Catholic.net International English Espanol Deutsh Italiano Slovensko
 - 31 janvier 2023 - Saint Jean Bosco
Navigation: Homélie

 

Homélie

Présentation de la Vierge Marie

La fête de la présentation de la Vierge Marie au Temple, célébrée en Orient depuis le VIe siècle, semble liée à la dédicace de l’église de Sainte-Marie-la-Neuve à Jérusalem (543). Elle est devenue une des douze grandes fêtes de la liturgie byzantine : « Après ta naissance, divine Fiancée, tu fus présentée au Temple du Seigneur pour être élevée dans le Saint des Saints comme une Vierge sanctifiée » (Lucernaire). Rome montra plus de réserve à l’égard de la tradition suivant laquelle, Marie, à l’âge de trois ans, aurait été présentée au Temple de Jérusalem pour y prier et servir Dieu et se préparer ainsi à sa grande vocation. Cette hypothèse est proposée dans l’Evangile apocryphe intitulé le Protévangile de Jacques, composé probablement en Egypte au milieu du IIe siècle. L’Eglise n’a pas retenu cet ouvrage comme canonique, en raison de sa datation tardive et du merveilleux qui y foisonne. Cependant, ce récit qui se présente comme l’œuvre de Jacques le Mineur est déjà évoqué par saint Justin (mort vers 165) dans le Dialogue avec Tryphon et Origène s’y réfère explicitement dans son Commentaire de S. Matthieu. Il s’agit de la plus longue glose sur des événements qui précèdent les récits évangéliques (d’où le nom « protévangile »). Cet apocryphe raconte avec détails la conception de Marie, sa présentation à trois ans et son enfance au Temple, ses fiançailles à treize ans avec Joseph - un veuf âgé - puis la naissance de Jésus. Précisons que l’on chercherait en vain une obligation particulière dans la Loi de Moïse qui justifierait la présentation d’une enfant de cet âge au Temple.
Introduite en Avignon au XIVe siècle, la fête de la Présentation est reconnue par le pape Grégoire XI en 1372. Elle ne sera cependant inscrite au calendrier liturgique d’Occident qu’en 1585, par le pape Sixte V, eu égard à l’interprétation symbolique qu’on peut en donner : Marie est le modèle de l’Eglise, qui comme elle, se consacre au service de son Dieu par un don total de tout son être. La Vierge est aussi le véritable Temple où Dieu établira sa demeure au moment de l’Annonciation, préfigurant ainsi la Jérusalem céleste dont l’Agneau qui demeure en son milieu, est l’unique flambeau (Ap 21,23). Cette fête établit ainsi un lien entre le Temple ancien de pierre, et l’Arche de la Nouvelle Alliance, le sein très pur de la Vierge, sur laquelle descendra bientôt la shekinah, la gloire du Dieu vivant.
Prolongeant notre méditation à la lumière de l’enseignement de Saint Paul : « Vous êtes le temple de Dieu » (1 Co 3,16), il apparaît juste et bon de « prendre chez nous » (Jn 19,2) Marie, afin qu’elle continue dans le Temple de nos cœurs, le service du Dieu vivant auquel elle s’est consacrée dans le Temple de Jérusalem dès sa petite enfance.
« Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère. » Nul doute que Marie se dévoue toute entière à porter aux hommes les grâces du salut obtenues par son Fils, afin que s’accomplisse la volonté du Père, qui « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Ti 2, 4). Elle nous aidera aussi à discerner quelle est notre part dans ce travail d’enfantement du monde nouveau, et à l’accomplir dans la paix et la joie de l’Esprit.
Quelques jours avant le commencement de l’Avent, tournons donc résolument notre pensée vers la Mère de Dieu, dont l’humble et silencieuse attente demeure le modèle de notre propre attente pendant ce temps liturgique. La fête de la présentation de Marie au Temple est aussi traditionnellement la Journée des religieuses contemplatives, dont la vie incarne la patiente vigilance de l’Eglise guettant le retour de son Epoux. Mais cette perspective ne doit-elle pas aimanter toute vie chrétienne, quel que soit notre état de vie ?

« O Marie, enfant chérie de Dieu, que ne puis-je vous offrir et vous consacrer les premières années de ma vie, comme vous vous êtes offerte et consacrée au Seigneur dans le Temple ! Mais hélas ! Ces premières années sont déjà bien loin de moi ! J’ai employé un temps si précieux à servir le monde et vous ai oubliée en écoutant la voix de mes passions. Toutefois il vaut mieux commencer tard à vous servir que de rester toujours rebelle. Je viens donc aujourd’hui m’offrir tout entier à votre service, et consacrer à mon Créateur, par votre entremise bénie, le peu de jours qu’il me reste encore à passer sur la terre. Je vous donne mon esprit, pour qu’il s’occupe de vous sans cesse, et mon cœur, pour vous aimer à jamais. Accueillez, ô Vierge Sainte, l’offrande d’un pauvre pécheur ; je vous en conjure par le souvenir des ineffables consolations que vous avez ressenties en vous offrant à Dieu dans le Temple. Soutenez ma faiblesse, et par votre intercession puissante obtenez-moi de Jésus la grâce de lui être fidèle ainsi qu’à vous, jusqu’à la mort, afin qu’après vous avoir servie de tout mon cœur pendant la vie, je participe à la gloire et au bonheur éternel des élus. Amen »
(Saint Alphonse-Marie de Ligori).


Accueil | Version Mobile | Faire un don | Contact | Qui sommes nous ? | Plan du site | Information légales