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 - 30 janvier 2023 - Sainte Martine
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Homélie

Saint Philippe Néri, prêtre,

Ces quelques versets sont structurés autour du passage des disciples de la peine à la joie. Le thème ouvre la péricope et est repris à la fin du passage, avec une indication précieuse sur le motif de la joie : c’est parce que le Seigneur « reverra » ses disciples que « leur cœur se réjouira ». Il est remarquable que Jésus ne dit pas que les disciples se réjouiront parce qu’ils reverront leur Seigneur, mais parce que celui-ci les reverra ! Ce qui laisse sous-entendre que la joie des retrouvailles sera pleinement partagée par Jésus. Bien plus : les disciples se réjouiront précisément de cette joie de leur Maître. Telle est la véritable joie spirituelle, purement gratuite et désintéressée, que « personne ne pourra nous enlever », et que même les épreuves de la vie ne devraient pas obscurcir ; c’est celle que saint Ignace nous invite à demander comme grâce de la contemplation de la Résurrection : « Eprouver intensément l’allégresse et la joie pour tant de gloire et de joie du Christ notre Seigneur ».
Le contraste avec l’attitude du monde est nettement souligné dans le premier verset. Il semble bien que le monde se réjouisse pour le motif même qui cause les larmes des disciples : le « non-voir » dû à l’absence de leur Maître, et ultimement à sa mort.
A première vue, le contraste ne semble plus ré-apparaître dans le verset conclusif ; mais il pourrait être implicite à l’affirmation : « Votre joie, personne ne vous l’enlèvera » ; c’est-à-dire : le monde ne pourra plus vous ravir ma présence ni se réjouir de mon absence, puisque vous constaterez que je suis vivant, et que selon ma promesse, « je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps » (Mt 28,20).
Entre les deux versets concernant le passage de l’affliction à la joie, Jésus propose la comparaison de la femme qui accouche ; allusion à la Passion, présentée comme les douleurs d’enfantement d’une vie nouvelle et définitive. Accordée au Christ d’abord, exalté à la droite du Père ; à nous ensuite qui par la foi, nous sommes liés à sa destinée : « Nous le savons en effet : ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir. Car il est mort, et c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c’est pour Dieu qu’il est vivant. De même vous aussi : pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus-Christ » (Rm 6,9-11).
Toute notre vie se trouve ainsi sous le signe de l’ « Heure » de l’enfantement à la vie définitive. Certes le passage est douloureux, mais nous sommes invités à garder les yeux fixés sur « celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle contradiction afin de ne pas défaillir par lassitude de nos âmes » (He 12,5). Chaque épreuve de notre vie, relue à la lumière de l’Esprit du Christ ressuscité marchant avec nous sur nos routes d’Emmaüs, devrait devenir occasion d’action de grâce pour l’enfantement de la vie définitive dont elle est un signe concret : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » (Lc 24,26). Le dernier mot est à l’espérance de la gloire, celle du Christ et la nôtre en lui.
« En ce jour-là, vous n’aurez plus à m’interroger » : le disciple se réjouit de la gloire de son Seigneur, et cette joie est celle du Père lui-même, à laquelle nous participons avec tous les Anges et tous les Saints dans l’Esprit. Elle est anticipation de la joie éternelle et véritable connaissance, qui surpasse toute intelligence et rend vain tout questionnement.
Telle est la joie du bon serviteur dans laquelle son Seigneur est impatient de nous introduire (Mt 25,21).

« Dans notre monde qui s’abrutit dans les jouissances parce qu’il ne connaît pas la vraie joie, donne-nous de laisser jaillir en nous et autour de nous l’Esprit de vérité, de paix et de joie, afin que les hommes de notre temps puissent croire qu’ils sont créés par un Dieu d’amour, qui les appelle à partager avec lui une éternité de bonheur. »


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