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 - 30 janvier 2023 - Sainte Martine
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Homélie

Férie

La radicalité des paroles de Jésus est à ce point déconcertante, que nous cherchons spontanément à les édulcorer pour échapper à leur exigence. Mais « la Parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants » (He 4,12), vient mettre à jour « les intentions et les pensées de notre cœur », nous obligeant à choisir notre appartenance. Car entre la « cité de Dieu » où règne « l’amour de Dieu au mépris de soi », et la « cité du monde » qui prône « l’amour de soi au mépris de Dieu » (saint Augustin), il n’y a pas de conciliation possible.
La cité terrestre, nous la connaissons bien : nous y sommes immergés corporellement et psychiquement. C’est la cité de nos activités quotidiennes avec sa logique d’efficacité, de rentabilité ; de la recherche insatiable de « l’avoir, du pouvoir et de la gloire ».
Il s’agit du domaine propre de l’ego, qui cherche à tout prix à paraître et à s’affirmer dans ce qu’il croit être sa singularité. Dans la logique de l’individualisme, la fin justifie les moyens : l’ego n’hésite pas à instrumentaliser les autres - voire même l’Autre divin - au service de sa volonté propre et de son besoin de reconnaissance et de préséance. Le domaine religieux lui-même peut ainsi être utilisé par l’ego qui se gonfle de vanité en excellant dans les exercices de piété ostentatoires - ceux que dénonce précisément Jésus dans l’évangile que nous venons d’entendre.
Inutile de nous mentir : depuis le péché originel, nous appartenons tous à cette cité terrestre, et nous vouons tous un culte à notre ego : refuser de le reconnaître reviendrait à nous condamner à rester prisonniers de ses exigences, et à nous priver d’accéder à la cité de Dieu. Car le Christ Jésus est venu précisément pour nous libérer de la fascination du péché - c’est-à-dire de l’idolâtrie de l’ego -, et pour nous ouvrir le chemin de la vraie vie, de la vie personnelle, c’est-à-dire de la vie relationnelle dans laquelle l’autre est considéré et traité comme une fin en soi. A commencer par Dieu à qui revient tout honneur et toute gloire au ciel et sur la terre. Le Sermon sur la montagne nous révèle précisément la voie d’accès à cette cité de Dieu : il s’agit du chemin de la vie filiale et fraternelle dans l’accueil de la révélation de la paternité divine. A l’opposé de la cité terrestre, centrée sur l’apparaître et donc sur l’extériorité, la cité de Dieu est tout intérieure, focalisée sur Celui qui est la Source et la Fin de toutes choses, Celui dont tout procède et en qui tout converge, mais qui se tient en retrait, « dans le secret » pour ne pas faire pression sur notre liberté et nous contraindre à revenir à lui.
Celui qui cherche la gloire auprès des hommes ne la trouvera et ne la gardera que durant son bref passage en ce monde. Celui qui cherche la gloire de Dieu dans l’oubli de soi est connu de Dieu ; son Père le lui revaudra : il le fera entrer dans cette gloire, qui sera sa demeure d’éternité.

« Seigneur qu’il est difficile de résister à la logique du monde et de ne pas offrir de sacrifices sur ses autels ! Nous voudrions “vivre comme des justes”, c’est-à-dire comme des citoyens du Royaume, tout en continuant à payer notre tribut au Prince de ce monde. Envoie sur nous ton Esprit de liberté et de sainteté ; qu’il nous arrache à l’idole de notre ego, que tu as cloué une fois pour toutes sur la croix, afin que nous puissions choisir fermement le chemin de la vérité et de la vie filiale que tu as ouvert devant nous par ta résurrection et le don de ton Esprit. »


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