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 - 8 février 2023 - Saint Jean de Matha
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Homélie

Conversion de Saint Paul, apôtre

En cette fête de la conversion de saint Paul, nous marquons une pause dans la lecture continue de saint Marc et sautons d’un bond aux derniers versets de son évangile. Les exégètes sont unanimes pour nous enseigner que la section finale - dont notre péricope fait partie - est un ajout postérieur ; il ne figure d’ailleurs pas dans les manuscrits les plus anciens. L’Eglise l’a cependant toujours accueilli comme inspiré et somme toute, c’est ce qui compte pour nous.
Il y a quelques jours, nous entendions Jésus convoquer ceux qu’il avait choisis, « pour qu’ils soient avec lui ». Aujourd’hui Notre-Seigneur les envoie, leur enjoignant d’ « aller dans le monde entier », de ne pas craindre de se laisser disperser aux quatre coins de l’horizon. Car celui-là même qui un jour les a appelés à partager son intimité, s’engage avec eux dans cette « proclamation de la Bonne Nouvelle à toute la création », ce dernier terme soulignant la dimension cosmique de l’œuvre d’évangélisation : saint François ne prêchait-il pas aux oiseaux et saint Antoine aux poissons ?
Les conditions du salut, ou encore de la pleine participation aux biens du Royaume sont au nombre de deux : la foi et le baptême, c’est-à-dire l’adhésion au Christ par un engagement résolu, scellé dans l’union sacramentelle à sa Personne.
Les signes accompagnant la prédication témoignent probablement de l’expérience de l’Eglise apostolique : il est facile de vérifier que tous les miracles mentionnés ici se retrouvent dans les Actes des Apôtres. Les premières communautés chrétiennes ont fait l’expérience des charismes et ont vu la réalisation des promesses du Seigneur, que Saint Marc mentionne dans le contexte de l’envoi en mission. L’Esprit accréditait la parole des premiers témoins, par des signes qui manifestaient clairement que Dieu était à l’œuvre à travers eux, conformément à la Parole de leur Maître : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais ; et il en fera même de plus grandes, parce que je vais vers le Père (Jn 14,12) ».
Le même Esprit qui reposait sur le Christ, sur la communauté apostolique et sur l’Eglise primitive, repose encore aujourd’hui sur ceux qui croient en Jésus, Fils de Dieu Sauveur, et acceptent de témoigner de son Evangile. Il demeure prêt à confirmer, par les dons charismatiques qui ont fleuri sur les pas de Jésus, que c’est bien lui le Maître de la mission. Peut-être les signes ne sont-ils plus de nos jours tout à fait les mêmes que du temps de la première Eglise : l’Esprit s’adapte aux besoins et aux circonstances de chaque époque ; mais l’absence de signe devrait nous inquiéter, car la Parole ne ment pas : à ceux qui s’y livrent et la transmettent elle donne de faire l’expérience de sa puissance libérante, guérissante et vivifiante.
Ajoutons encore que les charismes ne sont pas nécessairement pour les autres - qui sont forcément plus méritants que moi. L’exemple de Saint Paul nous rappelle que Dieu est maître de ses dons, qu’il distribue à qui il veut, même à celui qui le persécute (cf. 1ère lect.) . D’ailleurs nous n’avons pas à nous soucier des signes : ils « accompagnent » la prédication de ceux qui sont « devenus croyants ». Le Seigneur nous demande seulement d’être « pour lui, devant les hommes, témoins de ce que nous avons vu et entendu. Pourquoi hésiter ? » Dieu n’appelle pas ceux qui sont capables, dignes ou méritants, mais il rend capables, dignes, méritants ceux qu’il appelle. « Levons-nous » donc « en invoquant le nom de Jésus », et « proclamons la Bonne Nouvelle » à la part de la création que le Seigneur nous a confiée.
En cette semaine de l’unité, il est bon de nous souvenir que le plus grand miracle sera l’accomplissement de la prière de Jésus le soir du jeudi saint : « Que tous ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17,21). Le 25 janvier 2003, clôturant la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, le Pape Jean-Paul II méditait : « Dans la situation œcuménique actuelle, il est important de considérer que seul l’Esprit de Dieu est en mesure de nous donner la pleine unité visible ; seul l’Esprit de Dieu peut répandre une ferveur nouvelle et un courage renouvelé. Voilà pourquoi il faut souligner l’importance de l’œcuménisme spirituel, qui constitue l’âme de tout le mouvement œcuménique Le souhait que nous exprimons ensemble aujourd’hui est que la spiritualité de la communion
croisse sans cesse ! Puisse s’affermir en chacun de nous la capacité de considérer le frère dans la foi, dans l’unité du Corps mystique, comme “l’un des nôtres”, pour savoir partager ses joies et ses souffrances. Qu’il nous soit donné de voir ce qu’il y a de positif dans l’autre, pour l’accueillir et le valoriser comme un don de Dieu : un “don pour moi”, et
pas seulement pour le frère qui l’a directement reçu ». Que personne ne se fasse d’illusion ! Sans une authentique spiritualité de la communion, les éléments extérieurs de la communion deviendraient des façades sans âme, des masques de communion plus que ses expressions et ses chemins de croissance.
Avançons donc avec courage et patience sur ce chemin, en faisant confiance à la puissance de l’Esprit ! Il ne nous appartient pas de fixer les temps ni les échéances ; la promesse du Seigneur nous suffit. Forts de la parole du Christ, nous ne céderons pas à la lassitude, mais au contraire nous intensifierons nos efforts et notre prière pour l’unité. Que résonne ce soir dans nos cœurs son invitation qui nous encourage : « Duc in altum ! » Allons de l’avant, en nous fiant toujours à lui ! Amen ! »
Au cours de la prière de l’Angelus de ce dimanche 22 janvier, le Pape Benoît XVI soulignait : « combien il est important que nous, les chrétiens, invoquions le don de l’unité avec une constance persévérante. Si nous le faisons avec foi, nous pouvons être certains que notre prière sera exaucée. Nous ne savons pas comment ni quand, parce qu’il ne nous appartient pas de le connaître, mais nous ne devons pas douter qu’un jour nous ne ferons plus qu’un, comme Jésus et le Père sont unis dans l’Esprit Saint ».

« Père éternel, accorde-nous de reconnaître que tu es présent parmi nous de différentes manières afin que grandisse notre désir de parvenir à une communion authentique dans nos propres églises et dans la société où nous vivons, et que notre prière pour l’unité du corps du Christ, ton Eglise, devienne toujours plus fervente. Nous te le demandons par Jésus le Christ, Notre-Seigneur. »


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