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 - 30 janvier 2023 - Sainte Martine
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Homélie

Férie du Temps Pascal

« Ayez confiance : je suis vainqueur du monde ». Il y a des jours où il est consolant d’entendre ces paroles ; à condition bien sûr de pouvoir leur accorder notre foi, c’est-à-dire de pouvoir nous appuyer sur elles pour avancer malgré les épreuves qui nous assaillent, et traverser ainsi les tempêtes dans la certitude que Jésus est « vainqueur du monde ».
Notre-Seigneur nous a avertis : « dans le monde vous trouverez la détresse ». Le terme « détresse » est très fort ; il évoque les grands ébranlements cosmiques annonciateurs de la fin des temps, lorsque le Seigneur reviendra glorieux, pour introduire dans la Maison de son Père, ceux qui auront cru en lui et qui auront persévéré jusqu’au bout dans la fidélité à sa Parole. Certes, la Parousie se fait attendre, et les douleurs de l’enfantement mettent notre patience à l’épreuve ; aussi est-il bon de murmurer dans nos cœurs cette parole du Seigneur : « ayez confiance », c’est-à-dire gardez la foi.
Jésus ajoute : « Je vous ai dit tout cela pour que vous trouviez en moi la paix ». Dans les moments de désarroi, le Seigneur s’offre à nous comme notre havre de paix, mais c’est un port auquel on n’accède que par la foi, porté par la barque ecclésiale. Dans la lettre qu’il écrit aux chrétiens de Rome, Saint Paul associe les trois vertus théologales dans un crescendo saisissant. Il ouvre son propos par un verset introductif : « Nous sommes en paix avec Dieu par Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui nous a donné, par la foi, l’accès au monde de la grâce dans lequel nous sommes établis ; et notre orgueil à nous, c’est d’espérer avoir part à la gloire de Dieu » (Rm 5,1-2). Jusque là tout semble facile : une vie chrétienne en régime de croisière. La suite trahit cependant qu’il n’en est rien : « La détresse elle-même fait notre orgueil, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ; la persévérance produit la valeur éprouvée ; la valeur éprouvée produit l’espérance ; et l’espérance ne trompe pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5,3-5).
La preuve que nous ne nous trompons pas en misant tout sur Dieu en son Christ, c’est cette flamme de l’amour divin qui continue à brûler dans nos cœurs, au plus fort de la tempête. Certes parfois elle vacille, il nous semble perdre pied. Si hier encore nous pouvions dire avec les apôtres, dans l’enthousiasme des moments de consolation : « Nous croyons que tu es venu de Dieu », aujourd’hui peut-être sommes-nous « dispersés chacun de notre côté, laissant Jésus seul ». Mais le Seigneur veille : il intercède pour nous auprès de son Père et le prie de nous envoyer l’Esprit Consolateur, afin que nous tenions bon dans l’épreuve et puissions mener jusqu’au bout le beau combat de la foi, de l’espérance et de la charité, ces trois vertus théologales par lesquelles nos vies sont déjà cachées en Dieu.
« Ayez confiance : je suis vainqueur du monde ». La confiance, c’est-à-dire la foi vivante qui nous unit à Jésus dans une communion d’amour, nous associe à sa victoire. Saint Jean écrit en effet : « Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car l’Esprit est vérité » (1 Jn 5,5-6).

« Père saint, envoie sur nous ton Esprit : que son lumineux témoignage éclaire notre nuit et nous donne de persévérer dans la foi ; que l’espérance surabonde en nos cœurs troublés, afin que la paix l’envahisse, et que nous puissions garder nos pas dans ceux de Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui vit et règne avec toi, Père, maintenant et pour les siècles des siècles. »


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