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 - 31 janvier 2023 - Saint Jean Bosco
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Homélie

Dimanche des Rameaux

Chaque dimanche des Rameaux, la liturgie s’ouvre par la lecture de l’évangile qui relate l’entrée de Jésus à Jérusalem suivie d’une procession jusque dans l’église. L’Evangile que nous lisons juste au début de cette procession met en valeur d’une façon toute particulière le titre de « Fils de David » appliqué à Jésus. Par ce titre messianique, Jésus se voit ainsi désigné comme ce roi juste et victorieux qu’attendait tout Israël et qui devait restaurer la cité sainte de Jérusalem. L’atmosphère qui ressort du récit est joyeuse et festive et derrière les chants d’acclamations qui accompagnent cette procession s’annonce déjà le triomphe définitif du Christ sur la mort et le péché durant la nuit pascale. L’espérance d’être sauvés et de ressusciter avec lui pour vivre dans la Patrie céleste de sa vie divine se trouve ainsi mise devant nos yeux.

Mais si la première partie de la liturgie de ce dimanche laisse apparaître le terme qui nous attend au-delà de cette vie terrestre marquée par la souffrance et le péché, la liturgie eucharistique, en particulier au travers de ses lectures, nous rappelle les conditions nécessaires pour y parvenir. Saint Bernard exprime bien cela lorsqu’il dit que si la gloire céleste se trouve présentée dans la procession, dans la messe se trouve manifestée quelle route nous devrons emprunter pour la posséder.

Cette route que nous pouvons contempler dans la personne même du Christ est celle de l’abaissement et de l’humilité, celle de l’obéissance filiale, de l’abandon entre les mains du Père, celle du don total par amour jusqu’à mourir sur la croix.
Dans l’Ecriture, l’hymne de l’épître aux Philippiens est peut-être le passage qui nous décrit cela de la façon la plus aboutie : « Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix. »

Oui, Jésus est bien le Messie - Serviteur souffrant, annoncé par le prophète Isaïe, qui ne s’est pas révolté, qui ne s’est pas dérobé ; qui a présenté son dos à ceux qui le frappaient, et ses joues à ceux qui lui arrachaient la barbe ; qui n’a pas protégé son visage des outrages et des crachats (Cf. 1ère lecture). Mais c’est par ses souffrances que nous sommes sauvés, souffrances qui ne sont que le prolongement de son acte d’obéissance parfaite au Jardin des Oliviers.
Car c’est bien là que se joue notre salut. En communiant humainement à la volonté divine du Père, Jésus rétablit notre nature humaine dans une relation filiale avec le Père, filiation qui avait précisément été refusée dans l’acte même du péché originel.
En choisissant d’entrer dans sa Passion et de la vivre jusqu’au bout, il exprime son abandon total entre les mains de son Père. Par le « oui » qu’il donne humainement à un moment où la délibération de tout homme serait infléchie au maximum vers le refus, Jésus nous sauve en accomplissant dans une nature humaine l’existence filiale parfaite.

Nous touchons ici le paradoxe de tous les paradoxes. Comment, le Fils de Dieu pourrait-il nous sauver au travers d’une telle vulnérabilité ? Le récit de la Passion de l’évangile de Matthieu décrit bien cela en dépeignant le drame de l’incompréhension du peuple d’Israël qui ne peut se résoudre à ce que celui qui se déclare le Messie, Fils de Dieu, puisse se présenter dans une telle condition d’abaissement.

Pourtant, alors que tout semble manifester un échec de celui qui a été acclamé comme le roi messie, son triomphe s’accomplit. Au milieu de l’obscurité de sa Passion, au moment de la crucifixion, les signes eschatologiques du monde nouveau en train de naître ne trompent pas : la terre tremble, le rideau du Temple se déchire, les sépulcres s’ouvrent… La Nouvelle Alliance vient d’être scellée dans le sang du Christ.

Il est important de nous rappeler que Matthieu écrit pour des chrétiens issus du Judaïsme qui se retrouvent face à la même incompréhension que celle devant laquelle se trouva le Seigneur et qui le conduisit jusqu’à la mort. L’évangéliste veut leur montrer qu’ils ne vivent ni plus ni moins que ce que le Maître lui-même vécut mais que dans le présent de leur vie pointent déjà les signes du monde nouveau.

Ce message nous pouvons le faire nôtre. Tout d’abord, en prenant conscience que nous sommes tous plus ou moins incapables d’interpréter correctement la croix chaque fois qu’elle se présente à nous. Mais, en même temps, Matthieu nous redit que chaque fois que nous accueillons dans la foi l’expérience de la béatitude des persécutés, nous renforçons notre décision de marcher à la suite du Christ.

C’est ici que nous sommes renvoyés à notre attachement au Christ, lui que nous reconnaissons et que nous acclamons comme notre Roi, notre Sauveur, notre Rédempteur. Notre attitude devant la croix, lorsqu’elle se proposera à nous, sera révélatrice de ce que représentent pour nous ces titres que nous lui attribuons. Car suivre le Roi d’humilité implique d’avancer sur le chemin de l’amour et du don total de soi. Sans prétendre y arriver tout de suite, nous ne devons pourtant pas perdre de vue cette finalité et prendre les moyens pour la rejoindre. Les textes de ce jour nous apprennent que le plus fondamental peut-être c’est d’entrer toujours davantage dans la même intimité, la même communion de volonté avec le Père que celle de Jésus. Invitation à prier toujours plus et toujours plus intensément. C’est, en effet, dans la prière seule, comme Jésus à Gethsémani, que nous trouverons la force de choisir et non pas de subir nos croix dans le don total de nous-mêmes. L’enjeu est de taille car c’est ici que se joue l’avènement du Royaume de Dieu.

« Seigneur, fais-nous la grâce, durant cette semaine sainte, d’être renouvelés dans notre attachement à ta personne. Fais-nous la grâce de savoir te contempler et t’écouter dans ta Passion, t’écouter parler à notre cœur, t’écouter nous dire : « Tu comptes beaucoup pour moi. »


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