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 - 28 janvier 2023 - Saint Thomas d’Aquin
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Homélie

jeudi, 22ème semaine du temps Ordinaire.

Jésus enseigne au bord du lac. La suite du récit nous laisse deviner que nous sommes le matin, au lever du jour : les pécheurs viennent de rentrer – bredouilles ! – d’une nuit de travail stérile. Les habitants des villages environnants, venus à la rencontre des pécheurs, s’arrêtent pour écouter le Rabbi de Nazareth. Comme leur nombre ne fait qu’accroître, Notre-Seigneur envisage de monter dans une barque afin de se tenir à quelques mètres du rivage : ce qui lui éviterait d’être bousculé par la foule, et permettrait à tous de le voir et de l’entendre. Jésus s’adresse spontanément à Pierre, dont il vient de guérir la belle-mère. Celui-ci n’est sans doute pas insensible au choix du Maître : voilà qui effacera le souvenir de la mauvaise pêche.
Assis dans la barque au côté du Maître, Simon a écouté comme tous les autres son enseignement ; mais au moment où il pense ramener Jésus à terre, voilà qu’avec autorité, celui-ci lui ordonne d’avancer au large pour une nouvelle partie de pèche. On imagine sans peine son débat intérieur : « Le Rabbi est peut-être versé dans l’interprétation des Ecritures, mais il n’y connaît décidément rien en matière de pèche : si elle fut infructueuse la nuit, qu’en sera-t-il dans la matinée ? » En homme qui connaît son métier, Simon ne manque pas de signaler le caractère insensé de la démarche ; en partie sans doute pour se préserver du ridicule aux yeux de ses collègues, en partie aussi pour souligner auprès de Jésus la générosité de son consentement.
Aussi le miracle, totalement inattendu, va-t-il ouvrir brutalement les yeux de Simon. Il prend conscience du caractère extraordinaire de cette rencontre, qui s’est pourtant glissée au cœur de sa vie ordinaire. Il pressent confusément que Dieu est entré dans sa vie, et réalise du même coup la distance qui le sépare de lui. Comme le prophète Isaïe en présence de Dieu, il se dit dans son cœur : « Malheur à moi je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, et j’ai vu le Seigneur des armées de mes propres yeux ! » (Is 6, 5). Comment en effet ne pas être saisi d’une frayeur sacrée en présence de celui qui commande aux abîmes ? Dans un geste d’adoration, il tombe aux pieds de celui qu’il nomme avec vénération « Seigneur », tout en confessant son indignité de se tenir devant lui. Curieusement, en cet endroit précis, Saint Luc ajoute au nom de Simon celui de Pierre pour en faire un nom composé : « Simon-Pierre », c’est-à-dire Simon le Roc. Car c’est sur la foi de Simon que Jésus construira la communauté eschatologique du salut : « Tu es Pierre, et sur ce roc je veux édifier mon Eglise » (Mt 16,18).
Il est significatif que Notre-Seigneur ait voulu initier ce cheminement de foi en rejoignant Simon au cœur de sa vie d’artisan-pécheur. C’est par un signe tangible, qu’il révèle à cet homme simple, sa proximité bienveillante et c’est sur l’horizon de cette manifestation évidente de la toute-puissance de sa Parole, qu’il l’invite à le suivre.
« Ne crains pas sans cesse » ; le Maître de l’histoire a fait irruption dans ta vie non pas pour t’enfermer dans la peur, mais pour commencer avec toi une histoire nouvelle : « désormais… ». Si tu restes fidèle à ma Parole, si tu lui obéis sans hésitation comme tu viens de le faire, tu n’auras rien à craindre, car elle accomplit ce qu’elle ordonne comme tu as pu le constater aujourd’hui.
La réponse de Simon est radicale : laissant tout, c’est-à-dire son métier de pécheur, son milieu de vie, son passé, « tout », il signe un chèque en blanc, et se met à la suite de Jésus, accueillant l’élection et se confiant en la fidélité de Dieu.
« Désormais, ce sont des hommes que tu prendras », c’est-à-dire que tu arracheras à l’abîme de la mort - symbolisée par la mer - pour les tirer dans les filets de la Parole, jusqu’au rivage de la vraie vie. Cette mission, donnée en premier à Simon-Pierre, mais qui s’adresse également ses compagnons « Jacques et Jean, fils de Zébédée », rejoint tous les baptisés de tous les temps, que Jésus vient rejoindre au cœur de leur vie pour en faire des disciples. Avons-nous reconnu personnellement cette présence discrète du Seigneur à nos côtés ? Avons-nous entendu son appel qui nous rejoint au cœur de notre vie quotidienne ? Y avons-nous répondu avec la même générosité ?

« “Ne crains pas” : libère-nous, Seigneur, de toutes nos peurs, “toi qui nous a arrachés au pouvoir des ténèbres, et nous a fait entrer dans le Royaume de ton Fils bien-aimé, par qui nous sommes rachetés et par qui nos péchés sont pardonnés. Comble-nous de la vraie connaissance de ta volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, afin que notre conduite soit digne de toi, et capable de toujours te plaire. Nous pourrons alors te rendre grâce avec joie, Dieu notre Père, toi qui nous a rendus capables d’avoir part, dans la lumière, à l’héritage du peuple saint” (cf. 1ère lect.). »


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