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 - 28 janvier 2023 - Saint Thomas d’Aquin
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Homélie

lundi, 18ème semaine du temps ordinaire

Le cadre que dresse saint Matthieu ne laisse pas beaucoup d’ambiguïté : nous sommes dans une situation extrême. Le soir est venu. Plus que le déclin du jour, cette précision marque la fin d’une époque, la fin d’un règne. En outre, la scène se produit dans un lieu désert, c’est-à-dire loin de tout secours, dans l’isolement, le manque total de ressources. Voilà bien qui évoque ce que nous pensons de nos vies les jours où le fardeau du quotidien se fait pesant, les soirs où par notre travail sur nous-mêmes nous pensions avoir mené à bien les préparatifs qui plaisent à Dieu et qui annoncent la consolation de sa présence. Ces soirs où pourtant rien ne se passe.

Peut être ces soirs là avons-nous manqué une étape.

Dans la situation extrême où Jésus se retrouve, perdu dans un endroit désert avec 5 000 hommes à nourrir (sans oublier les femmes et les enfants qui ne sont pas comptés !), il ne fait pas preuve de puissance. L’évangéliste d’ailleurs ne parle pas de multiplication des pains. Au contraire : le pain est rompu, brisé, partagé.

La lenteur de l’action montre l’importance de la préparation. Il faut prendre le temps de s’asseoir. Le temps de prendre les cinq pains et les deux poissons. Ce n’est pas grand-chose, certes, au vu de la quantité qui serait nécessaire. Mais c’est tout ce que nous avons. L’essentiel est là. Ne rien retenir. Donner sans compter et sans faire de réserve. Au risque de tout perdre. Au risque de se perdre. Lever les yeux au ciel, rendre grâce car ce que nous donnons vient de Dieu. Rompre le pain et partager. Chacun de ces petits actes du quotidien est accompagné d’une parole. La parole de notre prière. La parole de Dieu sur nos lèvres. C’est elle qui nourrit. C’est elle qui opère le miracle.

Elle, et nous. Le Seigneur donne en effet le chaînon manquant : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Le repas fantastique, en lui-même, occupe peu l’attention de saint Matthieu. « Tous mangèrent à leur faim ». Ce qui frappe, c’est que tous les préparatifs méticuleux de notre piété, Jésus les fait avec nous. Il les féconde de sa Parole. Mais s’ils portent du fruit, s’il « se passe quelque chose », c’est parce que dans la foi nous agissons conformément à cette parole. C’est le pas que Jésus demande aujourd’hui à ses disciples de franchir : quand on a tout donné, ne pas attendre la multiplication des pains, mais oser partager encore, comme si le panier n’allait jamais se vider.


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