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 - 28 janvier 2023 - Saint Thomas d’Aquin
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Homélie

Férie

Notre traversée du livre de la Genèse nous fait redécouvrir la terrible histoire de Caïn et Abel. Au départ, rien ne distingue vraiment les deux frères. « Abel devint berger, et Caïn cultivait la terre ». Chacun suit son chemin, selon ses goûts et ses capacités. Cette tranquillité n’est pourtant pas celle qui marque les temps de paix. Il n’y a pas eu d’affrontement entre eux pour la simple raison qu’il n’y en a pas eu l’occasion.

Cette occasion est donnée par l’arrivée du temps des offrandes : « A l’époque habituelle, Caïn présenta des produits de la terre en offrande au Seigneur. De son côté, Abel présenta les premiers-nés de son troupeau ». Il n’est pas surprenant que les offrandes qu’ils font soient liées à leur métier ; d’ailleurs s’il nous fallait voir une différence liée à la nature de ces offrandes, l’avantage serait plutôt à Caïn, qui offre des plantes, qu’à Abel, dont l’offrande suppose une certaine violence.

Mais le texte suggère que la démarche des deux frères est différente. Abel fait en effet une offrande personnelle, il prend de « son » troupeau, alors que Caïn présente simplement « des produits de la terre ». En outre, l’offrande d’Abel est gratuite, elle n’a pas de but particulier, et elle est faite des « morceaux les meilleurs » ; alors que celle de Caïn est une « offrande pour le Seigneur », expression suggérant qu’il accomplit un rite destiné à lui gagner la faveur divine. Aussi le Seigneur est-il touché par le geste désintéressé et généreux d’Abel plutôt que par l’offrande de Caïn.

Ce dernier devient alors jaloux de son frère et se met en colère contre lui. Au lieu de se réjouir avec lui, au lieu d’apprendre de lui un aspect de la relation à Dieu qu’il ignore, Caïn impute l’échec de ses propres projets à son frère. Le Seigneur ne le délaisse pourtant pas, puisqu’il vient à lui et l’invite à lui parler du trouble qui l’habite. Par les questions qu’il lui pose, le Seigneur invite Caïn à tirer du bien de ce qui lui fait mal. Mais pour y parvenir, l’homme doit maîtriser l’élan de l’énergie mauvaise qui l’agite. Il doit se rendre maître de l’animalité intérieure qui le dévore. Caïn ne fait pas ce choix et se laisse dominer par ses passions.

Ainsi Caïn s’élance-t-il vers son frère pour le tuer. Il n’envisage pas d’autre alternative que la disparition totale de son frère, ce gêneur. Abel en effet n’est pas seulement tué, il est complètement effacé de la vie : « Où est ton frère ? – Je ne sais pas ».

En outre, cette question de Dieu rappelle évidemment celle posée à Adam après le péché. Il y a fort à croire que, cette fois encore, le Seigneur connaît la réponse, d’autant plus que ce crime est impossible à dissimuler. Mais Caïn fuit une nouvelle fois sa responsabilité. Il aurait pu avouer, il aurait pu manifester un regret, il aurait pu essayer de s’expliquer, mais il a préféré s’enfermer dans son injustice.

Ce récit nous apprend donc que se laisser aller au vent mauvais de la convoitise conduit irrémédiablement à la malédiction. Privé de la différence que représente et qu’introduit l’autre, le jaloux et le violent devient un errant, sans patrie. Mais ce récit nous rappelle aussi que le Seigneur ne se détourne jamais d’un seul de ses enfants et que, inlassablement, il vient trouver chacun d’eux pour les aider à choisir la vie.

Fais-nous reconnaître Seigneur le son de ta voix parmi toutes celles qui nous agitent, et donne-nous la force de préférer mettre en œuvre ce que tu nous enseignes, quoi qu’il nous en coûte, plutôt que de suivre nos propres calculs. Alors goûterons la paix partagée entre frères.


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