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 - 8 février 2023 - Saint Jean de Matha
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Homélie

Férie

« Les Apôtres se réunissent auprès de Jésus ». Il n’est pas difficile d’imaginer leur enthousiasme : ils reviennent de leur première mission, ils ont tant de choses à partager, tant de questions à poser. Jésus les accueille et les invite à se mettre à l’écart, pour prendre un peu de repos : « venez à l’écart, reposez-vous un peu », leur dit-il. La délicatesse fraternelle qui se vivait entre Jésus et ses disciples ne manque pas de nous consoler. Comment imaginer que le Seigneur soit aujourd’hui moins prévenant avec nous qu’il l’était alors avec les apôtres ?

« Ils partirent donc dans la barque pour un endroit désert, à l’écart ». Il est ainsi particulièrement doux à nos oreilles d’entendre que le Seigneur ne souhaite pas nous laisser sans cesse exposés et nous accorde la grâce d’un temps d’intimité avec lui. Être seuls dans la barque avec lui, faire cap vers un endroit désert où personne ne nous volera le Seigneur, est une perspective des plus réjouissante. Il est également fort probable que nous vivions l’invitation de Jésus non seulement comme une grâce mais encore comme une récompense ; et, probablement, comme une récompense légitime (notre vie n’est-elle pas si difficile et n’avons-nous pas fait tant d’effort pour rester fidèles à l’évangile ?).

En somme, Jésus nous invite au repos : c’est heureux et ce n’est pas de refus !

Mais la concurrence est rude. Comme le montre le mouvement de foule, nous sommes nombreux à vouloir jouir de l’exclusivité du Seigneur. Nous n’avons pas tous les mêmes raisons au même moment : certains cherchent le repos, mais d’autres ont faim de sa Parole, d’autres cherchent en lui leur refuge et leur soutien, d’autres courent vers le médecin des corps et des âmes, chacun à son rythme et selon son histoire. Dans de telles circonstances, il semble subitement impossible de vivre ces moments paisibles que nous espérons.

D’autant plus impossible que, Jésus est vraiment incorrigible, voici le Seigneur se laissant attendrir par la détresse de tous ceux qui se précipitent au-devant lui. Alors, nous dit saint Marc, « il se mit à les instruire longuement ».

Le tournant de notre méditation est probablement là. Qui Jésus se mit-il à enseigner ? La foule seulement ? Ou bien tous ceux qui étaient là, les disciples y compris ? En effet, pouvons-nous soupçonner Jésus de ne pas tenir ses promesses ? S’il dit à ses apôtres qu’il va leur donner du repos, oublie-t-il sa parole quelques instants après ?

Il nous faut alors sans doute considérer que l’enseignement de Jésus à la foule, s’il n’était pas directement destiné aux apôtres, avait également vertu pour ses disciples. Une façon de leur enseigner que le repos que nous devons chercher, le seul dont nous avons vraiment besoin, est celui qu’on éprouve au terme du chemin de guérison, celui qui gratifie l’aboutissement du long chemin de retour vers le Père. Notre repos est de faire la volonté de Dieu. Or pour éprouver le bouleversement intérieur de sa miséricorde émue par la foule, il faut être suffisamment débarrassé de sa volonté propre.

Ainsi Jésus n’a-t-il pas pu tenir sa promesse de partager un moment d’intimité avec les siens à l’écart des foules, mais il a donné aux apôtres de pouvoir être non seulement être près de leur Dieu mais en lui, en leur donnant d’abandonner leur volonté propre et d’épouser la sienne, qui est de ramener les brebis perdues.

Donne-nous Seigneur de savoir entendre tes enseignements, de quitter nos logiques tout humaines et d’accueillir la réconciliation et la mission que tu nous offres ; donne-nous de savoir rester ouverts à ta présence pour entendre chaque matin l’invitation que tu nous fais d’entrer dans ton repos.


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