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 - 8 février 2023 - Saint Jean de Matha
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Homélie

Saint Dominique,

Tout juif de plus de vingt ans, était tenu de s’acquitter de la dette de deux drachmes pour l’administration du Temple.
A la question qui lui est posée, Pierre répond spontanément : « Le Maître est en règle ». Il a parlé sans réfléchir, dans une sorte de réflexe instinctif que nous connaissons bien lorsque nous sommes confrontés aux représentants de la loi : « Je suis en ordre ! ».
Jésus n’assiste pas à la scène : le récit suggère que Pierre fut pris à l’écart par les percepteurs. Mais lorsque l’apôtre « entre dans la maison », Jésus prend l’initiative de l’interroger avant même qu’il n’ait eu le temps de rendre compte de sa rencontre.
Délicatement, le Seigneur amène Pierre à réfléchir : il pose sa question de manière à lui faire prendre conscience du statut particulier de celui dont il s’est porté garant, et par conséquent du mensonge dont il s’est rendu coupable par son impulsivité. Cependant, comme le disciple a engagé son Maître, Jésus va consentir à payer l’impôt, bien qu’il soit le Fils de Celui qui est adoré dans le Temple.
Mais le Seigneur va plus loin. Jusqu’à présent il n’était pas question de la redevance de Pierre. Or Jésus va associer étroitement son apôtre à son sort ; il est même plus exact de dire que c’est Jésus qui s’associe au sort de Pierre. Non seulement Jésus paye la redevance dont il est exonéré en tant que Fils, mais il paye également celle de son disciple. Et il s’acquitte de cette double dette en un seul don : un unique « statère » ou pièce de quatre drachmes.
Le lieu de la découverte de celle-ci est bien sûr hautement significatif : le poisson arraché à la mer symbolise le Christ victorieux de la mort, qui s’est uni à notre humanité pour nous acquitter de la dette du péché et nous réintroduire dans la dignité des fils.
L’unique statère représente le prix de notre liberté, c’est-à-dire le sacrifice de la Croix auquel Jésus vient de faire allusion devant ses disciples, et auquel il associe étroitement tous ceux qui croient en lui.
On comprend mieux maintenant le lien entre l’annonce de la Passion sur laquelle ouvre notre péricope, et le récit qui lui fait suite : c’est pour partager la mort de ses disciples que Jésus va accepter d’ « être livré aux mains des hommes », et c’est pour les rendre participants de sa vie qu’il « ressuscitera ». Le sort du croyant est inséparable de celui de son Seigneur, comme le sont la part de Jésus et celle de Pierre dans leur unique offrande.
Remarquons enfin que c’est à travers une activité qu’il connaît particulièrement bien, mais qu’il doit accomplir dans l’obéissance à la Parole du Maître, que Jésus révèle à Pierre sa profonde solidarité. Il en sera de même dans la pèche miraculeuse après la résurrection, rapportée par Saint Jean au chapitre 21 de son Evangile.
C’est au cœur de notre vie quotidienne, dont la banalité peut nous sembler certains jours angoissante, que le Seigneur ressuscité nous rejoint pour nous y offrir le prix de sa victoire. A condition que nous sachions reconnaître sa présence dans les « petites choses », aussi humbles soient-elles. Qu’est-ce qu’un poisson en effet pour un pécheur aussi expérimenté que Pierre ? Et pourtant ce jour là, le fruit de son travail est devenu un signe pour toutes les générations, de la solidarité indéfectible de Dieu et de son engagement irrévocable aux côtés de l’homme.

« Seigneur, tu t’es “attaché à nous par amour” (1ère lect.) ; tu es venu partager notre vie pour nous donner part à la tienne, tu as rendu justice à notre humanité en l’épousant malgré notre péché. Nous voulons t’aimer, Seigneur, suivre tous tes chemins, te servir de tout notre cœur et de toute notre âme, garder tes commandements et tes lois” (Ibid.) tous les jours de notre vie, afin de pouvoir demeurer avec toi pour toujours et te louer éternellement pour tant de bonté. »


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