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 - 8 février 2023 - Saint Jean de Matha
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Homélie

Saint Thomas d’Aquin, prêtre et docteur de l’Église

Comme son nom l’indique, la para-bole (porter au-delà) veut nous élever de ce qui est perceptible par les sens et peut dès lors être formulé dans le langage ordinaire, à ce qui est pressenti, mais ne peut être décrit, car n’appartenant pas au monde sensible. Pour interpréter (trouver le sens de) la parabole, il est donc indispensable que le narrateur nous donne un minimum de clés de lecture, afin que nous puissions orienter notre travail herméneutique. En précisant par deux fois qu’il nous parle du « règne de Dieu », Jésus définit très précisément la visée intentionnelle des paraboles qu’il nous propose.
La première, qui nous parle de la mystérieuse germination et maturation du grain jeté dans le champ, semble prolonger la parabole du semeur pour le cas particulier où la semence est tombée dans la bonne terre (4, 8). Quelle est à la source de cette fécondité ? Ce n’est pas le semeur, qui se contente de jeter la semence, puis attend patiemment « le temps de la moisson pour y mettre la faucille ». Par contre il est précisé que la graine « germe et grandit » ; elle constitue donc le sujet actif. Pourtant, dans la seconde partie du verset l’action est attribuée à la « terre », qui « produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin le blé plein l’épi ». En rapprochant les deux images, il apparaît que Jésus veut souligner à la fois le dynamisme du sol fertile, et celui de la semence qui germe et grandit dans le secret des entrailles de la terre.
Appliquons les clés que Jésus lui-même nous a données pour interpréter la parabole du semeur : la « semence » représente la Parole, et la « bonne terre » ceux qui « l’entendent et l’accueillent » (4, 20). C’est bien la semence (la Parole) qui produit du fruit au centuple, mais elle ne peut le faire que dans une terre accueillante, qui participe dès lors à l’action de produire l’herbe, l’épi et le blé.
Le processus décrit dans la seconde parabole est similaire à celui que nous venons d’analyser : un grain de sénevé est confié à la terre, qui accomplit son œuvre de gestation. Cependant l’insistance s’est déplacée ; elle porte cette fois sur le contraste entre la minuscule semence - « la plus petite de toutes » - et la taille de la plante qui en surgit - la plus grande des plantes potagère, s’élevant à deux voire trois mètres de hauteur. L’action de grandir et de se déployer n’est plus attribuée à la terre (comme dans la première des deux paraboles), mais au pouvoir extraordinaire inhérent à la minuscule graine. C’est bien dans les branches de la plante issue de la semence que « les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid ». Certes la terre est indispensable puisque c’est en elle que s’enracine l’arbrisseau, mais dans cette seconde parabole, ce sont les potentialités inattendues de la semence que Jésus met en exergue.
Par ce diptyque, Notre-Seigneur éclaire la mystérieuse synergie entre la liberté humaine et la liberté divine. Dieu veut avoir besoin de notre foi pour rendre nos vies fécondes : c’est bien notre terre qui est appelée à produire du fruit pour le Royaume (1ère parabole) ; mais que nos cœurs ne se troublent pas : Dieu lui-même accomplira les œuvres extraordinaires qu’il attend de nous (2nd parabole) !


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