père des cieux persiste à reconnaître des fils dans les mécréants que nous sommes, qu’il « fait lever chaque jour son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes ». De même : ce n’est pas à cause du mal que mon ennemi a commis contre moi dans le passé, ni en raison de son attitude hostile actuelle, que je peux décider de convertir mon regard sur lui, mais seulement eu égard à la révélation du dessein de Dieu sur tout homme - y compris mon ennemi ; c’est-à-dire à son avenir dans le plan divin du salut. L’espérance consiste à discerner les signes annonciateurs du Royaume au creux des situations en apparence désespérées, et au fond des cœurs les plus enténébrés. Nous croyons de foi certaine que Jésus a allumé sur terre le Feu de l’Esprit ; l’espérance nous fait chercher et trouver sa trace dans la nuit de ce monde ; et la charité fait de nous des coopérateurs du Seigneur pour l’extension de son Règne. Ces trois vertus théologales - la foi, l’espérance et la charité - sont des dons de Dieu qui nous rendent participants de la vie de l’Esprit du Christ dans son Église. Ce n’est donc pas en mon nom - c’est-à-dire en vertu de mes propres capacités naturelles - que je peux répondre aux exigences du Sermon sur la Montagne, mais uniquement au nom de Jésus - c’est-à-dire en vertu de la participation à son Esprit. Les antithèses qui rythment le discours de Notre-Seigneur marquent précisément ce clivage : « Vous avez appris qu’il a été dit… » - voilà pour le langage de l’homme naturel ; « et bien moi, je vous dis… » - suit la description du comportement de l’homme nouveau, c’est-à-dire de l’homme qui a accepté de se laisser renouveler par la grâce.
Si nous nous contentons d’agir selon les élans de notre nature, notre récompense sera de ce monde. Pour le dire autrement : nos actions simplement naturelles ne peuvent porter que des fruits terrestres, qui ne nous différencient pas des autres hommes ne connaissant pas Dieu et n’ayant pas reçu la révélation de son Christ. Mais si nous consentons à répondre à l’appel de Jésus, et si nous accueillons sa grâce, c’est lui le Seigneur qui nous enseignera jour après jour comment vivre en citoyens du Royaume, c’est-à-dire en fils et filles de Dieu notre Père. Comment pourrions-nous prétendre à la perfection divine comme Jésus nous l’ordonne, si ce n’est en « renaissant, non pas d’une semence périssable, mais d’une semence impérissable : la Parole vivante de Dieu qui demeure » (1 P 1,23) ? Seul l’homme régénéré, enraciné dans la foi, marchant dans l’espérance, et vivant de l’Esprit de charité, est vraiment utile à ses frères. Même si les fruits de ses actions restent cachés, ses œuvres sont fécondes et demeurent pour l’éternité, parce que c’est Dieu lui-même qui les accomplit en lui.

« Seigneur nous confessons ta générosité à notre égard : “toi qui es riche, tu es devenu pauvre à cause de nous, pour que nous devenions riches par ta pauvreté” (1ère lect.). Tu nous as comblés en surabondance de tes dons : “la foi, la Parole, et la connaissance de Dieu” (Ibid.). Ne permets pas que nous contristions l’Esprit Saint (cf. Ep 4,30) en résistant à tes appels et à l’action de la grâce, mais donne-nous d’avancer généreusement sur le chemin de l’Évangile en aimant nos ennemis d’un amour sincère, en priant avec ardeur pour ceux qui nous persécutent, “afin d’être vraiment les fils” de ton Père et notre Père, de ton Dieu et notre Dieu (cf. Jn 20,17). »


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