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 - 8 février 2023 - Saint Jean de Matha
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Homélie

Saint Maximilien Kolbe, prêtre et martyr

Il y a quelque chose de formel dans le dialogue proposé en première lecture, entre Josué et le peuple ; disons : quelque chose de convenu. En réponse à l’invitation de Josué de choisir entre le Dieu d’Israël et les dieux des Amorites, le peuple affirme haut et fort sa volonté de suivre le Seigneur qui les a fait monter d’Égypte et leur a donné la terre de Canaan.
Josué relance le conciliabule en mettant en doute la capacité du peuple à demeurer fidèle à cet engagement, ce qui suscite la protestation véhémente de ses interlocuteurs : « Mais si ! Nous voulons servir le Seigneur ».
L’échange se poursuit selon le même scénario, le peuple répondant aux provocations de Josué par une affirmation de fidélité toujours plus résolue : « C’est le Seigneur notre Dieu que nous voulons servir, c’est à sa voix que nous voulons obéir ».
La conclusion quelque peu laconique du récit - « en ce jour-là, Josué conclut une alliance pour le peuple » - confirme que malgré les apparences, le dialogue n’est pas vraiment spontané, mais constitue plutôt un rituel préparatoire à la conclusion de l’Alliance.
Vu sous cet angle, la célébration liturgique que nous propose la première lecture n’est pas tellement éloignée du dialogue - plus ou moins explicite - introduisant à la réception des sacrements, qui constitue toujours un renouvellement de l’alliance baptismale.
Comme les tribus d’Israël, nous affirmons notre volonté de demeurer fidèles – ce qui, formulé d’une manière aussi générale, n’est pas trop difficile. Les difficultés commencent lorsqu’il s’agit de descendre au niveau des situations concrètes de la vie quotidienne. C’est à ce niveau que le « oui » risque de se dénaturer en un « oui mais ». Or le « mais » est précisément la porte ouverte à tous les égarements. Comme le peuple d’Israël, nous ne mettons pas longtemps avant de trahir nos engagements ; pas forcément par une apostasie franche, mais plutôt par une série de compromissions, qui, mises bout à bout, équivalent dans les faits à une rupture d’Alliance. Nous sombrons dans la tiédeur ; par manque de délicatesse spirituelle, nous perdons le sens du péché ; et nous devenons par le fait même une proie facile pour l’ennemi, qui n’a aucune peine à nous entraîner à sa suite, sans même que nous nous en rendions compte. Hélas nous pouvons ainsi sombrer dans la mort spirituelle, tout en demeurant « convaincus d’être justes » (Lc 18,9).
Comment nous ressaisir lorsqu’on en est là ? Il me semble que l’essentiel réside dans une conversion de notre regard. Le fait que nous consentions à des compromissions qui nous éloignent toujours plus de l’Évangile, trahit en effet que nous ne portons plus le même regard sur notre vie quotidienne. Nous avons progressivement abandonné le regard surnaturel que procurent la foi, l’espérance et la charité, pour adopter un regard « d’en bas », simplement humain, naturel, sur les situations, les événements et les personnes.
Par le baptême, nous sommes re-nés, nés à nouveau « d’eau et d’Esprit » (Jn 3,5), et c’est désormais avec le regard renouvelé de l’Homme spirituel que nous devrions aborder notre existence quotidienne. Hélas, faute de fréquenter la Parole qui nous révèle le regard de Dieu sur notre vie, nous nous laissons enfermer dans un regard psychique ou charnel, et nous nous laissons entraîner à juger selon les critères du monde et à réfléchir comme lui. Rien d’étonnant dans ces conditions à ce que nous trahissions l’Évangile : l’échelle de valeur du Christ n’est pas celle que nous propose les médias !
N’est ce pas ce que Jésus nous rappelle dans l’Évangile de ce jour ? Le Royaume des cieux n’appartient pas « aux sages et aux savants » (Mt 11,25) selon la chair - entendons selon l’homme ancien ; mais aux enfants, c’est-à-dire à ceux qui se sachant « tout-petits » selon l’Esprit, renoncent à leur volonté propre, pour se laisser conduire sur le chemin de la vérité et de la vie, conformément à l’Évangile de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Puissions-nous demeurer fidèles tout au long de notre vie à nos engagements baptismaux et ne « jamais rien préférer au Christ » (Saint Benoît). Alors nous connaîtrons la paix et le bonheur véritables que nul ne pourra vous ravir.

« Seigneur mon partage et ma coupe : de toi dépend mon sort.
Je bénis le Seigneur qui me conseille : même la nuit mon cœur m’avertit.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable.
Je n’ai pas d’autre bonheur que toi.
Tu m’apprends le chemin de la vie : devant ta face débordement de joie !
A ta droite, éternité de délices ! » (Ps 15)


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