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 - 8 février 2023 - Saint Jean de Matha
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Homélie

Férie du Temps Pascal

« Moi je suis la vraie vigne » ; ce qui suppose implicitement qu’il existe d’autres plantations, qui ont l’apparence de la vigne, mais n’en sont pas. Le discernement entre la « vraie » plantation et les contrefaçons se fait à partir des fruits : les vignes de ce monde ne produisent qu’un vin décevant, qui procure une ivresse abrutissante ; la vigne du Seigneur offre un vin vivifiant qui introduit dans la joie de l’Esprit.
L’identification du disciple aux sarments nous conduit spontanément à attribuer au Christ le rôle du cep. Or Jésus affirme par deux fois : « Je suis la vigne, et vous les sarments ». Pourtant aucun doute n’est possible : Notre-Seigneur s’identifie bien au cep puisque après avoir précisé que « le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne », il ajoute : « de même vous non plus si vous ne demeurez pas en moi ».
Notre-Seigneur semble suggérer que le nouveau peuple de l’Alliance - désigné traditionnellement par l’image de la vigne et auquel il s’identifie dans son entièreté (« Je suis la vigne ») - est composée d’une multitude de communautés diverses, qui toutes trouvent leur unité et leur fécondité en lui : « celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruits ». Jésus est à la fois le cep de chaque plant de vigne, c’est-à-dire de chaque église locale, et la vigne tout entière, c’est-à-dire l’Eglise universelle.
Mais en attribuant ainsi l’image de la vigne aussi bien au Christ qu’à l’Eglise, ne confondons nous pas deux réalités distinctes ? Cette interprétation audacieuse est suggérée comme nous venons de le voir par Jésus lui-même, et c’est également celle qui est proposée dans la mosaïque qui décore l’abside centrale de la basilique Saint Clément à Rome. L’arbre de vie de la Croix est une vigne d’où coule abondamment le vin pourpre, couleur de sang. De magnifiques rinceaux verts sur fond or portent la vie et la force du Cep divin à des hommes de toutes professions et même à la création tout entière. Au-dessus, la main du Père ; au-dessous cette inscription : « Assimilons l’Eglise du Christ à cette vigne ».
Il faut bien sûr maintenir la distinction entre l’Epoux et l’Epouse, entre le Christ et l’Eglise ; tout en affirmant leur unité ineffable, quasi « organique » comme le souligne l’image paulinienne de la Tête et du Corps. C’est cette double tension que suggère également le symbole de la vigne : les sarments ne sont pas le cep, même s’ils reçoivent de lui leur vie et leur croissance. Dès le printemps, c’est-à-dire dès que la sève alimente les sarments, le cep disparaît sous les feuilles des sarments ; ou plutôt il n’est plus visible qu’à travers cette verdure. De même c’est bien le cep qui donne le fruit ; pourtant ce sont les sarments qui les portent et les offrent aux vendangeurs.
Ce qui est vrai pour chaque cep, c’est-à-dire pour chaque communauté ecclésiale répartie dans l’espace comme dans le temps, est vrai pour l’Eglise tout entière : « Le Christ est la lumière des peuples », mais « l’Eglise est dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’union de tout le genre humain » (Constitution dogmatique sur l’Eglise : Lumen Gentium, I, 1). L’Eglise est la visibilité du Christ en ce monde, et c’est par elle qu’il continue à dispenser la grâce du salut jusqu’à son retour en gloire.
Que l’image de la vigne et des sarments nous aide à approfondir le mystère de l’Eglise, auquel tous nous participons par notre baptême. Et puissions-nous nous unir plus étroitement au Christ par une charité renouvelée, afin de produire le fruit que le Père attend de nous.


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