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 - 8 février 2023 - Saint Jean de Matha
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Homélie

Sainte Cécile, vierge et martyre,

Les cinq derniers jours de l’année liturgique, l’Eglise nous invite à tourner nos regards vers le terme de l’histoire. Pour soutenir notre méditation, elle nous propose les paroles mystérieuses adressées par Jésus à ses disciples concernant la fin des temps. Ces passages annonçant cataclysmes, guerres et autres tragédies sont bien sûr à interpréter en tenant compte du genre littéraire apocalyptique choisi par Notre-Seigneur pour exprimer son message. Le passage du livre de Daniel proposé en première lecture nous introduit bien à cette littérature un peu particulière : il ne s’agit pas de prendre les événements annoncés par Daniel au pied de la lettre, mais d’entendre dans l’interprétation du songe du roi Nabuchodonosor, une annonce de l’avènement du Messie et du Royaume de Dieu qu’il instaurera.
C’est bien ainsi que procède Jésus lui aussi : à partir d’une réflexion sur le Temple, il étend son regard au-delà de la Judée vers toutes les races de la terre. Cataclysmes naturels, épidémies, conflits, guerres, faux prophètes : tout cela fait partie des souffrances d’enfantement du monde à venir. Inutile de chercher à savoir quand celui-ci surgira et quel sera le signe de sa venue : Notre-Seigneur nous avertit seulement que « ce ne sera pas tout de suite la fin » ; autrement dit : que l’humanité doit patiemment poursuivre son douloureux travail d’enfantement jusqu’au retour glorieux de son Sauveur victorieux, qui « arrivera au jour où nous ne l’attendons pas et à l’heure que nous ne connaissons pas » (Lc 12,46). Ce jour là, aucune des constructions que l’homme aura érigées à sa propre gloire ne subsistera : toutes subiront le sort de ce Temple dont nous avons déjà souligné l’ambiguïté. Que ce soit l’orgueil des nations ou le nôtre : tout doit être purifié au feu de l’épreuve, car seuls les « doux et humbles de cœur » hériteront du Royaume.
Mais à la lumière de la Résurrection de Celui qui a voulu partager notre sort en toutes choses excepté le péché, toutes ces souffrances prennent dès à présent un sens nouveau. Contrairement à un regard superficiel qui conduit au blasphème - « où est-il ton Dieu ? » - le regard du croyant discerne une autre réalité. Loin de laisser ses enfants ballottés au gré de la fatalité ou des conséquences de leurs fautes, le Père continue de les attirer à lui (cf. Jn 6,44), fût-ce à travers le creuset des catastrophes et des épreuves qu’ils ont eux-mêmes déclenchées. De même que le Christ s’est relevé le troisième jour, que le Temple dont « il ne restera pourtant pas pierre sur pierre » resplendira dans la Jérusalem céleste, ainsi nous aussi, c’est sur les décombres de nos vies, que le Seigneur écrira la plus belle histoire d’amour : celle du triomphe de sa miséricorde. Là où nous avons semé la haine, il récoltera l’amour ; là où nous avons enfanté la discorde, il rétablira l’unité ; là où nous aurons mené la guerre, il apportera la paix. Car il est lui-même notre unité, notre paix, la vie en plénitude que nous cherchions à nous approprier, parce que nous n’avions pas compris qu’il se réservait de nous l’offrir gratuitement.

« Seigneur ouvre mes yeux et aide-moi à lire ma vie à la lumière de ta miséricorde ; que rien ne me trouble, que rien ne m’effraie, que rien ne m’écrase, car toi, Maître du temps et de l’histoire, tu tiens en main la destinée des peuples et de chaque homme ; tu tires un plus grand bien de toute détresse, et tu nous conduis, à travers ombres et lumières, jusqu’à ton jour qui ne finira pas. Car tu es bon et ami des hommes. »


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