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 - 8 février 2023 - Saint Jean de Matha
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Homélie

Férie du Temps Pascal

« Le serviteur n’est pas plus grand le maître ». Jésus rappelle cette évidence pour écarter toute interprétation ambiguë du lavement des pieds. Certes, Jésus, le maître, s’abaisse devant ses disciples pour l’humble service du lavement des pieds. Mais il n’y a pas substitution. Il y a exemple. Le maître n’échange pas sa place avec le disciple, il enseigne quel doit être l’attitude du disciple qui veut ressembler au maître.

Savoir cela, recevoir cet enseignement, nous rend heureux si on le met en pratique. Le sort du disciple et du maître sont liés, le ressuscité nous montre ce terme glorieux et heureux. La Pâque a été célébrée, le passage a été ouvert, mais le disciple n’est pas plus grand que le maître, il lui faut suivre à présent cette voie. Il doit persévérer dans la tâche du service enseignée par le maître, sachant comment la route s’achève... Le paradoxe de l’évangile de ce jour est de trouver son sommet dans l’annonce de la trahison d’un frère, d’un intime avec qui l’on partage le pain.

Suivre Jésus expose donc à la trahison des frères. Elle ne manquera d’ailleurs pas d’arriver parce que le disciple n’est pas plus grand que le maître.

Cette annonce ne saurait cependant troubler la joie de la résurrection qui nous anime. En premier lieu, parce que cette trahison pourra être assumée sans que la foi en Jésus défaille. Comment le pourrait-elle puisque cette trahison ne fait qu’accomplir la Parole ? Elle fait partie du chemin que Jésus nous indique et nous décrit à l’avance. Elle ne le met donc pas en défaut. Elle devient même un critère de conviction : « lorsqu’elles arriveront, vous croirez que moi, JE SUIS ». Ces événements tragiques prennent un sens et dévoilent l’identité de Jésus. Autrement dit, ils nous disent que Jésus est Dieu, qu’il est le Ressuscité ! Quelle étrangeté.

Pour le comprendre, il ne faut pas s’arrêter aux résistances charnelles face à l’injustice et à la souffrance mises en perspective. Jésus nous enseigne comment nous comporter envers le « traître » : il lave les pieds de Pierre. Son exemple est celui de la charité fraternelle prévenante. Jésus aime le premier et suscite en retour l’amour.

La clé de cet amour est dans l’humble service accompli. Il trouve une verbalisation sur la plage de la mer de Galilée, lorsque Jésus ressuscité interroge celui qui l’a renié : « Pierre, m’aimes-tu ? ». Jésus a fait le premier pas de l’amour. Son attente est alors la même qu’au soir du lavement des pieds. Sa détresse est la même que sur la Croix. « J’ai soif » criait Jésus à Pierre et à tous les hommes dont il attend une réponse d’amour au delà de leur trahison.

Cet amour est grand et adorable, il est la condition du pardon. Il faut peut être nous arrêter un instant pour bien prendre conscience de cette antécédence. Nous adoptons facilement en effet une autre logique : Dieu nous pardonne, donc nous devons l’aimer en retour. L’évangile de ce jour adopte une autre démarche : Dieu nous aime donc il nous pardonne. Dieu scelle une alliance avec nous, et répond à notre trahison par le pardon, fondement d’une alliance nouvelle. L’amour est premier, il engendre la miséricorde.

« Je vous dis ces choses dès maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez que moi, JE SUIS », nous dit Jésus. Il ne nous invite donc pas à nous raidir dans la peur de la trahison prochaine mais à nous rappeler, au cœur de cette rupture, qu’il est Ressuscité. Jésus veut faire naître en nous l’espérance et la joie : le disciple qui choisit de suivre les chemins de son maître sera capable lui aussi d’un humble service charitable qui ouvrira au pardon et rendra possible le salut pour tous les hommes. Car celui qui accueille celui que le Fils envoie, reçoit le Fils, et qui reçoit le Fils accueille le Père, source de la vie éternelle.


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