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 - 8 février 2023 - Saint Jean de Matha
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Homélie

Saint Augustin, évêque et docteur de l’Église

L’évangile de ce jour nous présente la parabole des dix vierges. Au début du récit, même si elles sont différenciées par des qualités contraires, la sagesse et la sottise, les dix jeunes filles n’en forment pas moins un groupe uni. Leur différenciation n’entraîne aucun conflit. L’unité du groupe est d’ailleurs soulignée par le fait que toutes, dans un premier mouvement, sortent ensemble, munies de leurs lampes, à la rencontre de l’époux. Certes, les unes ont de l’huile en réserve et les autres non, mais rien dans le texte ne nous permet de penser que ces dernières auraient du s’en munir. Ajoutons enfin que face au retard de l’époux, toutes sombrent dans le sommeil.

Par contre, tout change lorsque retentit le cri de l’annonce de la venue de l’époux. Dès lors, le groupe se scinde en deux. Cette séparation va très vite se révéler irréversible. Les deux groupes désormais ne se retrouveront plus dans le même lieu et se distingueront nettement par leurs actions jusqu’à ce que, dans la finale de la parabole, les prévoyantes soient admises dans la proximité de l’époux, à l’intérieur de la salle des noces, tandis que les insensées se retrouveront à l’extérieur, séparées de lui, inconnues.

Le « je ne vous connais pas » que l’époux adresse à ces dernières ne doit pas être pris comme une condamnation, ni même comme un reproche. La transformation qui s’opère dans le récit, faisant apparaître deux sous-groupes, ne consacre pas une division morale entre de bonnes et de mauvaises vierges, ni même un conflit où les unes s’approprieraient le Royaume au dépend des autres, ni encore une quelconque condamnation des étourdies.
Si nous revenons au début de la parabole nous lisons : « il en est du Royaume comme de dix vierges… ». Le récit nous dit donc que la totalité des vierges n’aura pas de part au Royaume : cinq entreront, cinq resteront dehors. Autrement dit, la division peut s’entendre comme se réalisant dans un même sujet. Là où le Royaume advient, un partage est susceptible de s’opérer. En effet, tout ce qui en nous n’est pas orienté vers le Seigneur (littéralement in-sensé c’est-à-dire qui a perdu le sens), tous les désirs qui ne tendent pas vers lui et nous dispersent n’auront point part au Royaume.

L’amputation du groupe est donc un appel adressé aux jeunes filles qui sont dehors dans le monde, aux parties de nous-mêmes où ne brûle pas en quantité suffisante l’huile du désir de la rencontre avec l’époux, à se convertir : « veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure ».

« Seigneur tu connais la duplicité de notre cœur. Tu sais combien nous te désirons mais tu vois aussi combien nous sommes séduits par les sollicitations du monde. Unifie notre cœur, Seigneur. Arrache-nous à la dispersion de nos convoitises décevantes et fait converger en toi tous nos désirs afin que nos vies soient intégrées dans la tienne. Tout est à nous mais nous sommes à toi Seigneur Jésus-Christ et toi tu es à Dieu (Cf. 1 Co 3, 21. 23). Apprends-nous le détachement évangélique qui n’est pas indifférence aux choses de la vie mais concentration de notre attention sur ta présence qui donne à chaque événement son poids d’éternité. Alors, lorsque ton Royaume sera pleinement manifesté nous pourrons entrer dans la salle des Noces et partager le Pain de l’éternité. »


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