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 - 8 février 2023 - Saint Jean de Matha
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Homélie

Saint Ephrem, diacre et docteur de l’Eglise,

Une fois n’est pas coutume : ce n’est pas Jésus qui est soumis à l’interrogatoire par ses détracteurs, mais c’est lui qui prend l’initiative et pose une question qui prend à parti les scribes, critiquant leur interprétation réductrice des Ecritures. Ces messieurs étaient sans aucun doute dans l’assemblée, épiant chaque parole de Notre-Seigneur afin de pouvoir l’accuser ; aussi leur silence en dit long sur leur embarras, au point que cette intervention de Jésus met fin, dans l’évangile de Marc, à la longue série de controverses auxquelles il vient d’être soumis.
La question est d’une importance christologique centrale. Selon les Ecritures, le Messie doit s’inscrire dans la lignée de David. Mais les mêmes Ecritures suggèrent également une origine transcendante puisque Dieu l’élève à sa « droite », ce qui signifie qu’il lui donne de participer à son pouvoir divin. Or ceci n’est possible que sur base d’une certaine égalité de nature, que David (le Psalmiste) confirme en lui attribuant le titre de « Seigneur » (Ps 110 [109], 1).
Comme l’argumentation de Jésus se fonde exclusivement sur la Parole inspirée, ses détracteurs ne risquent pas de s’opposer à lui. Notre-Seigneur met en lumière une apparente contradiction pour inviter son auditoire à en tirer toutes les conséquences, aussi déconcertantes soient-elles. Saint Paul proposera la réponse à ce dilemme dans la lettre aux Romains : « La Bonne Nouvelle que Dieu avait déjà promise par ses prophètes dans les Saintes Ecritures, concerne son Fils : selon la chair il est né de la race de David ; selon l’Esprit qui sanctifie, il a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les mort, lui, Jésus Christ, notre Seigneur » (Rm 1,2-4). Jésus est fils de David et Fils de Dieu ; mais le mystère de sa personne n’apparaîtra en pleine lumière qu’au matin de Pâques. Il ne fait pas de doute que les disciples étaient eux aussi en attente de la solution de la contradiction soulignée par leur Maître. D’autant plus que c’est une autre référence à ce même Psaume, associé à la prophétie de Dn 7 concernant la glorification du « Fils de l’Homme », qui valut à Jésus la condamnation à mort pour motif de blasphème. A la question du grand prêtre : « Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ? » Notre-Seigneur avait répondu en effet : « Je le suis, et vous verrez le Fils de l’Homme siéger à la droite du Tout-puissant, et venir parmi les nuées du ciel » (Mc 14,62). L’insistance de Jésus explique probablement la référence fréquente à cette argumentation dans le kérygme de l’Eglise primitive (Ac 2,34 ; 1 Co 15, 25 ; Ep 1,20 ; etc.)
« Et la foule l’écoutait avec plaisir » : on imagine mal l’impact que devaient avoir les paroles de Notre-Seigneur dans le cœur des auditeurs qui s’ouvraient au rayonnement de sa Personne. Avec une infinie patience, Jésus leur fait découvrir comment les Ecritures parlent de lui, convergent vers lui et trouvent en lui leur accomplissement.
Nous avons sans doute un peu de mal à réprimer un mouvement de jalousie par rapport à ces privilégiés ; pourtant ce serait une piètre conception de la Parole inspirée. Les évangiles ne sont pas une chronique historique ou un compte-rendu d’événements définitivement révolus, mais le témoignage de foi de témoins oculaires choisis par Dieu. Leur interprétation inspirée des faits et gestes qu’ils rapportent de leur Maître, rend celui-ci tout aussi réellement présent dans l’acte de lecture de sa Parole, qu’il ne l’était devant ses auditeurs, au temple de Jérusalem. C’est pourquoi, « elle est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice ; grâce à elle, l’homme de Dieu sera bien armé, il sera pourvu de tout ce qu’il faut pour un bon travail » (1ère lect.).
Sachons donc nous exposer à son enseignement et « l’écouter avec plaisir » afin que sa Parole accomplisse en nous ce qu’elle annonce, et que nous aussi nous puissions « être établis par l’Esprit qui sanctifie, fils adoptifs de Dieu par notre participation à la résurrection d’entre les morts de notre Seigneur Jésus Christ » (Rm 1,3-4).

« Seigneur enracine-nous chaque jour davantage dans “les textes sacrés : ils ont le pouvoir de nous communiquer la sagesse, celle qui conduit au salut par la foi que nous avons en Jésus-Christ” (1ère lect.). Donne-nous ton Esprit Saint, afin que nous puissions “t’écouter avec plaisir” (Ibid.) ; bien plus : que nous ayons faim et soif de ta Parole, car “grande est la paix de qui aime ta loi ; jamais il ne trébuche” (Ps 118). »


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