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 - 28 janvier 2023 - Saint Thomas d’Aquin
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Homélie

Férie de Noël

Il y a beaucoup de mouvement dans ce premier chapitre du quatrième évangile : « Jésus allait et venait » ; les premiers disciples « le suivirent » ; lorsque Jésus voyant qu’ils le suivaient les interroge sur la nature de leur quête, ils lui posent une question spatiale : « où demeures-tu ? » qui leur vaut une invitation à se mettre en route : « Venez ». Le but de tout ce mouvement est clairement énoncé : il s’agit de « voir » : « Venez et vous verrez ». C’est peut-être la raison pour laquelle Jean-Baptiste ne se met pas à la suite de Jésus : il l’a « vu » : « posant son regard sur Jésus il dit : “Voici l’Agneau de Dieu” ». Il pose son regard sur son cousin qui « allait et venait », et il voit « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ».
Le même dynamisme traverse le passage que nous venons d’entendre. Jésus « décide de partir pour la Galilée ». Il se remet en mouvement, ce qui laisse présager qu’il va inviter d’autres à en faire autant. Philippe est le premier élu de ce second jour. L’évangéliste précise qu’il est « de Bethsaïde, comme André et Pierre ». Quel intérêt présente cette information sinon de souligner encore le déplacement auquel sont invités les disciples ?
Les références géographiques se bousculent avec l’entrée en scène de Nathanaël : « De Nazareth ! Peut-il sortir de là quelque chose de bon ? » Jésus est effectivement « sorti » de Nazareth, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il s’agissait de son lieu d’origine. N’est-il pas sur le point de « sortir » de la Judée pour se rendre en Galilée ? La réponse de Philippe, qui ne fait que répercuter celle de Jésus, oriente notre recherche : « Viens, et tu verras ». Pour découvrir d’où Jésus est « sorti » il faut accepter de « sortir » de nos Bethsaïde, nous mettre à sa suite et découvrir - « voir » - où il « demeure ». Car tout en étant engagé dans de perpétuels déplacements - qui n’ont d’autre but que de rassembler les enfants de Dieu dispersés en les faisant « sortir » à sa suite - Jésus « demeure » dans le sein du Père, « comme Fils unique plein de grâce et de vérité » (Jn 1,14). C’est là qu’il veut conduire tous ceux qui acceptent de s’arracher au monde ancien, pour se laisser conduire par le Bon Berger jusqu’à la Bergerie du Père.
Le dialogue avec Nathanaël introduit encore un nouveau lieu : « sous le figuier ». Alors que Jésus invite systématiquement ceux qu’il choisit pour disciples à sortir de leur contexte géographique habituel, cette même exigence ne s’adresse pas à Nathanaël : lorsque Jésus a « vu Nathanaël sous le figuier », il ne l’a pas dérangé, ne lui a pas enjoint de se lever pour le suivre. Peut-être parce qu’en se tenant sous le figuier - l’arbre aux fruits les plus doux, symbole des Ecritures - Nathanaël avait rejoint en quelque manière le lieu où Jésus « demeure ». Jésus a « vu » le fond de l’âme de ce « véritable fils d’Israël » qui, pour éviter de tomber sous le joug du « Père du mensonge » (Jn 8,44), se tient dans la lumière de la Parole inspirée. Aussi peut-il reconnaître en Jésus celui qui vient accomplir les Ecritures, « le Fils de Dieu, le Roi d’Israël ». Certes Nathanaël a encore du chemin à parcourir pour découvrir le véritable sens de ces titres messianiques ; il n’en est qu’au début de son pèlerinage : « tu verras des choses plus grandes encore ». Puis, passant du « tu » au « vous », c’est-à-dire en s’adressant au groupe des disciples et à tous ceux qui écoutent sa Parole tout au long de l’histoire, Notre-Seigneur ajoute solennellement : « Amen, amen, je vous le dis : vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l’homme ».
Voilà donc le « lieu » où Jésus veut nous entraîner à sa suite : au-delà du firmament dressé entre ciel et terre après le péché des origines, il veut nous introduire avec lui dans l’intimité de Dieu son Père : « Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c’est lui qui a conduit à le connaître » (Jn 1,18).

« “Seigneur, tu nous as faits et nous sommes à toi ; nous ton peuple, ton troupeau” (Ps 99), tu veux nous introduire dans ta demeure, pour nous y combler de ton amour. “Notre cœur aurait beau nous accuser pour nos multiples péchés, ta miséricorde est plus grande que notre cœur”. Aussi “nous nous tenons avec assurance devant toi” (cf. 1ère lect.), sûrs de ton appel, de ta bonté et de ta fidélité, qui subsistent d’âge en âge. »


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