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 - 31 janvier 2023 - Saint Jean Bosco
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Homélie

lundi, 17ème semaine du temps ordinaire

Le grain de moutarde a une qualité originale, nous le savons bien : il est si petit qu’on dirait un grain de poussière. Cette qualité en dit beaucoup sur le Royaume. Mais il y a plus : Jésus ne nous dit pas que le Royaume est comparable à une graine de moutarde, mais à une graine de moutarde qu’un homme a semé dans son champ. Si l’arbre devient si grand qu’il peut abriter les oiseaux du ciel, c’est parce qu’un homme l’a placé dans la terre.

De même, le levain est un ferment microscopique qui fait lever la pâte tout entière, mais il n’est pas à lui seul une image du Royaume. C’est de levain enfoui dans la pâte par une femme que nous parle Jésus.

Ainsi la fragilité de la graine et du ferment vont de pair avec l’action de l’homme. Jésus développe donc le thème présenté la semaine dernière dans la parabole du semeur. Pour qu’elle porte les fruits qui manifestent les enfants de Dieu, la Parole de Dieu doit d’abord être accueillie dans le cœur des hommes, elle qui se présente sous les aspects les plus fragiles et qui peine à se faire entendre dans le vacarme du monde. Si l’homme prend la peine, s’il travaille à rendre son cœur disponible, la Parole produit dans sa vie des fruits insoupçonnés, aussi visibles et magnifiques qu’un bel arbre où s’abritent les oiseaux, que du pain qui nourrit toute une famille.

Mais la vertu de la parole de Jésus est aussi de renverser notre système de valeur. Le levain est une poudre très fine qui fait lever l’ensemble de la pâte. Le plus petit grain de moutarde donne la plus grande plante. Jésus nous enseigne ainsi que le plus grand est dans le plus petit, le tout dans la partie. Le Royaume de Dieu dans le monde des hommes. Tel est le secret de la force irrépressible qui le fait grandir : le Royaume est là, au milieu de nous, présent mais caché, petitesse insoupçonnée mais grandeur infinie.

Voilà que l’urgence de notre conversion rejoint la nécessité de la contemplation. Le Royaume fait partie de ces « choses cachées dès l’origine » dont Jésus nous parle. Elles sont cachées et le resteront. C’est bien pour cela que Jésus doit employer des paraboles pour nous en parler. Mais il nous faut chercher, laborieusement quelques fois, à les connaître. La croissance du Royaume est irrésistible, ses fruits sont abondants, mais il dépend de notre effort de le reconnaître qu’il se manifeste dans le champ de nos cœurs, dans la pâte de notre quotidien. Il ne se manifeste pas en se dévoilant : il est caché. Il se manifeste en invitant d’autres à s’étonner de cette merveille : comment une vie si humble et si insignifiante est-t-elle éblouie d’une si grande grâce ? Où ces gens qui se font appeler chrétiens, mais qui ne sont pas meilleurs que les autres, ont-ils appris à aimer jusqu’à se donner soi-même ?

La réponse apparaîtra alors, simple comme l’histoire d’un homme à ses semailles ou d’une femme à son pétrin.

L’évangile, en accueillant les paraboles de Jésus au plus intime de nos cœurs, nous invite aujourd’hui à laisser nos vies devenir paraboles du Royaume pour nos frères.


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