Homélie
lundi, 27ème semaine du temps ordinaire
« Les voyages forment la jeunesse » dit le dicton ; nous ne connaissons pas l’âge de Jonas, mais il est sur qu’il sortira non seulement formé, mais transformé de son aventure ! Dans un premier temps, il n’est que contestation : depuis quand le Dieu d’Israël s’occupe-t-il des païens ? N’a-t-il pas assez à faire avec son peuple élu ? Pas question pour Jonas de se rendre impur en allant se promener à Ninive : vous n’y pensez pas ! Aussi va-t-il se mettre au vert, le temps que Dieu revienne à de meilleurs sentiments. A Tarsis il sera tranquille : ce n’est pas en Terre Sainte, Dieu n’y viendra donc pas le chercher.
Nouvelle surprise : quand survient la tempête, le prophète - dont le catéchisme est sérieusement battu en brèche - est obligé de reconnaitre que Dieu peut agir hors des frontières d’Israël. Et sa domination semble même s’étendre sur les éléments de la nature !
Notre prophète dépité a au moins l’humilité d’avouer qu’il est la cause du malheur qui s’abat sur le navire et le courage d’en tirer les conséquences. Aux grands maux, les grands remèdes : « Jetez-moi à la mer » puisque j’ai désobéi à Dieu.
Nouvelle surprise : Dieu ne veut pas la mort du rebelle, mais qu’il se convertisse et qu’il vive ! Aussi envoie-t-il un grand poisson engloutir Jonas. Il est bien connu qu’il n’y a pas de meilleur lieu pour se remettre les idées en place que le ventre d’une baleine. Aussi après trois jours et trois nuits de retraite, Jonas est-il rejeté sur la terre ferme afin de poursuivre sa mission en faveur des Ninivites. Chemin faisant une question l’obsède : le Dieu d’Israël ne serait-il donc pas le Dieu d’un seul peuple, mais sa bienveillance s’étendrait-elle à toutes les nations, voire à tous les hommes ?
L’Evangile de ce jour nous apprend qu’en son Fils Jésus Christ, Dieu s’est fait le prochain de tout homme, et que tout homme est ainsi devenu son prochain.






12 mars 2026 -