Catholic.net International English Espanol Deutsh Italiano Slovensko
 - 28 janvier 2023 - Saint Thomas d’Aquin
Navigation: Homélie

 

Homélie

Férie

Cette parabole fait directement suite à celle du semeur. Jésus expliquait qu’il y a quatre façons d’accueillir la parole du Royaume : soit on ne comprend pas, alors on ne porte aucun fruit, soit on accueille la parole jusqu’au don total de sa vie, soit on donne du fruit jusqu’à la perte de ses richesses, soit on porte du fruit dans tous les sens possibles.

Ces explications suscitent des questions. Jésus y répond par des paraboles, que nous entendrons jour après jour. La première d’entre elles est la plus immédiate : d’où viennent ces plantes qui ne portent pas de fruit et pourquoi ne sont-elles pas arrachées ?

Certes, l’action de l’Ennemi est d’emblée évoquée par le Seigneur. Alors que l’homme sème du bon grain, son ennemi survient et sème de l’ivraie dans son champ. Mais cette situation survient de nuit, pendant que tout le monde dort. L’idée de la parabole n’est donc pas de pointer une responsabilité particulière dans la maison du maître du domaine. Lui n’a semé que du blé. L’ivraie vient donc d’ailleurs, de l’action d’un ennemi anonyme agissant de nuit. L’attention est plutôt portée sur la réaction à avoir lors de la manifestation du forfait.

Peu à peu en effet les plantes poussent et l’ivraie qui a été semée pousse comme le blé. Au départ presque indiscernable des jeunes pousses de blé, elle grandit à la même hauteur et ressemble fortement au vrai blé, à la différence que ses grains sont noirs, comme s’il s’agissait de blé dégénéré. La question jaillit spontanément de la part des serviteurs qui distinguent peu à peu l’ampleur des dégâts : « veux-tu que nous allions l’enlever ? ».

Mais le maître s’y oppose : il ne faut pas l’arracher, de peur d’arracher en même temps le blé. « Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ». Il enseigne la patience et la miséricorde. Certes, l’ivraie étant suffisamment grande pour être reconnue, on ne la pourrait plus confondre avec le blé. Mais un temps de maturation, avant la moisson, est donné à tous pour pouvoir faire pénitence. Notre Dieu donne le soleil et la pluie à toutes les plantes. C’est une manière qu’il a de dire à chacune qu’il espère d’elle un bon fruit. Qui sait, les mauvaises graines que nous portons pourraient nous inviter à redoubler d’efforts pour plaire à notre Dieu ?

Outre cette patience qui invite au changement, le temps de maturation que permet le Seigneur est une leçon de réalité. Il y a ceux qui travaillent au service du maître de la maison, mais viendront bientôt ceux qui travailleront à la moisson. Autrement dit, entreprendre de séparer le blé et l’ivraie serait anticiper le temps du jugement. Il serait donc présomptueux de la part des serviteurs de s’attribuer un rôle qui n’est pas le leur. De plus, ils adopteraient une attitude dangereuse : en ramassant l’ivraie, on peut déraciner le bon grain aussi. A vouloir faire justice à la place de Dieu, on peut tuer la plante qu’il a lui-même semée et dont il a permis la croissance.

Ainsi, dans l’Église ou dans nos cœurs, il y a de l’ivraie et du bon grain. Il ne nous appartient pas de les départager. Dieu est seul juge, nous pouvons lui confiance quand il estime préférable de ne pas éradiquer le mal par une intervention radicale et immédiate. Mais il nous revient d’entretenir le champ ! Car, nous l’avons entendu dans la parabole hier, certaines terres hospitalières portent du blé à raison de trente pour un, mais d’autres à raison de soixante ou même de cent pour un. A n’en pas douter ces dernière terres portent plus de fruit que les autres parce qu’elles ont compris l’enseignement du Seigneur dans toute sa force : le meilleur moyen d’endiguer le péché et son œuvre de mort est d’aimer les pécheurs jusqu’à donner sa vie pour eux.


Accueil | Version Mobile | Faire un don | Contact | Qui sommes nous ? | Plan du site | Information légales