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 - 8 février 2023 - Saint Jean de Matha
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Homélie

Annonciation du Seigneur

Le narrateur de ce récit hors du commun prend soin de commencer par présenter les acteurs. A tout Seigneur tout honneur : l’attention se porte d’abord sur l’ « Ange Gabriel », être de lumière qui contemple Dieu face à face dans une adoration incessante. La désignation « Ange » précise son ministère : messager du Très-Haut. C’est probablement pour accréditer cette mission tout à fait extraordinaire que l’évangéliste introduit une redondance en précisant que « l’Ange fut envoyé par Dieu ».
On s’attend à découvrir immédiatement l’identité de l’interlocuteur de l’Ange, le bénéficiaire de sa visite ; mais il n’en est rien : le narrateur indique d’abord la région dans laquelle il se rend puis, opérant un zoom supplémentaire, la localité où il a rendez-vous. Cette insistance ne saurait être fortuite : il n’est pas indifférent que le choix de Dieu se soit porté sur cette province à la limite de la Terre Sainte, ouverte sur le monde païen, et jouxtant avec la Samarie. L’accumulation de détails géographiques nous fait comprendre que malgré son aspect insolite, le récit qui nous est proposé n’a rien de mythique. De plus, la rencontre bien réelle entre ciel et terre se tient au carrefour des nations, annonçant déjà le caractère universel de l’événement
Mais vers qui donc le bel Ange est-il envoyé ? Le saurons-nous enfin ? Pas tout de suite : il nous faut d’abord noter qu’il s’agit d’une « jeune fille, vierge », c’est-à-dire qui n’a pas encore connu d’homme, comme elle le confirmera elle-même par la suite ; mais « accordée en mariage – entendons fiancée puisqu’ils ne cohabitent pas – à un homme de la maison de David ». Tout se passe comme si le narrateur prenait un malin plaisir à différer le dévoilement du nom de ce mystérieux personnage. Est-ce pour entretenir le suspens ? Ou tout simplement parce que l’information que nous venons de recevoir est plus importante que le simple nom ? Nous sommes même renseignés sur l’identité de son fiancé – qui n’apparaît pourtant pas dans la scène - avant de connaître la sienne : « l’homme de la maison de David est appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie ». Le choix tomba donc sur elle en raison de son mariage avec un descendant de la lignée royale davidique, mais qui ne l’avait pas encore « prise chez lui » au moment de la visite de l’Ange. Celui-ci surgit dans la vie de cette jeune fille à la jointure entre ce qu’elle est encore pour peu de temps – vierge – et ce qu’elle est appelée à devenir – épouse de Joseph et mère de ses enfants. L’étrange présentation de la jeune fille, insistant sur le fait que son mariage avec un descendant de David n’est pas encore consommé, laisse pressentir que c’est là que va se nouer l’intrigue.
« L’Ange entra chez elle et dit » : l’absence totale d’allusion à une quelconque vision laisse supposer que l’événement s’est accompli uniquement dans l’ordre de la Parole. On peut dès lors comprendre que l’Ange se manifeste au fond de l’intériorité de la jeune fille, probablement recueillie en prière.
« Je te salue, comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi ». Nous allons décidément d’étonnement en étonnement. Voilà donc la raison pour laquelle le narrateur tardait à désigner Marie par son nom : ce n’est pas sous ce vocable que l’Ange la connaît. Pour le ciel, elle est la « comblée de grâce » ou encore « celle dont le Seigneur s’est fait proche ». Cette fille de Galilée est donc à un titre tout particulier citoyenne des cieux et si elle est promise aux noces avec Joseph, le Très-Haut, lui aussi, a des vues sur elle.
La mission délicate de notre Archange consiste précisément à concilier les deux projets, qui loin de s’exclure, concourent à la réalisation du dessein de Dieu. La Vierge va effectivement enfanter un fils qui pourra prétendre au trône de David puisqu’il s’inscrit par Joseph dans sa descendance ; mais cet enfant « ne sera pas né de la chair et du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme » (Jn 1,13), car « l’Esprit Saint viendra sur la jeune fille dont le nom était Marie, et la puissance du Très-Haut la prendra sous son ombre. C’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu ». Aux yeux des hommes de ce monde, cet enfant sera le « fils de Joseph » ; mais ceux qui s’ouvrent à l’action de l’Esprit, « verront sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité » (Jn 1,14). Et « tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son Nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu » (Jn 1,12).
Puissions-nous comme Marie accueillir la Parole de Dieu dans un cœur disponible et généreux, et redire avec elle dans un engagement de tout notre être : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta Parole ».


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