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 - 8 février 2023 - Saint Jean de Matha
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Homélie

12e dimanche du Temps Ordinaire

« Celui qui veut marcher à ma suite » : le disciple est celui qui marche à la suite de son Maître afin de demeurer sans cesse avec lui. Le christianisme est donc essentiellement mise en route, cheminement, avancée, progression continue ; et comment pourrait-il en être autrement puisqu’il est la religion de l’amour conquérant ?
La liturgie de ce jour nous invite à retrouver ce dynamisme de la foi, qui est aux antipodes de l’image du christianisme véhiculée par la grande majorité des médias. A les entendre, l’Eglise serait l’institution la plus statique et réactionnaire que l’humanité aurait produite dans son évolution : une religion qui enferme ses fidèles dans des dogmes rigides, les étouffe dans un moralisme suranné, les tient prisonniers de la peur de l’enfer.
Inutile de chercher à démontrer combien cette description est caricaturale : la position est idéologique et ne se laisse pas infléchir par des arguments rationnels ; seul le témoignage d’une vie transformée peut faire la preuve du caractère mensonger de ces propos. Ne soyons ni étonnés, ni scandalisés devant la réaction du monde ; mais vérifions plutôt notre progression sur le chemin de la vérité et de la vie, sous la conduite de l’Esprit de Notre-Seigneur Jésus Christ.
Nous venons de l’entendre : la conversion constitue le moment fondateur du chemin de foi, la grâce initiale qui nous met en route vers Celui qui nous appelle. « En ce jour-là je répandrai sur la maison de David un esprit qui fera naître en eux bonté et supplication » (1ère lect.) : l’initiative vient du Seigneur ; lui seul peut nous ouvrir les yeux et nous permettre de les « lever avec foi, vers celui que nous avons transpercé ». Heureux « l’homme dont l’esprit est sans fraude » et qui dans la contemplation de la Croix, se laisse convaincre de péché. Heureux celui « qui ne cache pas ses torts, mais rend grâce au Seigneur en confessant ses péchés » (Ps 32 (31), 5). Oui « heureux est-il, car pour lui « une source jaillit, qui le lavera de ses souillures » (1ère lect.).
Cependant, le baptême ne consiste pas seulement dans la purification de la faute : « Vous tous que le baptême a unis au Christ, précise Saint Paul, vous avez revêtu le Christ » (2nd lect.). Le salut est aussi et surtout participation à la vie de celui qui est descendu dans notre mort pour nous en arracher définitivement et nous entraîner à sa suite. Cet exode, nous ne l’entreprenons pas seuls : « si vous appartenez au Christ, c’est vous qui êtes la descendance d’Abraham » (2ème lect.). Tous ceux qui ont cru en la promesse de Dieu, ne sont « plus qu’un dans la Christ Jésus » (Ibid.) ; en lui ils ont accès à « l’héritage que Dieu a promis à Abraham ».
Le Seigneur nous avertit cependant que la route de la Terre Promise n’est pas facile : « celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive ». Nous n’entrerons dans le Royaume qu’en crucifiant le vieil homme, c’est-à-dire cette part obscure de nous-mêmes qui divise et oppose les hommes : Juifs contre païens, esclaves contre hommes libres, hommes contre femmes (cf. 2nd lect.). L’Esprit de Dieu tout au contraire « fait naître en nous bonté et supplication » (1ère lect.). Lorsque saint Paul nous exhorte à « suivre fidèlement l’appel que nous avons reçu de Dieu », il résume cette vocation en quelques mots : « ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour » (Ep 4,1-2). Collaborer avec l’Esprit à la réalisation de son œuvre de communion, exige de nous que nous renoncions à tout les obstacles que nous dressons pour nous protéger des autres, « car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi – c’est-à-dire par amour pour l’unité du Corps total du Christ - la sauvera ».
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Jésus ne nous demande pas une définition de sa Personne, mais un témoignage de ce qu’il est « pour nous ». L’évangéliste précise que Notre Seigneur pose cette question après s’être écarté pour prier. En lisant la suite de la péricope, où Jésus annonce les souffrances, la mort et la résurrection du « Fils de l’homme », on devine qu’il s’est entretenu avec le Père de la Pâque qu’il s’apprête à vivre pour notre salut. Certes la réponse de Pierre – « le Messie de Dieu » - est juste, mais elle ne révèlera pleinement son sens qu’après la victoire de Jésus sur le péché et sur la mort ; alors seulement nous comprendrons que le Christ est venu « pour nous » sauver. Nous ne pourrons donc répondre à la question de Notre Seigneur qu’en faisant mémoire du chemin parcouru avec lui, et de son œuvre de libération dans nos vies ; libération de nos égoïsmes, de nos mensonges, de notre hypocrisie ; et ouverture à la vraie liberté, celle qui consiste à pouvoir aimer, c’est-à-dire à pouvoir perdre notre vie gratuitement au service des autres.
Voilà un témoignage qui fait mentir sans appel toutes les idéologies qui tentent de réduire le christianisme à un moralisme mortifère.


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