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 - 28 janvier 2023 - Saint Thomas d’Aquin
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Homélie

vendredi, 13ème semaine du temps ordinaire

Cet épisode de l’appel de Matthieu a quelque chose de saisissant. Matthieu assis derrière son bureau de douane, lié à ses préoccupations financières et matérielles, a été rejoint par le regard du Seigneur qui ce jour-là est passé dans sa vie. Ce regard pénétrant l’a saisi au plus profond de son humanité. Certes, par sa profession, Matthieu ne figurait pas parmi les gens les plus recommandables. Mais, aucune ténèbre ne saurait être assez épaisse pour arrêter la lumière du Christ.
On pense ici au célèbre tableau du Caravage représentant cette scène de l’évangile. On y voit la main droite de Jésus tendue, le doigt pointé vers Matthieu assis derrière son bureau, comme pour venir le repêcher au cœur des eaux mortes de son existence.
La main de Jésus est comme le prolongement de son regard. Elle franchit la distance qui sépare Matthieu de Jésus, l’abîme qui sépare le péché de la grâce, pour ramener au bercail la brebis égarée. Jésus ne recule pas devant notre péché même s’il lui demeure radicalement étranger. Il mange avec les publicains et les pécheurs, non pas pour les conforter dans leur péché, mais pour les toucher de sa miséricorde.
« Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades » : Le Bon Pasteur se fait proche de la brebis malade. Il la rejoint dans ses blessures pour la guérir et l’appeler au salut. Dieu ne sauve pas le pécheur au moyen d’une toute-puissance extérieure et impersonnelle. Il le sauve en venant à sa rencontre et en recréant la relation que le péché avait rompue. En Jésus, l’Alliance entre Dieu et l’homme se trouve ainsi restaurée. En lui, le don de la grâce nous rejoint par-delà la distance que notre péché avait mise entre nous et Dieu.
Les Pharisiens n’ont pas intégré ce mystère de la gratuité de la miséricorde divine : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Ils restent paralysés dans une conception où c’est l’homme qui doit offrir à Dieu de justes sacrifices. Jésus les invite au contraire à accueillir la gratuité du don de Dieu. Ce n’est pas par des offrandes présentées à Dieu que l’homme est sauvé mais par le don gratuit de la miséricorde divine : « Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C’est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »
Qui pourrait se prétendre sans péchés ? Nous avons tous soif de miséricorde. A l’image de saint Matthieu, laissons-nous saisir et convertir par elle. Libres, nous pourrons alors nous lever pour marcher sur les traces de celui qui est « le chemin, la vérité et la vie ».


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