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 - 31 janvier 2023 - Saint Jean Bosco
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Homélie

mardi, 6ème semaine du temps ordinaire

Jésus vient de refuser aux pharisiens de leur « donner un signe » qui vienne du ciel ; et pour cause : si nourrir quatre mille hommes avec « sept pains et quelques petits poissons » ne suffit pas pour accréditer sa parole, que faudra-t-il faire ? Le levain n’est guère apprécié dans la tradition rabbinique ; il symbolise l’hypocrisie qui fait enfler nos cœurs comme le levain fait gonfler la pâte, nous aveuglant sur notre véritable condition et nous empêchant de reconnaître les bienfaits par lesquels Dieu nous invite à nous rapprocher de lui. La seule chose que les ennemis du Seigneur - les pharisiens et les partisans d’Hérode - ont en commun et qui va effectivement les amener à collaborer, est leur refus d’accueillir les paroles et les œuvres de Jésus comme « preuve » de sa messianité.
Pourtant il n’y a pas que les pharisiens qui soient aveugles : les disciples eux-mêmes semblent aseptisés. Seraient-ils eux aussi atteints de la même maladie conduisant au scepticisme ? Il faut vraiment y mettre beaucoup de mauvaise volonté pour interpréter la remarque de Jésus sur le levain des pharisiens et hérodiens au sens littéral, c’est-à-dire en termes d’absence de casse-croûte ! En y regardant de plus près, nous constatons que les disciples « discutent entre eux sur le manque de pain », exactement comme les pharisiens « discutaient avec Jésus » (Mc 8,17) sur la question du « signe ». Le verbe « discuter » suggère une activité rationnelle qui refuse d’écouter l’intuition du cœur - lieu du discernement dans la Bible. Seule l’ouverture bienveillante au mystère de la Personne de Notre-Seigneur peut donner accès à l’interprétation juste du signe des pains. La cascade des sept demandes adressées par Jésus à ses proches, a précisément pour but de les arracher aux discussions stériles, qui étouffent l’âme, pour les amener à s’ouvrir au don de la grâce : « Pourquoi discutez-vous ? Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas ? Vous avez le cœur aveuglé ? Vous ne vous rappelez pas ? »
Il n’est sans doute pas indifférent que l’épisode se passe « dans la barque » qui préfigure l’Église. C’est à l’Église de tous les temps que Jésus continue à s’adresser à travers l’Évangile. Le sens de sa venue parmi nous ne se découvre pas dans les longues discussions, le plus souvent stériles, qui ne font qu’aveugler et endurcir le cœur ; mais dans l’accueil plein de reconnaissance de la Parole de vérité que nous adresse le Père, qui comble notre espérance au-delà de ce que nous pouvons concevoir. Si cette Parole vivante ne nous suffit pas, où chercherons-nous la sagesse ? Si ce Pain qui descend du ciel à chaque Eucharistie, ne nous rassasie pas, qui comblera notre faim ? « Vous ne comprenez pas encore » qu’en son Fils, le Père nous a tout donné ?
L’Église ne serait plus l’Église si elle corrompait l’unique Pain qui lui est confié, par le levain d’autres discours, aussi « religieux » ou « spirituels » soient-ils. L’Église ne serait plus « la lumière du monde » si elle obscurcissait la Parole de vérité par des « discussions » qui trahiraient son incompréhension du message de grâce qui lui est confié. L’Église ne serait plus l’Épouse du Christ si elle acceptait dans sa barque d’autres maîtres que son Seigneur.
Ce qui est vrai de l’Église tout entière, s’applique à chacun de nous. Puisse cet évangile être l’occasion de vérifier notre attitude par rapport à la Révélation : sommes-nous de ceux qui s’inquiètent de « n’avoir qu’un seul pain dans leur barque » et qui cherchent à « compléter » la Parole du Christ par des emprunts aux autres traditions religieuses ? Si le Pain de la Parole de Vie ne suffit plus à nous rassasier et à refaire nos forces pour vivre dans la charité, il est urgent de vérifier la qualité de notre relation à Jésus-Christ.

« Seigneur, ne me délaisse pas lorsque mon amour s’affadit et que je m’éloigne de toi. Envoie sur moi ton Esprit : qu’il ouvre mes yeux à la beauté de ton message, et m’aide à faire mémoire de tout ce que tu accomplis en ma faveur jour après jour. Purifie mon cœur du levain du scepticisme, du relativisme, ou de la contestation stérile ; et donne-moi de m’engager de toute mes forces dans le beau combat de la fidélité. »


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