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 - 31 janvier 2023 - Saint Jean Bosco
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Homélie

Férie

S’en tenant strictement à la Thora, qu’ils considèrent comme seule inspirée, les sadducéens ne croient pas en la résurrection. Pour démontrer l’absurdité de cette hypothèse, ils argumentent qu’en la poussant jusqu’au bout, on arrive nécessairement à des incohérences ; ce qui prouverait qu’elle est fausse.
Mais leur raisonnement s’appuie sur une prémisse erronée, à savoir que la vie de l’au-delà serait en tout point semblable à celle que nous menons ici-bas - ce que Jésus récuse fermement. Certes notre vie naturelle prendra fin ; nous sommes bien obligés de reconnaître que quotidiennement, la mort accomplit en nous son œuvre destructrice. Mais elle n’a pas le dernier mot. Car depuis que « Dieu a ressuscité Jésus de Nazareth en mettant fin aux douleurs de la mort » (Ac 2,24), « la mort a été engloutie dans la victoire. Où est-elle, ô mort, ta victoire ? Où est-il, ô mort, ton aiguillon ? » (1 Co 15, 55). Si la mort progresse effectivement de jour en jour, la vie divine ne reste pas inactive : par l’Esprit qu’il nous a donné, le Christ ressuscité vit désormais bien réellement en nous, lui sur qui la mort n’a plus aucun pouvoir.
Il serait cependant vain d’essayer de nous imaginer ce que sera cette vie immortelle. Nous croyons que nous « deviendrons participants de la nature divine » (2 P 1,4), mais nous ne pouvons pas, dans notre condition actuelle, nous représenter les conditions de la vie glorieuse. L’allusion aux Anges auxquels nous serons semblables suggère une vie totalement consacrée à la louange de Dieu, dans une parfaite communion, et une éternelle action de grâce. Puisque la mort ne fera plus son œuvre, il ne sera plus nécessaire d’assurer la survie de l’espèce : le mariage, en tant qu’institution pour perpétuer la vie n’aura plus de raison d’être. Dès lors le caractère embarrassant de la situation imaginée par les sadducéens disparaît et leur soi-disant réfutation tombe à l’eau. Certes le Seigneur ne séparera pas ceux qu’il a lui-même uni : tout ce qu’il y aura eu d’amour authentique durant notre vie mortelle sera non seulement conservé mais transfiguré. L’homme et la femme seront enfin pleinement à l’image de Dieu dans leur complémentarité voulue par le Créateur comme un appel à l’amour, qui trouvera là son plein épanouissement. L’époux et l’épouse connaîtront Dieu au cœur même de l’amour qui les unira pleinement l’un à l’autre dans une étreinte éternelle. Nous vivrons dans une relation d’amour parfait avec Dieu et entre nous, unis dans le même Esprit, qui nous rendra participants de sa propre fécondité.
La seule chose pertinente que nous puissions dire sur cette « autre vie » qui nous attend - et qui est déjà mystérieusement commencée - c’est qu’elle sera filiale : « Ils sont fils de Dieu » nous dit Jésus. Pour Notre-Seigneur, ces quelques mots disent tout, car il n’y a pas de plus grand bonheur que celui-là : être fils du Père éternel, partageant sa propre vie, réfléchissant sa gloire dans notre être de créature. Vivre, aimer, louer, exulter,… : tous ces verbes renverront vers l’unique réalité d’une existence pleinement unifiée en Dieu, qui sera enfin « tout en tous » (1 Co 15, 28) pour la joie de son Cœur de Père et notre bonheur éternel. Voilà bien l’essentiel de la Bonne Nouvelle : « Dieu nous a prédestinés à être pour lui des fils adoptifs, par Jésus-Christ, sous son regard, dans l’amour » (EPh 1,5).
Mais tout cela n’est promis qu’à ceux qui auront été « jugés dignes » ; cette expression, récurrente chez Saint Paul, sous-entend une mise à l’épreuve dont nous avons à sortir victorieux. Il s’agit de persévérer dans la foi en la Résurrection du Christ, et dans l’espérance en notre participation à sa vie glorieuse, au cœur d’un quotidien qui nous renvoie sans cesse à l’absurdité apparente de nos pauvres vies vouées à la mort. C’est pourquoi nous sommes invités à garder les yeux fixés sur le Christ, afin de ne pas fléchir devant les épreuves : « il est fidèle, celui qui vous appelle : c’est encore lui qui accomplira tout cela » (1 Th 5,24) ; ceux qui mettent en lui leur confiance, qui s’appuient sur sa Parole et accueillent son Esprit consolateur, ne seront pas déçus : « le pauvre n’est pas oublié pour toujours, jamais ne périt l’espoir des malheureux » (Ps 9).
Oui nous le croyons : ensevelis par le baptême dans la mort du Christ, nous sommes dès à présent ressuscités avec lui ; notre vie « est désormais cachée avec le Christ en Dieu (Col 3,3) ». Telle est notre foi et notre espérance ; qu’elle suscite notre charité et nous donne de poursuivre dans la paix notre route sur le chemin de la vie éternelle.

« Seigneur, “tu ne peux m’abandonner à la mort, ni laisser ton ami voir la corruption. Tu m’apprends le chemin de la vie : devant ta face, débordement de joie ! A ta droite, éternité de délices !” (Ps 15) Oui, j’en ai la certitude : “par ta justice je verrai ta face, au réveil, je me rassasierai de ton visage” (Ps 16). En attendant ma nouvelle naissance à la vie véritable, ne permets pas que “mon pied trébuche”, mais “tiens mes pas sur tes traces ; garde-moi comme la prunelle de l’œil, à l’ombre de tes ailes cache-moi” (Ibid.) ; “conduis-moi à l’amour de Dieu et donne-moi la persévérance finale” (2 Th 3,5). »


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