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 - 28 janvier 2023 - Saint Thomas d’Aquin
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Homélie

7ème jour dans l’octave de Pâques. samedi

Après sept jours de célébration de la résurrection du Seigneur, la Bonne Nouvelle semble encore enlisée dans les peurs et les endurcissements humains. Quel mystère. Quel malaise. Car nous pressentons bien que l’anecdote est dépassée et que l’incompréhension manifestée ne peut que ressembler un peu à la nôtre.

Marie de Magdala, libérée de sept démons, est en effet une figure de l’humanité libérée des esclavages contractés avec son péché. Au matin du premier jour de la semaine, elle accède à la lumière de la vraie vie, elle rencontre celui qui la sauve et l’appelle aux réalités d’en haut. De cette rencontre, de son amour purifié et transfiguré, elle puise l’énergie et la conviction du témoin. Nous aimons ne retenir que cet aspect de la résurrection et fonder notre optimisme et notre joie sur ce souvenir.

Pourtant elle n’est pas crue. Pas plus que ne le sont les disciples d’Emmaüs. Au point que Jésus, lorsqu’il se montre à ses disciples, semble d’abord venir les corriger, leur reprocher leur incrédulité. Il n’en est rien : Jésus prend la parole et les envoie immédiatement en mission, pour porter au monde entier la Bonne Nouvelle du salut.

Le contraste est surprenant. Il nous remet devant les paradoxes les plus difficiles à vivre de tout l’évangile. Jésus livre son testament spirituel le soir même où il est trahi par l’un des siens ; il révèle la force de l’amour en acceptant de traverser la mort ; il fait confiance à ses disciples pour témoigner de lui auprès des hommes, quand il doit encore les corriger et stimuler leur foi. Nous savons que Jésus n’a pas appelé des hommes parfaits, nous découvrons qu’après tout ce temps passé avec lui, ils ne le sont pas devenus. Il y a donc fort à craindre que nous ne soyons pas dans de meilleures dispositions…

Pour accueillir pleinement la résurrection, il y a donc un effort à faire. Il nous faut renoncer au sentiment que nous pouvons avoir de notre (in)dignité d’être appelés chrétien et nous en tenir au regard de Jésus sur nous, à l’appel qu’il formule. En un mot, cesser de s’affliger et de pleurer parce que le monde ne va comme nous l’aimerions, parce que les obstacles semblent insurmontables, etc. Cette attitude ruine l’espérance. Elle mène au refus de croire. Elle fait oublier que le monde n’est pas à mesurer à l’aune de notre idée de la perfection mais à découvrir à la lumière de la résurrection !

L’envoi de Jésus est donc un appel au don de soi. En se donnant tout entier à sa mission, l’apôtre devient ce qu’il désirait devenir, dans une plénitude qu’il n’imaginait pas. La résurrection nous apprend à entretenir une disponibilité authentique aux initiatives du Christ. Tout nous vient de la rencontre que nous avons faite avec notre Sauveur et de la relation que nous entretenons avec lui depuis. C’est en effet « à table » que Jésus rejoint ses amis. La référence eucharistique est claire. A cette table, il nous est donné de revivre la rencontre qui dynamise notre élan missionnaire, d’accueillir la grâce qui refait les forces du disciple.

Demandons au Ressuscité la grâce d’ouvrir nos yeux comme il le fit à Emmaüs, de nous consoler comme il le fit au Cénacle. La vie nouvelle qui nous est donnée n’est pas seulement révélée par la pierre du tombeau qui a été roulée, mais par le pain rompu, par le sacrement où Jésus-Christ continue de se rendre présent et d’orienter nos vies.


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